Pavillon des arts et du design

Reprise en main

Par Roxana Azimi · Le Journal des Arts

Le 2 août 2007 - 528 mots

Plus attentif à la qualité de ses exposants, le salon installé aux Tuileries
a repris du poil de la bête du 28 mars au 1er avril.

PARIS - Après la désinvolture constatée en 2006, les organisateurs du Pavillon des arts et du design, à Paris, ont pris le taureau par les cornes. Plus resserré et homogène, le salon a ainsi livré quelques merveilles comme la table lunaire d’Ico et Luisa Parisi, longuement regardée par le décorateur américain Tony Ingrao chez Marc-Antoine Patissier (HP-Le Studio, Paris). Le public est resté tout aussi admiratif devant l’écrin dessiné par Jean de Piépape pour les sculptures en verre ou céramiques de Ritsue Mishima et Jean-François Fouilhoux chez Pierre-Marie Giraud (Bruxelles). Les marchands ne s’y sont pas trompés en achetant une bonne partie des objets dès le vernissage. Le verre offrait ses reflets les plus intrigants chez Clara Scremini (Paris). Celle-ci a vendu en un tour de main les sculptures à la fois fragiles et « piquantes » de Josepha Gasch-Muche. Mention spéciale aussi pour la rigueur moderniste de Jacques Lacoste (Paris), valorisée par la scénographie d’Emilie Bonaventure, l’intransigeance très Bauhaus d’Ulrich Fiedler (Cologne) et l’élégance soyeuse de Chahan Minassian (Paris).
Les seventies ont été enfin les grands gagnants de l’édition, du versant cinétique au chic métallisé. Par un effet de mode, les créations en métal de Maria Pergay se déclinaient sur plusieurs stands, entre une belle table basse chez Jeanniard-Rivière (Paris) et une paire de fauteuils provenant de l’appartement du comédien François Perrier chez Jousse Entreprise (Paris).
Les erreurs de casting ont été reléguées vers le fond du salon, dans l’espoir peut-être que le visiteur harassé en fin de parcours ait le bon goût de les zapper. Persistance rétinienne oblige, la laideur ne s’oublie pas facilement ! Le haut-le-cœur était inévitable devant la galerie Adler (Paris) et ses photographies de Jonathan Bermudes ou encore face au pêle-mêle lamentable de Giorgio Salvai (Paris). Les meubles en métal découpés de Pierre-Alexandre Poulain (Paris) n’avaient pas plus leur place dans un salon étiqueté « design ». 
Comme sur la foire concomitante d’Art Paris, le commerce fut correct, dans certains cas excellent, mais globalement sans euphorie. « Il y a toujours un peu d’incertitude dans l’air, la fragilité de la Bourse, la perspective des élections présidentielles », a convenu le marchand Jean-François Chabolle (Paris). Le problème ne tient pas tant aux capacités d’achat des visiteurs du salon qu’à leurs connaissances. « Il existe une clientèle qui a des moyens, mais qu’il faut encore éduquer », observait Marc-Antoine Patissier. Néanmoins, au Pavillon comme ailleurs, certains professionnels se contentent d’une marchandise facile ou labellisée afin de séduire les acheteurs les moins aventuriers. Pour faire preuve d’audace ou de didactique, encore faut-il avoir l’espace adéquat. Or le système de stands en enfilade sur deux allées et le manque de recul, qui nuisent à l’appréciation des pièces, surtout lors du vernissage, ne favorisent guère la pédagogie. Pour passer au cran supérieur, le Pavillon aurait tout intérêt à hisser son étendard dans un lieu plus spacieux. Au Grand Palais ?

PAVILLON DES ARTS ET DU DESIGN

- Nombre de visiteurs : 33 129 - Prochaines dates : du 26 au 30 mars 2008

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°257 du 13 avril 2007, avec le titre suivant : Reprise en main

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