Mardi 11 décembre 2018

Art contemporain

Salzbourg, bello ma piano

Par Roxana Azimi · Le Journal des Arts

Le 4 octobre 2007 - 462 mots

Bien que sympathique, la foire autrichienne n’a pas attiré les foules pour sa première édition.

 SALZBOURG - Pour son galop d’essai, la Foire de Salzbourg a offert du 28 juillet au 4 août un petit bol d’air frais sur fond de Dirndl. Au diapason d’une ville aussi cossue que coquette, les exposants avaient caressé la fibre autrichienne dans le sens du poil. Frank Laigneau (Paris) avait ainsi sorti un coffret formant écritoire semblable à un spécimen conservé dans la résidence d’été de l’Empereur François-Joseph. Son confrère Louis Lefebvre (Lefebvre et Fils, Paris) avait misé sur un vase spectaculaire en porcelaine de Vienne. Plus ironique, Pierre-Alain Challier (Paris) avait remué le couteau dans la plaie des Salzbourgeois avec l’édition du Guggenheim Melting d’Erwin Wurm. Rappelons que la municipalité avait refusé la proposition du musée américain de s’ancrer sur ses hauteurs...
Hormis une allée pathétique de trois galeries qu’on n’oserait qualifier d’art contemporain tant leur prestation relevait plutôt de la Place du Tertre, il y avait peu à redire sur la qualité générale du salon. Certains avaient joué une partition légère et amusante, comme ce déploiement de huit niches chez Kraemer (Paris). D’autres sortaient le grand jeu, comme Historismus (Paris) et son aréopage d’Hoffmann et Rietveld. La palme revenait à Ratton-Ladrière (Paris), avec un accrochage si bien intégré aux sculptures existantes qu’on ne percevait pas de césure avec le cadre de la Résidence, palais accueillant la manifestation.

Faible fréquentation
Mais tout ce beau monde est resté sur sa faim faute d’une fréquentation à la hauteur de ses espérances. Certes, quelques rares chanceux ont bénéficié d’achats en amont. « J’avais vendu deux des trois vases que je voulais amener avant de partir. Ce qui a décidé le client à les acheter, c’est qu’ils étaient envoyés sur le salon et risquaient d’y être vendus », confie Louis Lefebvre. La plupart de ses confrères se sont toutefois tournés les pouces. Aussi riche soit-elle, une clientèle en vacances est-elle vraiment encline à l’achat ? « Nous avions l’habitude de fermer notre galerie de Munich en août, mais depuis trois ans, nous la gardons ouverte car des clients de passage achètent parfois des pièces importantes. Sur la foire d’ailleurs, la qualité des visiteurs était importante », affirme Heike Grossmann, de la galerie Thomas (Munich). Pour le galeriste Thaddaeus Ropac (Paris-Salzbourg), qui réalise en août son meilleur chiffre de l’année à Salzbourg, le potentiel de la ville est si important qu’il pourrait subvenir aux besoins de sa galerie. Reste que le timing de la foire ne correspond pas aux habitudes des festivaliers. « Il faut changer les horaires, les mettre de onze heures à dix-sept heures car au-delà les gens se préparent pour aller à des concerts. Aucun VIP n’est libre le soir », observe Ropac. Le gros afflux des mélomanes s’effectue aussi davantage la deuxième quinzaine d’août qu’en juillet.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°264 du 7 septembre 2007, avec le titre suivant : Salzbourg, bello ma piano

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