Samedi 17 novembre 2018

Paris réussis

Par Armelle Malvoisin · Le Journal des Arts

Le 3 janvier 2008 - 725 mots

Plus de 35 millions d’euros d’art contemporain ont été adjugés dans des ventes de prestige à Paris chez les auctioneers. Un Bacon a atteint 13,7 millions d’euros chez Sotheby’s.

PARIS - Les ventes d’art contemporain réalisées par Sotheby’s et Christie’s du 11 au 13 décembre à Paris ont totalisé 41,5 millions d’euros de transactions. Les deux maisons de ventes avaient organisé, pour la première fois chacune, une vente du soir réunissant leurs lots les plus prestigieux. Elles en ont retiré un résultat cumulé de plus de 35 millions d’euros. Le marché international pour l’art contemporain bat son plein, laissant aux filiales parisiennes l’opportunité de mettre à l’honneur quelques morceaux de choix qui seraient noyés dans des ventes londoniennes ou new-yorkaises.
Ainsi Sotheby’s proposait un tableau de Francis Bacon de 1961, Seated Woman (Portrait of Muriel Belcher), qui aurait fait pâle figure à côté de deux autres toiles importantes de l’artiste vendues à New York le 14 novembre dernier. La maison Sotheby’s a ainsi convaincu la vendeuse américaine, Audrey Irmas, de faire de son Bacon la star de sa vente parisienne. Estimé entre 7,5 et 10 millions d’euros, le tableau a été emporté pour 13,7 millions d’euros par un courtier européen présent dans la salle contre deux sous-enchérisseurs européens au téléphone. Il s’agit d’un record pour une œuvre d’art contemporain vendue en France et de la meilleure enchère française depuis 1989, toutes catégories confondues. « Le résultat obtenu par le portrait de Muriel Belcher par Francis Bacon légitime notre décision de proposer Paris pour la vente de cette œuvre. Avec une enchère de 20 millions de dollars, il est aujourd’hui le 6e meilleur prix pour une œuvre de l’artiste sur le marché international », commente Grégoire Billault, directeur du département d’art contemporain de Sotheby’s France. Selon ses collègues anglo-saxons, ce tableau n’aurait pas pu faire ce prix à Londres ou New York. « Mais même sans le Bacon, la vente était solide », souligne encore l’expert français. Un collectionneur allemand a acquis pour 894 650 euros, au double de l’estimation basse, un Paysage de Provence (1953) par Nicolas de Staël. Ce même tableau avait été adjugé 590 400 dollars (410 000 euros) dans une prestigieuse vente du soir du 12 novembre 2003 à New York chez Sotheby’s. Une grande composition de Miquel Barceló, exécutée en 1992 et estimée 300 000 euros, a rejoint une collection européenne pour 760 250 euros, et une Bicyclette empaquetée sur galerie de voiture (1962) par Christo a été vendue 384 250 euros, un record pour l’artiste.
Chez Christie’s, l’enchère la plus haute est revenue au tableau phare de la vente, Mandres de Joan Mitchell, provenant d’une collection américaine. Estimée 1,8 à 2,5 millions d’euros, elle est partie chez une galerie américaine pour 2,44 millions d’euros. En deuxième place, grâce à un achat européen, une Peinture 7 novembre 59 de Pierre Soulages a légèrement dépassé le million d’euros, son estimation haute. Ce sont également des particuliers européens qui ont acheté, au-dessus des prévisions, deux compositions de Hans Hartung et Zao Wou-Ki, respectivement pour 547 450 et 513 850 euros, tandis que La Mort de Charles le Téméraire (1957), tableau majeur de Georges Mathieu, battait un record pour l’artiste sur une enchère de 336 250 euros. Plusieurs pièces d’une importante collection française d’œuvres de la Figuration narrative étaient aussi invitées dans la vente du soir. Notons deux importants records pour Comicscape (1971), grande composition de Erró, envolée à 838 650 euros, au double de son estimation haute, et Portrait de famille (1962) de Hervé Télémaque, vendu à un collectionneur français pour 366 250 euros.
Le dynamisme de la place parisienne a désormais conquis la confiance des deux grands auctioneers. Aussi, la prochaine session de ventes d’art contemporain à Paris chez Christie’s et Sotheby’s, toute aussi prometteuse, se déroulera en juin 2008.

SOTHEBY’S, 12 décembre - Expert : Grégoire Billault - Estimation : 12,5 millions d’euros - Résultat : 23,1 millions d’euros - Nombre de lots vendus/invendus : 38/6 - Lots vendus : 82 % - Prix moyen du lot (hors Bacon) : 609 000 euros (255 250 euros) CHRISTIE’S, 11 décembre - Experts : Florence de Botton et Alexandre Carel - Estimation : 10,6 millions d’euros - Résultat : 12,1 millions d’euros - Nombre de lots vendus/invendus :56/12 - Lots vendus : 82 % - Prix moyen du lot : 216 800 euros

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°272 du 4 janvier 2008, avec le titre suivant : Paris réussis

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