La Biennale des antiquaires : Peinture ancienne

Paris Tableau dope la Biennale

Par Marie Potard · Le Journal des Arts

Le 30 août 2016

Si la précédente Biennale manquait cruellement de tableaux anciens, la section de l’édition 2016 est l’une des plus étoffées. La fusion avec l’ancien salon Paris Tableau en est la raison majeure.

Lors de l’édition 2014 de la Biennale des antiquaires, la peinture ancienne, l’une des spécialités historiques de la manifestation à côté du mobilier ancien et des objets d’art, était sous-représentée. En effet, celle-ci accueillait moins d’une dizaine de marchands. Cette année, c’est une tout autre partition qui se joue puisqu’ils sont près de trente marchands à y exposer – loin derrière Tefaf toutefois, la foire de Maastricht, qui en rassemble une soixantaine. La raison ? La fusion avec le salon Paris Tableau qui se tenait depuis cinq ans au Palais Brongniart en novembre. « La priorité de Paris Tableau, à la suite de la décision du SNA d’annualiser la Biennale des antiquaires, a été de constituer un salon fort et d’en faire un événement majeur qui compte dans le marché de l’art international », explique Maurizio Canesso, président de Paris Tableau. Mais il devenait difficile de maintenir deux salons d’envergure internationale à deux mois d’intervalle.

Tous les exposants de 2014 sont revenus, excepté le marchand londonien Moretti. Le noyau dur de Paris Tableau a répondu à l’appel, avec la présence de ses membres fondateurs : les galeries Canesso, Éric Coatalem, Talabardon & Gautier, Haboldt & Co., Jean-François Heim, De Jonckheere, Jacques Leegenhoek, G. Sarti et Claude Vittet. D’autres participent pour la première fois à l’événement comme Charles Beddington Ltd (Londres) ou Maurizio Nobile (Paris, Bologne), Carlo Virgilio (Rome) ou la galerie Terrades (Paris).

Le salon Paris Tableau est venu avec son colloque qu’il organisait lors de chaque édition, essentiel à la présence des conservateurs des plus grandes institutions au monde. Il sera organisé le 13 septembre (de 14 heures à 18 heures) au Petit Palais sous le thème : « Figures du dandy, de Van Dyck à Oscar Wilde ». Y participent historiens de l’art, professeurs d’histoire de l’art ou encore conservateurs de musée à l’exemple de Guillaume Kientz, qui officie au département des Peintures du Musée du Louvre.

Un large choix

Au regard des œuvres qui garnissent les cimaises des stands, toutes les écoles sont représentées, certains marchands optant pour un accrochage éclectique quand les galeries Sarti ou Maurizio Nobile, par exemple, mettent l’accent sur l’école italienne ou que Florence de Voldère privilégie les écoles du Nord. L’école espagnole est à l’affiche sur le stand de la galerie Ana Chiclana (Madrid) qui montre notamment une esquisse de Murillo, La Vision de saint Antoine de Padoue (480 000 euros), dont un dessin préparatoire est conservé au Louvre, ou chez Canesso qui met à l’honneur La Vierge enfant endormie, de Zurbarán (2,5 millions d’euros).

Paysages, natures mortes, scènes religieuses, tous les genres de la peinture sont abordés, au premier rang desquels les portraits comme celui présumé du Marquis de Marigny (1753), un pastel de Nattier que propose Alexis Bordes (Paris) à 150 000 euros. La galerie Michel Descours (Lyon) présente quant à elle l’Autoportrait (vers 1688-1692) de Luca Giordano, et un dessin inédit de Louis Léopold Boilly montrant Napoléon au milieu de sa famille. « De forme ronde, il se rattache à la commande faite en 1806 par Napoléon, d’une table en porcelaine décorée d’un portrait de la famille impériale. La table n’a jamais été réalisée à cause de la mort précoce du jeune protégé de l’Empereur en 1807, et notre dessin en est donc un vestige important. Il provient de la collection des frères Goncourt », explique Matthieu de Bayser.

Suiveurs et émules de Bosch chez De Jonckheere
Si les marchands écartent habituellement l’exposition thématique, préférant montrer au Grand Palais toutes les facettes de leur spécialité, certains proposent un focus. C’est le cas de la galerie De Jonckheere avec l’exposition « Bosch, le premier cercle », qui met en scène les suiveurs et émules du grand maître (avec des œuvres de 200 000 euros à 1,2 million d’euros), à défaut de pouvoir en exposer une œuvre, indisponible sur le marché. « Le 500e anniversaire de la mort de Bosch est l’occasion de célébrer sa peinture dans nos collections, indiquent François et Georges De Jonckheere. Quarante années d’expertise nous ont donné le privilège de rencontrer son art à de nombreuses reprises et d’accompagner certains amateurs dans l’acquisition de sujets typiquement boschiens. La Biennale des antiquaires est un événement de taille qui attire les meilleurs amateurs et mérite de belles expositions. Après les rétrospectives de Bois-le-Duc [aux Pays-Bas, au Noordbrabants Museum] et du Prado [à Madrid], Bosch sera mis à l’honneur sur notre stand avec huit pièces emblématiques. » Ce peintre visionnaire d’une grande fantaisie reste une figure inclassable de l’histoire de l’art. Ses meilleurs disciples sont Pieter Huys et Jan Mandijn, à qui est attribué un Saint Christophe, accroché ici. La galerie Mendes (Paris) profite également de l’événement pour présenter « Neoclassico », une exposition axée sur le néoclassique européen, avec des tableaux d’Andrea Appiani ou de Hugh Douglas Hamilton et des dessins de Jacques-Louis David et Louis Gauffier.

Dans un autre registre, la galerie G. Sarti expose une vingtaine d’œuvres du XIVe au XVIIe siècle, mettant l’accent sur les primitifs et les caravagesques italiens. Elle montre notamment un Saint Sébastien (vers 1445) de Giovanni da Modena, ou encore Judith avec la tête d’Holopherne (vers 1625), de Matteo Loves. Très appréciées actuellement des collectionneurs, des œuvres caravagesques sont essaimées sur d’autres stands à l’heure où un tableau découvert par l’expert Éric Turquin dans un grenier à Toulouse pourrait être attribué au Caravage – s’il se révèle être de sa main, il pourrait valoir 120 millions d’euros. Maurizio Nobile montre ainsi un Saint Joseph de Giuseppe Antonio Petrini (1677-1759) tandis que Franck Baulme présente Le Christ dépouillé de ses vêtements, peint par Tommaso Salini (1574-1625) et affiché à 90 000 euros.

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°462 du 2 septembre 2016, avec le titre suivant : Paris Tableau dope la Biennale

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