Vendredi 20 septembre 2019

Sélection des ventes de la quinzaine

Par Armelle Malvoisin · Le Journal des Arts

Le 7 septembre 2010 - 890 mots

UKIYO-E OU LES IMAGES DU MONDE FLOTTANT
VENTE LES 16, 17, 18 ET 19 SEPTEMBRE, PARIS, DROUOT-MONTAIGNE
PIERRE BERGÉ & ASSOCIÉS (PBA)
Initiée aux poétiques estampes japonaises par sa mère Huguette Berès, Anisabelle Berès-Montanari a ouvert, en 2002, une galerie consacrée exclusivement à cet art, au 35, rue de Beaune (Paris, 7e arr.). La vente fleuve organisée par PBA regroupe à la fois le fonds de la galerie Berès, un ensemble privé européen, ainsi qu’une partie de collection personnelle d’Huguette Berès dont l’essentiel a été dispersé en 2002 et 2003, à Paris chez Sotheby’s. Ce sont environ 1 000 lots d’estampes et 600 livres illustrés par les plus grands artistes tels que Chinnen, Hambei, Hiroshige, Hokusai, Kunisada, Utamaro, et enfin, quelque 200 dessins originaux, peintures sur soie ou sur papier et rouleaux dits « makimono », qui sont offerts aux enchères.
Parmi les lots les plus remarquables, citons une estampe d’Hokusai représentant le Mont Fuji (est. 30 000 euros), une rare et très belle épreuve des Trois tortues d’eau d’Hokusai (est. 18 000 euros), une Jeune femme examinant une pièce de voile et L’Amour qui se déclare d’Utamaro (est. 40 000 euros chacune), ou encore un portrait en buste de Bando Hikosaburo III dans le rôle de Sugawara No Michizane par Katsukawa, estimé 70 000 euros (ill. ci-dessus). Signalons un album en accordéon de 40 dessins originaux de la route de Tokaido par Hiroshige (est. 50 000 euros). L’art pictural est magnifiquement représenté par un makimono anonyme du XVIIe siècle illustrant la Cérémonie de purification au bord d’un ruisseau près du pavillon de l’Orchidée (est. 30 000 euros), un makimono monté de cinq scènes du conte Takétoré monogatari par l’école Tosa, et une peinture polychrome sur soie de Wang figurant des Oies sauvages (est. 15 000 euros chacun).
Expert : Robert G. Sawers
Estimation : 5 millions d’euros
Nombre de lots : 1 852


L’EUROPE ART NOUVEAU 1880-1915
VENTE DU 23 SEPTEMBRE, PARIS, ESPACE TAJAN
SVV TAJAN
La maison Tajan organise une vente entièrement vouée à l’Art nouveau, un domaine où depuis plusieurs années l’offre reste limitée. Sur près de 200 lots, 78 sont issus de la collection de mobilier de l’hôtel Frison, construit à Bruxelles en 1893-1894 par l’architecte Victor Horta pour son ami l’avocat Maurice Frison. Ce mobilier n’est pas d’origine, mais a été chiné dans l’esprit du lieu par les nouveaux propriétaires de l’hôtel Frison depuis 1995. Plusieurs pièces sont signées Horta, telles que des chaises à structure en padouk (vers 1894, est. 16 000 à 30 000 euros la paire), un lutrin à piétement végétal tripode en bronze doré (est. 15 000 euros) et un lustre à quatre lumières en laiton tout en volutes et feuillages stylisés (est. 8 000 euros). Cette collection comprend aussi une sellette en noyer de Paul Hankar (est. 20 000 euros) ainsi que de nombreux meubles par Gustave Serrurier-Bovy dont une rare chaise « Silex » et un paravent en acajou à trois feuilles animées d’un vitrail représentant des papillons et une libellule (est. 20 000 euros chacun).
Mais ce sont les œuvres de Louis Majorelle et d’Hector Guimard (hors collection) qui seront les vedettes de cette vente, à commencer par un exceptionnel mobilier de bureau aux nénuphars de Majorelle, comprenant un grand bureau plat (ill. ci-dessus), un fauteuil et une vitrine, estimé 230 000 euros l’ensemble. De Guimard, on retiendra une sculpturale sellette en noyer à deux plateaux, pouvant former jardinière (est. 35 000 euros) et une vitrine en chêne clair sculpté de goût végétal (est. 75 000 euros). Citons encore une lampe-sculpture en bronze doré signée Agathon Léonard, Danseuse à l’écharpe, genou levé (est. 20 000 euros).
Expert : Jean-Jacques Wattel
Estimation : 1,1 million d’euros
Nombre de lots : 196

SUCCESSION DU MARQUIS… & À DIVERS
VENTE DU 24 SEPTEMBRE, PARIS, DROUOT
SVV CAMARD 
Le marché est friand de bonnes ventes saines où tout est à vendre, sans prix de réserve, comme la succession du marquis… qui marquera la rentrée à Drouot. Dans ce fonds de château composé de tableaux anciens, de mobilier, d’argenterie et d’objets d’art, tout est affaire. On notera une grande partie de service en porcelaine du XVIIIe siècle, de la Compagnie des Indes, à décor polychrome dit « à la Pompadour » (ill. ci-contre), comprenant : 43 assiettes, 2 grandes coupes, 1 plat rond, 1 paire de plats ovales et 2 terrines rondes couvertes (est. 20 000 euros) ; un Cheval turc, bronze à patine brune (fonte Barbedienne) signé Antoine-Louis Barye (est. 6 000 euros) ; ou encore une paire de vases balustres de 57 centimètres par Dihl et Guérard, d’époque Empire, à deux anses à enroulement et à décor tournant à l’antique sur fond beige (est. 4 000 euros la paire). Parmi les tableaux, remarquons une petite nature morte du XVIIe signée Jan Pauwel Gillemans, Bouquet de fleurs sur un entablement (est. 8 000 euros) et l’Attelage aux bœufs, huile sur toile du XIXe signée Louis Benjamin Floutier (est. 4 000 euros). Une petite collection de barbotines vient de plus agrémenter cette vente, incluant deux importants plats d’Alexandre Joseph, à décor naturaliste figurant des batraciens et des insectes sur fond de végétation et de flore aquatique (est. 4 000 euros chacun).
Experts : Cabinet Turquin (tableaux anciens), Georges et Louis Lefebvre (céramique), Antoine Lescop de Moÿ (mobilier et objets d’art)
Estimation : 250 000 euros
Nombre de lots : 339

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°330 du 10 septembre 2010, avec le titre suivant : Sélection des ventes de la quinzaine

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