Mardi 17 septembre 2019

Paris : Riopelle inédit

Par Le Journal des Arts · Le Journal des Arts

Le 1 juin 1994 - 675 mots

La galerie Karsten Greve (5, rue Debelleyme, jusqu’au 2 juillet) présente des œuvres d’inégale qualité de Lucio Fontana.

De nombreuses céramiques, des tableaux incertains – où des incrustations de pierre chargent lourdement l’espace pur auquel Fontana avait par ailleurs accédé – font de cette anti-rétrospective une exposition décevante. Reste cependant un magnifique tableau de cuivre incisé dont la simplicité nous fait souvenir de la grandeur de l’artiste. Autre monstre sacré de l’abstraction, Jean-Paul Riopelle dont la galerie Didier Imbert (19, Avenue Matignon, jusqu’au 13?juillet) montre cinquante œuvres provenant du fonds Pierre Matisse qui n’ont encore jamais été exposées en France. Elles datent pour la plupart des années soixante, que l’on pourra sans doute considérer comme l’une des meilleures périodes de Riopelle, artiste rebelle et intuitif.

On verra à la galerie Thessa Herold (7, rue de Thorigny, jusqu’au 16 juillet) les gouaches d’une autre grande figure des années cinquante, Henri Michaux, dont le métier, cependant, n’était pas la peinture. Plus de vingt aquarelles, encres et huiles du poète seront confrontées à un choix d’œuvres de Klee, Ernst, Zao Wou-Ki, ou encore Matta, au sujet desquels Michaux s’était exprimé dans des textes critiques. Yuri Kupper est l’un des premiers artistes russes à avoir fui la dictature soviétique pour rejoindre l’Occident. La galerie Vallois (36, rue de Seine, jusqu’au 26 juillet) présente une spectaculaire installation intitulée "Moscou - Hiver 94", par laquelle l’artiste réinvente une rue de Moscou en une saison décalée mais évidemment emblématique du climat réel de ce pays.

Carel Visser n’était malheureusement pas présent à l’exposition consacrée au Pays-Bas au Musée d’art moderne. La galerie Durand-Dessert (28, rue de Lappe, du 18 juin au 31 juillet) lui rend hommage en présentant à la fois des sculptures anciennes et récentes qui permettront au public français de se familiariser plus avant avec cette œuvre méconnue. A la galerie Renos Xippas (108, rue Vieille du temple, du 21 mai au 23 juillet), on redécouvrira avec trois installations, l’œuvre imposante et néanmoins minimaliste de Richard Nonas, qui n’avait plus exposé en France depuis 1978. Le bois et l’acier, qui sont ses matériaux de prédilection, seront déclinés dans tout l’espace de la galerie. Andy Goldsworthy, auquel une monographie vient d’être consacré par les éditions Anthèse, présentera ses sculptures récentes à la galerie Aline Vidal (70, rue Bonaparte, jusqu’au 9 juillet). Néo-land artiste écologique, Goldsworthy célèbre avec une poésie parfois surranée les charmes de la nature.

Georges Autard a été professeur de mathématiques et s’en souvient à la galerie Montenay (31, rue Mazarine, jusqu’au 2 juillet). L’espace du tableau noir est bien différent, cependant, de celui de la peinture et les tentatives pour y nouer le sacré et les chiffres ne sont toujours couronnées de succès. Mais les mathématiques  enseignent aussi l’opiniâtreté, qui ne manque certes pas à Georges Autard. Deux autres peintres, Didier Mencoboni et François Mendras exposent de conserve à la galerie Vidal-St Phalle (10, rue du Trésor, jusqu’au 22 juin). Laurent Joubert, qui a récemment été l’hôte de la villa Kujoyama de Kyoto, transforme certains emblèmes nippons dans la manière très stylisée et recherchée qu’on lui connaît (galerie Laage-Salomon, 57, rue du Temple, jusqu’au 13 juillet), tandis que le suédois Harald Lyth exposera pour la deuxième fois ses peintures suggestives et lyriques à la galerie Di Méo (9, rue des Beaux-Arts, jusqu’au 23 juillet).

La galerie Samia Saouma (16, rue des Coutures St Gervais, jusqu’au 30 juillet) présente une sélection de portraits dus à August Sanders, Diane Arbus, Cindy Sherman et Thomas Struth. La galerie Zabriskie, quant à elle, propose un choix des dernières photographies de l’américain Lee Friedlander réalisé à partir de son dernier livre "Letters from the people" publié par Jonathan Cape à Londres l’an passé (37, rue Quimcampoix, jusqu’au 30 juillet). En face, à la galerie Nelson (jusqu’au 20 juillet), James Welling pousuit lui aussi, mais avec bien plus de distance que son compatriote, son investigation de la réalité contemporaine. Faut-il encore se demander si la photographie est un art ? Ces trois expositions devraient faire apparaître une nouvelle fois la vanité d’une telle question.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°4 du 1 juin 1994, avec le titre suivant : Paris : Riopelle inédit

Tous les articles dans Marché

Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque