Mardi 11 décembre 2018

Foire en galeries

Paris Tribal s’installe dans le paysage

Par Marie Potard · Le Journal des Arts

Le 12 avril 2017 - 479 mots

La présence de marchands étrangers, des antiquaires plus investis et des prix attractifs ont renforcé la manifestation. Mais le calendrier n’est pas idéal.

PARIS - Paris Tribal, créée en 2014 par une poignée de marchands dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés, a refermé les portes de sa 4e édition le samedi 8 avril sur une note plutôt positive.
« Il y avait du monde le jour du vernissage, ainsi que le samedi. Les marchands que j’ai sondés étaient plutôt contents, car il y a eu des ventes », a commenté Olivier Castellano, président de l’association qui organise la manifestation. C’est sur son initiative que cette année, quatre des 23 exposants parisiens avaient convié un marchand étranger, portant le nombre de participants à 27. « Nous n’avons pas vocation à devenir un deuxième Parcours des mondes, mais la présence de marchands étrangers est un stimulant pour attirer le public à cet événement qui est avant tout simple et convivial », a-t-il ajouté. Parmi les invités figuraient Michel Thieme (Amsterdam) chez Alain Bovis, David Serra (Barcelone) chez Lance Entwistle, Joaquin Pecci (Bruxelles) avait été convié par Olivier Castellano et Bruce Frank (New York) s’était installé chez Renaud Vanuxem. Le marchand américain, ravi, a vendu une dizaine de pièces d’Indonésie et d’Afrique sur la quinzaine apportée. « L’organisation ne coûte pas cher, ce qui nous permet de pratiquer des prix plus attractifs qu’au Parcours des mondes », soulignait Renaud Vanuxem. En moyenne, les prix allaient de 1 500 à 15 000 euros chez la plupart des marchands, mais quelques objets dépassaient largement cette fourchette, tel ce charme de pêcheur contre la tempête (Micronésie) exposé par Michel Thieme (entre 200 000 et 300 000 €).

Une nouvelle formule gagnante
Autre nouveauté, l’organisation d’une exposition collective. Chaque marchand a prêté un objet à vendre sur la thématique « Formes et matières ». Lucas Ratton y a cédé dès le premier jour un masque Kuranko, Guinée (autour de 30 000 €). « L’exposition collective est une initiative à réitérer ».
Charles-Wesley Hourdé, dont c’était la première participation – sa galerie a ouvert en décembre – se disait agréablement surpris. « J’ai vu un certain nombre d’étrangers, notamment grâce à l’exposition “Picasso primitif” du Quai Branly. » Il a vendu plusieurs objets dont une cuillère Gouro (Côte d’Ivoire) et montrait de l’intérêt pour une frise funéraire (Nouvelle-Irlande) ayant appartenu aux collectionneurs anglais Webster et Rivers (autour de 50 000 €).

En termes de fréquentation, avaient essentiellement fait le déplacement des Suisses, des Espagnols, des Italiens, des Belges et grâce à la vente de Christie’s, deux ou trois gros collectionneurs américains, présents au vernissage. Alain Lecomte le regrettait : « C’est assez calme, car les Parisiens sont en vacances ! Il faudra y veiller l’an prochain. » « C’est un salon qui vise avant tout la clientèle locale », renchérissait Lucas Ratton.

« J’espère que l’année prochaine, deux ou trois autres marchands parisiens feront le choix d’inviter un étranger. Nous avons tout à y gagner : l’un peut rencontrer les clients de l’autre et vice versa », confiait enfin Olivier Castellano. Reste à savoir si les Parisiens sont prêts à partager.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°477 du 14 avril 2017, avec le titre suivant : Paris Tribal s’installe dans le paysage

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