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Paris Tribal passe un cap

Par Marie Potard · Le Journal des Arts

Le 24 avril 2019 - 398 mots

La manifestation parisienne dévolue aux arts premiers est désormais bien ancrée dans le calendrier et a rencontré un public venu nombreux et de plus en plus intéressé.
Paris. Voilà maintenant six ans que Paris Tribal (qui se tenait jusqu’au 14 avril) s’est installé dans le quartier Saint-Germain, haut lieu de l’art tribal. Si ce n’était pas gagné d’avance, car le Parcours des mondes organisé dans les mêmes rues en septembre a tendance à monopoliser les collectionneurs, les marchands parisiens croient en l’événement et se sont mobilisés. « La manifestation est en train de s’établir. Nous avons passé la phase critique », expliquait Davide Manfredi (galerie Pascassio Manfredi), qui a cédé plusieurs pièces de son exposition traitant des influences de l’art classique indo-javanais sur la tradition animiste balinaise. « C’est un réel succès d’avoir réussi à fédérer toutes les galeries du quartier. Dans aucune autre ville internationale une telle concentration de marchands d’arts premiers existe et Paris Tribal est une célébration de cette particularité », renchérissait Frédéric Rond (Indian Heritage), qui a vendu des objets rituels himalayens - le thème de son exposition - aux alentours de 8 000 euros.
Un marché pour des œuvres à moins de 10 000 €
Le public aussi soutient l’initiative, puisque outre des Français qui avaient fait le déplacement, beaucoup de Belges étaient présents, mais aussi des Suisses, des Allemands, des Italiens et quelques Américains.

Globalement, les marchands étaient satisfaits du niveau des transactions. En revanche, ce sont surtout les petites pièces – non dénuées de qualité, certes – qui ont trouvé preneur. Cela a été le cas pour la galerie Entwistle, qui proposait une exposition sur l’art océanien en écho à celle du Musée du quai Branly. Un rare ornement à suspendre de l’Île de Pâques moko ou moai moko en toromiro représentant un homme-lézard, XVIIIe (plusieurs centaines de milliers d’euros) restait encore à saisir [voir illustration]. Même situation pour la galerie Monbrison qui avait sélectionné quelques pièces à moins de 6 000 euros (la plus chère était un bouclier Kikuyu, du Kenya à 35 000 €). « Grâce à ces petits prix, des clients qui n’osaient pas pénétrer dans la galerie ont sauté le pas et ont acheté. Les années passées, nous n’avions pas beaucoup travaillé, mais cette année, nous sommes contents », soulignait Arthur de Monbrison. Cédric Le Dauphin, le président de la manifestation, a également trouvé preneur pour des pièces entre 400 et 10 000 euros.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°522 du 26 avril 2019, avec le titre suivant : Paris Tribal passe un cap

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