Dimanche 25 février 2018

Pierre Huber et Lorenzo Rudolf lancent une nouvelle foire

Par Roxana Azimi · Le Journal des Arts

Le 9 août 2007

Depuis bientôt deux ans, l’ancien directeur de la Foire de Bâle, Lorenzo Rudolf, et le galeriste genevois Pierre Huber cultivaient le suspense sur leur nouveau concept de foire.

Les deux complices se sont finalement ancrés à Shanghai avec le projet d’un salon asiatique, prévu pour septembre 2007. Vitrine commerciale de l’empire du Milieu, Shanghai est sans doute la ville chinoise la plus sexy et high-tech qui soit pour appâter les collectionneurs étrangers, d’autant plus que les traces du régime communiste y semblent gommées. Cette foire, composée d’exposants majoritairement asiatiques, sera organisée grâce à la logistique de la Foire de Bologne, dont Rudolf est le conseiller, et au partenariat du département média et propagande de la municipalité de Shanghai. « Le plus difficile, c’était de trouver le partenaire chinois en qui nous pouvions avoir confiance, explique Lorenzo Rudolf. Nous avons cherché un partenaire fort, dont les intérêts seraient différents des nôtres. Un organisateur de foire chinois aurait pris le dessus au terme d’une édition. Si nous avions monté l’opération avec un musée, il aurait choisi les artistes. »

Les espaces sont déjà tout trouvés : le Shanghai Exhibition Center, luxueux bâtiment stalinien situé dans l’une des artères les plus chic de la ville. Pour inattendu qu’il semble, l’appui de la Foire de Bologne n’est pas dénué de bon sens. L’équipe italienne dispose d’un bureau à Shanghai, et a déjà organisé des salons d’art de vivre en Chine. Et quid de la censure ? « Bien sûr, certaines choses politiques ne pourront être montrées, admet Rudolf. Mais une galerie qui travaille en Chine a déjà accepté une telle règle. » Qu’en sera-t-il de la qualité, cheval de bataille de Pierre Huber ? Les artistes aussi bien chinois que coréens ou indonésiens ont encore à mûrir. Beaucoup d’entre eux préfèrent ainsi gérer seuls leurs carrières. « J’accepte que ma première foire ne soit pas celle qu’elle sera dans dix ans. Les cinq à six premières années de la Foire de Bâle n’étaient pas les meilleures, réplique Pierre Huber. La différence, c’est qu’ici on va aller dix fois plus vite qu’à Bâle ! »

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°244 du 6 octobre 2006, avec le titre suivant : Pierre Huber et Lorenzo Rudolf lancent une nouvelle foire

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