Samedi 14 décembre 2019

Sélection des ventes de la quinzaine (23.09-06.10.2011)

Par Armelle Malvoisin · Le Journal des Arts

Le 20 septembre 2011 - 919 mots

COLLECTION FRANÇOIS ET FABIENNE MARCHAL, VENTE DES 28 ET 29 SEPTEMBRE A DROUOT-MONTAIGNE, PARIS SVV CORNETTE DE SAINT CYR
L’art forain est à la fête chez Cornette qui présente la collection Marchal, une des plus réputées au monde dans ce domaine. Cette vente apporte un nouvel éclairage sur un secteur de collection qui était, encore récemment, mésestimé en France. François et Fabienne Marchal ont non seulement réuni un ensemble exceptionnel, mais ils ont aussi largement contribué à la reconnaissance de l’art forain en identifiant les artistes marquants. Les sculptures en bois des carrousels se taillent la part du lion, à commencer par les nombreux chevaux de bois réalisés par Gustave Bayol, Josef Hübner, Friedrich Heyn et quelques autres (à partir de 1 000 euros pièce). Outre cet animal emblématique de la fête foraine, plus de 150 autres sujets de manège, datés entre 1850 et 1960, sont proposés. Les plus rares et anciens, en bon état de conservation, jouissent d’une cote élevée à l’instar de « Lola », la grande vache en bois peint réalisée vers 1898 par Gustave Bayol (est. 12 000 euros). Les animaux de la ferme, puis un bestiaire exotique, ont été introduits dans les carrousels, volant presque la vedette aux historiques équidés. Les œuvres d’Henri et Jacques Mathieu, réalisées au milieu du XXe siècle, valent à ce titre le détour : kangourou, lion et lionne, crocodile, ours polaire, otarie, girafe, hippopotame, éléphant, autruche… (est. à partir de 3 000 euros). On remarquera les modèles du début du XXe siècle du sculpteur allemand Joseph Hübner, à l’instar d’un lièvre superbe de polychromie (est. 6 000 euros) et d’un grand zèbre (est. 8 000 euros), ainsi que quelques créations des années 1950 de Camille Soccorsi, comme un rare chameau ayant conservé sa peinture d’origine, estimé 3 000 euros (ill. ci-contre).

Estimation : 2 millions d’euros
Nombre de lots : 645

COLLECTION MICHAEL KROGER, VENTE DU 2 OCTOBRE A FONTAINEBLEAU SVV OSENAT
Homme d’affaires et politicien australien, Michael Kroger a toujours été fasciné par le personnage de Napoléon Bonaparte, auquel il voue un véritable culte, au point d’avoir décoré cinq étages de son hôtel particulier de Melbourne dans le style Empire. Sa collection, qu’il a réunie en son palais napoléonien en moins de dix ans, comprend un spectaculaire décor constitué de deux consoles et miroirs formant pendants, en bois sculpté, doré et laqué crème. Les miroirs sont surmontés d’un aigle aux ailes déployées tenant des foudres, tandis que la partie inférieure des consoles est sculptée de dauphins. Ce travail suédois du début du XIXe siècle, dont une console porte l’étiquette de Pehr Gustaf Bylander, est estimé 20 000 euros. Il faut noter une importante huile sur toile (2 x 1,5 m) de Napoléon Ier à Fontainebleau le 31 mars 1814 par l’atelier de Paul Delaroche, estimée 30 000 euros (ill. ci-contre). La peinture originale réalisée en 1846 est conservée au Musée de l’armée à Paris. Provenant de la collection John C. Henderson, cette copie de grande qualité exécutée dans l’atelier du peintre, sans doute aux environs de 1850, montre Napoléon au moment de son abdication. Deux autres copies de ce célèbre tableau figurent dans les collections de la reine d’Angleterre et au Museum der Bildenden Künste à Leipzig. Les amateurs d’Empire apprécieront le Projet de drapeau du 2e régiment d’artillerie du Premier Empire (vers 1804), important dessin au crayon et à la plume rehaussé de gouache, signé à l’encre « Approuvé Carle Vernet », présenté sous verre dans un cadre de style Empire en bois doré. Provenant de l’ancienne collection des ateliers Picot-Brocard, il est estimé 18 000 euros.

Experts : Cabinet Le Fuel-de L’Espée (mobilier et objets d’art), Jean-Claude Dey (souvenirs historiques et armes anciennes)
Estimation : 500 000 euros
Nombre de lots : 100

COLLECTION BARRY FRIEDMAN, VENTE DU 3 OCTOBRE A DROUOT-MONTAIGNE, PARIS SVV CAMARD & ASSOCIES
Passionné de verre contemporain depuis plus d’une quinzaine d’années, le collectionneur et marchand d’art américain Barry Friedman souhaiterait valoriser ce domaine de création trop peu connu et faiblement collectionné en Europe. Il s’est adressé à la maison Camard pour réaliser à Paris une vente de prestige accompagnée d’un catalogue luxueux, véritable livre de référence. Les amateurs devraient être au rendez-vous, vu les estimations très attractives, bien inférieures aux prix pratiqués en galeries. Une vingtaine d’artistes travaillant le verre de différentes façons sont à découvrir ou redécouvrir, à partir de quelques centaines d’euros. On retiendra trois artistes dont les œuvres, rares sur le marché, risquent de voir leur prix décoller dans un proche avenir. Du Tchèque Frantisek Vizner (décédé cette année), quinze de ses sculptures minimalistes, en verre optique taillé et poli, déclinant des formes classiques monochromatiques (bols, assiettes, vases…) sont à saisir entre 5 000 et 13 000 euros. Formé à Murano, le Japonais Yoichi Ohira maîtrise les techniques des grandes traditions de la verrerie vénitienne qu’il combine à merveille (est. 2 200 à 15 000 euros l’unité). Dans sa série de vases « Laguna » (1999), il manie les baguettes et murines ainsi que les poudres de coloration (est. 5 000 euros pièce). Ohira ayant arrêté de travailler, ses pièces deviennent d’autant plus recherchées. William Morris, qui a également interrompu sa carrière, a tiré son inspiration de la nature, des mythes et de l’archéologie. Il a donné à ses pièces, techniquement complexes, une apparence antique d’objets de fouilles, tel Trophy (2000), en verre soufflé à la surface poudrée de différentes couleurs, estimé 20 000 euros.

Expert : Clara Scremini (consultante)
Estimation : 1 million d’euros
Nombre de lots : 158

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°353 du 23 septembre 2011, avec le titre suivant : Sélection des ventes de la quinzaine (23.09-06.10.2011)

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