Lundi 17 décembre 2018

Bâle

Place aux jeunes

Par Roxana Azimi · Le Journal des Arts

Le 21 octobre 2005 - 610 mots

Art Basel et Art Basel Miami Beach révisent leurs sections.

 BÂLE/MIAMI - À peine une galerie est-elle ouverte aujourd’hui qu’elle trépigne à l’idée de se colleter au circuit international des foires. Face à cette clientèle impatiente, les salons y vont de leurs lots de secteurs labellisés « jeunes ». La foire madrilène d’art moderne et contemporain, ARCO, mise sur une sectorisation outrancière au point d’y perdre toute lisibilité. La FIAC (Foire internationale d’art contemporain) a créé « Future Quake » pour les bébés-galeries.
« Art Première », nouveau secteur « jeune » qu’Art Basel lancera en juin 2006, part d’un constat simple : seuls 20 % des exposants des « Statements » (projets d’artistes) finissent par obtenir un sésame pour la section générale. Une galerie est dès lors bien embarrassée face à ses collectionneurs, lesquels craignent de ne plus la retrouver d’une année sur l’autre dans le saint des saints. Par ailleurs, un artiste dont le travail s’articule autour de la peinture ou de la photographie a de moins en moins de chances de bénéficier des « Statements ». « Il nous faut deux systèmes, l’un pour la promotion des jeunes galeries et un autre pour celle des jeunes artistes », nous a déclaré Samuel Keller, le directeur d’Art Basel.
« Art Première » n’est en soi pas une nouveauté. Art Basel avait déjà eu par le passé la plate-forme « Young Galleries », fermée alors que les jeunes pousses se fourvoyaient dans le second marché pour arrondir leur chiffre. Ouverte seulement à douze galeries, « Art Première » reste encore empirique. L’absence de règles bien définies tranche avec la rigueur bien carrée du reste de la foire. « Après les résultats de la première édition, les règlements viendront », précise Samuel Keller.
Le nombre de participations possibles à « Art Première » n’est pas inscrit dans le marbre, même si la galeriste berlinoise Esther Schipper, membre du comité de sélection, précise qu’il n’y a pas de place à vie. « À Miami, nous voulions imposer une seule participation dans les containers d’“Art Positions”, mais on s’est rendu compte que ceux qui le faisaient deux fois servaient d’exemple aux autres, convient Samuel Keller. Chaque année, on change les trois quarts et on laisse un quart. » La galerie Air de Paris (Paris), dont la codirectrice, Florence Bonnefous, est membre du comité de sélection des « Statements » à Bâle, siégera ainsi pour la quatrième année en décembre dans les containers… Pour éviter que « Première » et « Statements » ne se parasitent, la seconde migrera dans le hall d’« Art Unlimited ». Un rapprochement qui pourrait simplifier la vie de certaines galeries présentes sur les deux secteurs.

Serrer la vis
Alors même qu’Art Basel rajoute une vitrine pour les jeunes, Art Basel Miami Beach en supprime une, en l’occurrence les « Statements ». « On n’a plus besoin des “Statements” qui est le seul concept emprunté à Art Basel, commente Samuel Keller. Les containers se transforment de plus en plus en projets d’artistes. On avait aussi besoin de place pour la section “Art Nova” dont la surface a été plus que doublée. » Jusqu’à présent, les galeries d’« Art Nova » jouaient avec les règlements comme d’autres avec le feu. Les organisateurs ont décidé de serrer la vis. Seuls trois artistes pourront être présentés, et ce uniquement avec des œuvres nouvelles. Les collectionneurs qui avaient l’impression d’avoir fait le tour de Miami entre les visites des trois collections locales – Margulies, Rubell, de la Cruz – et l’imbroglio des soirées auront au moins une bonne raison de se rendre en Floride : la perspective d’y découvrir des pièces inédites.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°223 du 21 octobre 2005, avec le titre suivant : Place aux jeunes

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