Samedi 24 février 2018

Sélection des ventes de la quinzaine

Par Armelle Malvoisin · Le Journal des Arts

Le 13 avril 2010

Le design selon Robsjohn Gibbings - Vente du 21 avril À Drouot, Paris SVV LAFOn-CASTANDET
Un ensemble de meubles dessinés par Terence Robsjohn Gibbings (1905-1976) à la fin des années 1950, provenant de l’appartement d’un décorateur parisien, est à l’honneur d’une vente d’arts décoratifs du XXe siècle. « Robsjohn Gibbings a su trouver sa voie en dessinant des meubles simples aux lignes savamment construites », résume Emmanuel Legrand, expert de la vente. Il en est ainsi de deux tables de salle à manger, estimées 4 000 euros chacune : l’une à épais plateau rectangulaire de 187 cm de long reposant sur un double piétement en X profilé, joint au centre par une large entretoise navette (ill. ci-contre) ; l’autre à plateau rectangulaire de 216 cm en bois blond reposant sur un double piétement à bâti cylindrique de forme carrée, aménagé de dix barreaux à claire-voie. On notera un ensemble de mobilier de salle à manger d’inspiration néoclassique en noyer américain, comprenant un bahut à caisson quadrangulaire, une table à plateau rectangulaire, une suite de quatre chaises et deux fauteuils à dossier barreau de forme incurvée, estimé 5 000 euros.

« Ce mobilier de salle à manger est issu des ateliers de la maison Widdicomb pour laquelle Robsjohn Gibbings travailla après la Seconde Guerre mondiale, indique l’expert. Pendant près d’une douzaine d’années, le designer et la célèbre firme travaillèrent à la fabrication de meubles simples et élégants pour agrémenter les maisons de la classe moyenne supérieure américaine. » La vente inclut une suite de trois tables gigognes en acajou blond (est. 1 500 euros), une commode rectangulaire à piétement cylindrique (est. 2 500 euros), ou encore une grande enfilade parallélépipédique de 214 cm, ouvrant en façade sur des intérieurs aménagés d’étagères et de tiroirs (est. 3 500 euros).

Expert : Emmanuel Legrand
Estimation : 25 000 euros
Nombre de lots : 10


IMPORTANTS BIJOUX - Vente du 22 avril, New York Christie’s
Deux bijoux historiques sont à l’affiche à New York, à commencer par la broche en émeraude et diamants de Catherine II de Russie (ill. ci-contre), estimée 1 à 1,5 million de dollars (750 000 à 1,1 million d’euros). Cette pièce exceptionnelle présente en son centre une émeraude colombienne de très grande qualité, de taille hexagonale, pesant plus de 60 carats, entourée de lignes de diamants de taille ancienne. En 1776, l’impératrice l’offrit à Sophia Dorothea, princesse de Württemberg, à l’occasion de son mariage avec son fils et successeur, le tsar Paul Ier. Pendant plusieurs générations, le bijou resta dans la descendance de la princesse, avant de changer de main. En 1972, il est acquis par un privé américain, l’actuel vendeur.

C’est la première fois que cette broche historique passe en vente publique. Elle partage la vedette avec un diamant blanc de 39,55 carats de taille coussin, estimé 1 à 1,5 million de dollars (750 000 à 1,1 million d’euros), ayant appartenu à l’archiduc Maximilien. Ce dernier l’acquit en 1860 au Brésil, quelques années avant qu’il ne devienne empereur du Mexique. La légende dit qu’il le portait autour du cou lors de son exécution. Le bijou revint ensuite à sa femme, la princesse Charlotte de Belgique, qui finit par le vendre. Sa trace se perdit jusqu’en 1919, année où il réapparut chez un joaillier de Chicago. Le diamant fut acheté en 1982, à New York chez Christie’s, par le joaillier londonien Laurence Graff pour 726 000 dollars. Il fut revendu l’année suivante à Imelda Marcos, femme du président des Philippines, et changea à nouveau de main un peu plus tard.

Expert : Rahul Kadakia
Estimation : 25 millions de dollars (19 millions d’euros)
Nombre de lots : 300


ART DES INDIENS D’AMÉRIQUE DU NORD - Vente du 24 avril, PARIS SVV Binoche-renaud-giquello
Passionné de culture indienne d’Amérique du Nord, un scientifique français a rassemblé une quantité d’objets, essentiellement des XIXe et XXe siècles. Le clou de cette collection est un canoë indien de la fin du XIXe siècle, de la région des Grands Lacs et Nouveau-Brunswick (États-Unis et Canada), estimé 80 000 à 120 000 euros. Long de 320 cm, ce canoë en écorce de bouleau, en parfait état de conservation, a participé à plusieurs expositions. Une série de coiffes indiennes retiendra également l’attention, dont une coiffe de guerrier en bon état, en plumes d’aigle, probablement cheyenne, de la première moitié du XXe siècle, estimée 25 000 euros (ill. ci-contre). « La coiffe de plumes est un attribut relativement récent chez les Indiens. Son port s’est rapidement généralisé vers la fin du XIXe siècle », souligne Jacques Blazy, expert de la vente. Notons une intéressante et ancienne poupée Kachina de 63 cm des Hopis d’Arizona, datant de 1880-1890 et provenant de la collection du photographe Carl Moon. Estimée 15 000 euros, elle représente l’Hémis, esprit important lié à l’eau et à la pluie, portant toujours une collerette d’aiguilles de pin et une tableta, panneau à créneaux, allégorie des montagnes et du ciel.

Au chapitre des bijoux, citons un exceptionnel collier navajo en argent, turquoise et griffes d’ours, estimé 3 000 euros. « Les orfèvres navajos furent initiés à l’art de l’orfèvrerie par des artisans mexicains aux alentours des années 1860. Ce type de collier se popularisa, au point de devenir une particularité de la joaillerie navajo », précise Jacques Blazy. Lames et étuis de couteau, haches et casse-tête, pipes cérémonielles et pipes-tomahawk, arcs et carquois, vêtements et mocassins, font partie du voyage. Les Bird Stone (est. 1 500 à 6 000 euros pièce), petites sculptures en pierre souvent assimilées à des ornements de propulseurs, comptent parmi les objets les plus anciens de la vente (1 500 à 1 000 avant J.-C.).

Expert : Jacques Blazy
Estimation : 650 000 euros
Nombre de lots : 306

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°323 du 16 avril 2010, avec le titre suivant : Sélection des ventes de la quinzaine

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