Samedi 21 septembre 2019

Sélection des ventes de la quinzaine (17.12.2010-06.01.2011)

Par Armelle Malvoisin · Le Journal des Arts

Le 15 décembre 2010 - 890 mots

TABLEAUX ANCIENS, OBJETS D’ART ET BEL AMEUBLEMENT - VENTE DU 20 DÉCEMBRE, À DROUOT, PARIS - SVV LAFON-CASTANDET
Plusieurs collections sont venues alimenter cette vente qui démarre avec une belle section de tableaux anciens. L’Italie est notamment servie par une paire de grandes toiles du XVIIe donnée à Pietro Dandini et représentant Sainte Catherine d’Alexandrie et Sainte Cécile (est. 20 000 euros), et une scène de la campagne romaine du XIXe, Le Retour des gitans avec l’Aqua Claudia au fond, signée de Pietro Barucci (est. 10 000 euros). L’Espagne est à l’honneur à travers la toile Sainte Marie-Madeleine de Sebastián Llanos y Valdés (est. 10 000 euros) et L’Immaculée Conception de Juan de Espinal (15 000 euros), deux peintres sévillans des XVIIe et XVIIIe siècles dont les œuvres à la spiritualité baroque apparaissent rarement sur le marché français. Mais l’œuvre la plus attendue est un tableau de Giuseppe de Ribera : Archimède, peint dans les années 1629-1631 et ayant figuré dans les collections du marquis Gaspar de Remisa au milieu du XIXe siècle (ill. ci-contre). Estimée 180 000 euros, cette version d’Archimède est considérée comme une réplique autographe du tableau peint pour le duc d’Alcalá, vice-roi du royaume de Naples où s’établit le peintre en 1616. « Fidèle à la tradition, l’artiste s’est attaché à rendre les traits physiques autant que les qualités morales du mathématicien grec qui présente ses travaux de géométrie, invitant les générations futures à poursuivre les recherches », précise la notice du catalogue. La vente offre par ailleurs quelques belles œuvres néoclassiques dont un groupe en marbre blanc, de 57 cm de hauteur, représentant Enée sauvant Anchise de l’incendie de Troie, sculpté par Giuseppe Pisani (est. 20 000 euros).
Experts : René Millet et cabinet Turquin (tableaux anciens), Guillaume Dillée (meubles et objets d’art)
Estimation : 2,3 millions d’euros
Nombre de lots : 282

ARCHÉOLOGIE - VENTE DU 20 DÉCEMBRE, À DROUOT, PARIS - SVV EVE
Point de chef-d’œuvre dans cette vente d’archéologie, mais plusieurs objets rares qui valent le détour, tel un anthémion (fronton) de 55 cm, provenant d’une stèle (ill. ci-contre). Estimée 15 000 euros, cette sculpture attique du Ve-IVe siècle avant J.-C. présente un large décor en bas relief constitué de deux palmettes superposées, de spirales et de deux campanules stylisées. Notons un beau spécimen de péliké à figures rouges, provenant d’Apulie et attribué à l’atelier renommé des Peintres de Darius et des Enfers (est. 6 000 euros). Cette amphore grecque à panse ventrue vers le bas est ornée sur une face d’une scène qui représente une jeune femme assise de trois quarts sur un siège, tenant un plat d’offrandes, entourée de deux femmes et surmontée d’un Éros androgyne. « La représentation du visage de trois quarts est peu fréquente dans l’art grec, souligne l’expert Antoine Tarantino. De même, la figuration de l’ombrelle [tenue par une des femmes] n’est pas courante. » Toujours au chapitre des vases grecs, signalons une classique et jolie œnochoé à figures rouges à embouchure trilobée, très bien conservée et décorée d’une scène représentant une jeune femme debout accoudée à une colonne face à un éphèbe assis tenant une fleur (est. 4 000 euros), ainsi que l’anse en bronze sculpté d’une grande œnochoé, d’une grande qualité de ciselure, ornée d’une tête de Dionysos barbu et d’un masque de silène barbu et cornu (est. 3 500 euros). Signalons enfin un chalcophon en bronze (est. 7 500 euros), rarissime instrument de musique phénicien du VIIIe-VIe siècle avant J.-C.
Expert : Antoine Tarantino
Estimation : 130 000 euros
Nombre de lots : 54

HAUTE ÉPOQUE - VENTE DU 22 DÉCEMBRE À DROUOT, PARIS - SVV AGUTTES
Parmi les œuvres médiévales présentées, on remarquera un panneau figurant la Vierge à l’Enfant et saint Antoine, peint à Sienne ou à Florence vers 1420 (est. 12 000 euros) ; une sculpture de Sainte Anne trinitaire du XVe siècle, en bois de chêne polychromé et doré (est. 6 000 euros), ainsi qu’un « audacieux meuble secrétaire flamand de la fin du XVe siècle [est. 40 000 euros], sans correspondant connu, dans un état exceptionnel, sans aucune restauration », relève l’expert Bruno Perrier. Notons aussi des coffrets des XIIIe et XIVe siècles ; des cathèdres, bancs et banquettes ; des objets de cour à l’instar de deux grands peignes français du XVe siècle en bois de buis (est. 5 000 euros chacun). L’un est finement sculpté à claire-voie de rosaces et d’étoiles dans des formes géométriques. L’autre est orné, sur l’avers du bandeau, d’une scène illustrant un prince et sa dame, de part et d’autre de l’arbre de vie aux feuilles en forme de fleurons, et présente, sur les montants, des animaux fantastiques du bestiaire gothique. Fleuron de la vente, un hibou de 21 cm de fabrication germanique (vers 1500-1520), en noix de coco, monture en argent ciselé, yeux et bec en vermeil, conservé dans un état exceptionnel, est estimé autour de 100 000 euros (ill. ci-contre). Dans le contexte de la découverte de nouveaux mondes, cet objet somptueux témoigne de l’utilisation de nouvelles matières exotiques par les orfèvres. Au chapitre de la Renaissance, signalons encore une armoire tabernacle du premier quart du XVIe siècle (est. 60 000 euros), admirablement sculptée et issue « vraisemblablement d’un monastère allemand de chanoines de la Sainte-Croix, actif et renommé au début du XVIe siècle », indique l’expert.
Expert : Bruno Perrier
Estimation : 1,8 million d’euros
Nombre de lots : 298

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°337 du 16 décembre 2010, avec le titre suivant : Sélection des ventes de la quinzaine (17.12.2010-06.01.2011)

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