Dimanche 17 novembre 2019

Analyse

Partenaires particuliers

Par Roxana Azimi · Le Journal des Arts

Le 12 avril 2011 - 513 mots

L’initiative des collectionneurs parisiens Steve et Chiara Rosenblum, qui ont ouvert un lieu permettant de montrer leur collection et celle de leurs amis dans un cadre à la fois ambitieux et intime, fait des émules.

Le 5 mai sera inauguré à Bruxelles la « Maison particulière », un « centre d’art » conçu par les collectionneurs français Myriam et Amaury de Solages, installés depuis trois ans dans la capitale belge. Ces amateurs au goût éclectique ont acheté aussi bien Anish Kapoor que Kiki Smith, Jaume Plensa ou Saint Clair Cemin. Leur regard les porte de plus en plus vers les scènes latines. En février, ils ont ainsi acquis chez Michel Soskine à la foire Arco, à Madrid, une œuvre baroque de l’artiste Monica Machado. L’idée d’un espace spécifique commence à germer lorsque le couple s’oriente de plus en plus vers des œuvres volumineuses difficiles à exposer chez eux. « On s’est dit que cela ne servait à rien d’acheter si on ne montre rien », indique Amaury de Solages. Aussi réfléchissent-ils depuis deux ans à un lieu organisé par des collectionneurs, où, lors de chaque accrochage, les « invités » pourraient sélectionner une douzaine d’œuvres selon une thématique préétablie. Le nom, « Maison particulière », signifie qu’on doit s’y sentir comme chez soi, l’espace prévoyant une bibliothèque et un coin café. « On veut que ce soit un rendez-vous avec des œuvres, mais aussi avec ses amis. On veut ouvrir au grand public et pas seulement au milieu de l’art », précise Amaury de Solages. Si l’espace des Rosenblum n’est ouvert que le samedi, la Maison particulière sera accessible à ses membres du jeudi au samedi. Car le terme « particulière » implique aussi l’idée d’un cercle, dont les adhérents devront s’acquitter d’une cotisation annuelle de 50 euros.

Pour le coup d’envoi de cet ancien hôtel de maître reconverti d’une surface de 400 m2, le couple a invité les marchands Daniel Templon et Jacques Billen, le galeriste Alexandre Percy (galerie Acte 2) et l’artiste Pieter Laurens Mol à plancher sur le thème « Origine(s) ». D’après le panel d’invités, le mot « collectionneur » semble revêtir un sens élastique… Le lieu ne veut pas se circonscrire à l’art contemporain, puisque Jacques Billen, marchand spécialisé en antiquités, apportera sa collection des premiers outils de l’homme. Il faut dire que les Solages n’ont pas des goûts rigides. À Tefaf Maastricht en mars, ils ont acheté chez les Kugel des pièces du XVIe siècle en mica, ainsi qu’une peinture sur albâtre du XVIIe siècle représentant les « Trois Grâces ». Un sens du mélange que l’on retrouve dans nombre d’intérieurs belges. 

Avant le décès brutal de l’excellent Philippe Denys, il avait été question d’un volet mobilier. Un hommage sera d’ailleurs rendu au marchand bruxellois avec la présence d’un grand piano de Poul Henningsen. Organisée de septembre à décembre, l’exposition suivante aura pour titre « Féminité 0.1 » et pour invités le collectionneur Alain Servais, le galeriste Renaud Bergonzo (Acte 2), l’artiste Oda Jaune et, pour l’art tribal, le marchand bruxellois Joachim Pecci. Un projet à suivre. 

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°345 du 15 avril 2011, avec le titre suivant : Partenaires particuliers

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