Dimanche 23 septembre 2018

Céramique

Quand on M.

Par Armelle Malvoisin · Le Journal des Arts

Le 20 juillet 2007 - 699 mots

Camard met à l’honneur un rare ensemble de céramiques Art déco.

 PARIS - Le 23 mars à Drouot, la maison Camard présentera une collection de céramiques qu’un amateur français, M. Daniel M., aura réunie en vingt ans de passion. Plus de 120 pièces, de la période Art déco jusqu’à 1965, sont proposées, autour de trois signatures : René Buthaud (17 lots), Édouard Cazaux (106 lots) et Jean Mayodon (4 lots). « Ces céramistes ont développé un courant largement figuratif, dont la recherche se nourrit des traditions classiques à décor historié et des traditions populaires, précise l’expert Jean-Marcel Camard. Pour cette collection particulièrement intéressante, j’ai voulu faire un catalogue exceptionnel. » Ce dernier se présente comme un livre dédié aux trois artistes. Entièrement bilingue, il est enrichi d’un glossaire sur la céramique et d’un recueil de références bibliographiques incluant les catalogues d’expositions et articles de périodiques publiés à partir de 1920. Fait rare, chaque pièce de céramique est photographiée en pleine page. Voué à devenir un ouvrage de référence, le catalogue a commencé à être diffusé deux mois avant la vente. « Nous avons voulu montrer ce que nous sommes capables de faire, souligne l’expert. Nous voulons séduire les acheteurs sur la qualité de la présentation en jouant sur le côté à la fois didactique et esthétique ». L’ouvrage constitue aussi une excellente carte de visite pour de futurs vendeurs.
L’œuvre de Cazaux, qui domine la collection par le nombre de pièces, est particulièrement à l’honneur dans cette dispersion. Le collectionneur s’est spécialement épris du travail de ce céramiste, tant pour ses décors abstraits géométriques que pour ses scènes narratives : bacchanales, offrandes, représentations bibliques, concerts champêtres ou fêtes populaires landaises. À l’inverse de Buthaut et de Mayodon, Cazaux n’est pas très coté. Ses créations n’excèdent guère 7 000 euros en ventes publiques. « Il y a beaucoup de cohérence dans son travail de céramiste et de peintre. Cette vente va être l’occasion de lui donner un coup de fouet », s’enthousiasme Jean-Marcel Camard. L’une des perles de l’ensemble est un vase haut de 71,5 cm en grès de grand feu, à décor géométrique de damiers et de lignes peint émaillé anthracite sur fond de terre crue. Daté vers 1925 et signé, l’objet est estimé 18 000 euros. Deux vases lenticulaires en faïence des années 1930, à décor peint et émaillé en relief, d’une Diane à l’arc, vert émeraude pour l’une et turquoise pour l’autre, sont attendus autour de 10 000 euros. Notons encore un vase balustre en grès grand feu, daté vers 1935, à décor de six serpents stylisés crème sur fond brun foncé, ainsi qu’un autre modèle à décor peint d’une frise d’antilopes croisées émaillé vert sombre sur fond blanc craquelé et souligné de lignes vertes, estimés 7 000 euros chacun.

Façon « Peau de serpent »
Des quatre pièces signées Mayodon, on retiendra un important vase ovoïde en faïence, monogrammé, de la fin des années 1920. Estimé 10 000 euros, il est décoré d’antilopes vert émeraude nuancé de noir sur fond corail frotté d’or. Quant à Buthaud, il a les honneurs de la couverture du catalogue avec un vase ovoïde à décor de deux Tahitiennes émaillé chocolat, noir et beige sur fond beige frotté de turquoise, baptisé « Hommage à Gauguin » et estimé 20 000 euros. On retiendra également son travail de l’émail dit « peau de serpent » tels un groupe en faïence de 1928 représentant une baigneuse étendue sous un arbre et émaillée brun à fines craquelures en opposition à la végétation l’entourant émaillée blanc-beige à craquelures marquées, estimé 7 000 euros, et un vase boule en faïence des années 1930, à décor d’une frise serpentine de chevrons, émaillé noir et blanc craquelé frotté or sur fond d’émail blanc-beige à réseau de craquelures brunes, estimé 4 000 euros. Les amateurs remarqueront aussi des vases des années 1920-1930, à décor peint de femmes et dont le dessin rappelle le trait de Matisse, pouvant valoir jusqu’à 15 000 euros pièce.

COLLECTION DE M. DANIEL M.

Vente le 23 mars à Drouot, 9, rue Drouot, 75009 Paris, SVV Camard & associés, tél. 01 42 46 35 74 ; expositions publiques : le 22 mars 11h-18h, le 23 mars 11h-12h, www.camardetassocies.com

COLLECTION DE M. DANIEL M.

- Expert : Jean-Marcel Camard - Estimation : 250 000 euros - Nombre de lots : 127

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°255 du 16 mars 2007, avec le titre suivant : Quand on M.

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