Vendredi 23 février 2018

Cultura

Pour amateurs avertis

Le Journal des Arts

Le 9 novembre 2007

Pour sa cinquième édition, le salon Cultura de Bâle a misé sur la qualité.

BALE - Orchidées blanches symétriquement disposées dans des pots design, stands parfaitement scénographiés : Cultura, la foire d’antiquaires bâloise qui s’est déroulée du 14 au 19 novembre, n’a pas failli à sa réputation de sérieux. La manifestation s’adresse d’abord au collectionneur averti et fortuné. Ce profil définit assez fidèlement le client bâlois, issu d’une ville prospère et érudite, berceau de grandes familles d’industriels. L’inauguration du salon a été faste pour les marchands d’antiquités grecque, romaine et égyptienne, qui en maîtrisent parfaitement les arcanes. La galerie Bigler de Bâle a vendu plusieurs pièces, dont une spectaculaire tête de singe égyptienne en granodiorite grise. Cette représentation du dieu Thot, vers 1370 av. J.-C., a séduit un acheteur connu du marchand pour un prix supérieur à 100 000 francs suisses (63 726 euros). Robert E. Bigler présentait d’autres œuvres dignes de musées, dont un tangka de l’ouest du Tibet datant du XVe siècle, peinture sur lin aux pigments minéraux, inachevée, représentant le Bouddha Avalokiteshvara assis pour 130 000 francs suisses (82 844 euros). « Le marché est beaucoup plus difficile qu’il y a trois ou quatre ans. Nous n’avons pas le choix, il faut présenter des choses sublimes pour réussir », estime l’antiquaire. Un avis également partagé côté XXe siècle par la galerie Von Bartha, autre Bâloise qui a aussi cédé quelques pièces onéreuses le jour du vernissage. D’après Stefan von Bartha, « les rares acheteurs, à l’heure actuelle, ont beaucoup d’argent. On les séduit avec le meilleur, donc le plus cher ». Il a vendu aux alentours de 13 000 francs suisses (8 284 euros) une chaise d’enfant de 1992, par Keith Haring et Verner Panton, et une coupe en argent des années 1980 par Memphis pour le même montant. Deux galeries françaises figuraient dans la section XXe siècle : la Bouquinerie de l’Institut et Makassar, spécialiste de l’Art déco venue pour la seconde année rencontrer une nouvelle clientèle suisse, italienne et allemande. Sa directrice Monique Magnan s’est réjouie de l’intérêt porté à un paravent en laque de Coromandel de Louis Midavaine, rare pièce de 1932 proposée à 214 000 euros. Une commode en laque et parchemin du Niçois Nicolas Muratore a été réservée. La Bouquinerie de l’Institut, nouvelle venue à Bâle, a attiré pour sa part son lot de clients avertis. Yves et Marc Lebouc misaient sur Cultura comme vitrine de leur galerie sur le dynamique marché suisse. Une encre de Chine et aquarelle de Léger, un fusain et un pastel de Braque voisinaient sur leur stand avec deux lithographies originales de Picasso provenant de collections privées, une Colombe de 1949 et une Femme à sa fenêtre de 1952. Deux pièces de rêve pour collectionneurs d’estampes. Enfin, un département réservé aux collectionneurs en herbe a vu le jour cette année. Ce « Collector’s Corner » proposait des pièces à moins de 15 000 euros : verreries, céramiques ou art égyptien. De nombreuses pièces s’y sont vendues dès le premier jour. Mais l’histoire ne dit pas si ces objets à prix intéressants ont vraiment attiré de nouveaux amateurs.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°181 du 21 novembre 2003, avec le titre suivant : Pour amateurs avertis

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