Vendredi 22 novembre 2019

Grand Palais

Paris Photo, catalyseur de belles énergies

Par Christine Coste · Le Journal des Arts

Le 27 novembre 2013 - 670 mots

Le succès une nouvelle fois confirmé du salon montre la vitalité du marché de la photographie et de la place parisienne.

PARIS - Les galeries sélectionnées pour Paris Photo redemanderont certainement qu’à la veille du vernissage officiel du salon soit rejouée à huis clos la soirée privée de J.-P. Morgan (partenaire officiel de la foire) tant sa liste d’invités a ravi nombre de galeristes. Les premiers achats ou promesses d’achat qui s’égrainèrent dans les stands des enseignes ont donné le la d’une édition marquée tant par la grande qualité et la diversité de ses propositions que par la présence de collectionneurs américains et d’amis des musées outre-Atlantique plus nombreux que d’habitude.
Éric Dereumaux de la galerie RX ne dissimule pas sa satisfaction. « Cette édition est la plus belle de celles que nous avons vécues à Paris Photo. Nous avons très bien vendu et beaucoup de projets institutionnels se concrétisent, des photos de la série “Tour de Babel” de Du Zhenjun ont été en particulier achetées par deux gros acheteurs américains », notamment par la fondation américaine Andrew Pilara, qui envisage une exposition de l’artiste chinois. La galerie argentine Rolf Art, dont c’était la première participation et dont on retrouve les artistes à l’exposition « America Latina photographies, 1969-2013 » à la Fondation Cartier, partageait à la clôture du salon, le même enthousiasme que ce soit au niveau des rencontres que des ventes surtout au niveau d’une clientèle européenne, privées ou institutionnelles, à laquelle elle n’avait pas eu accès jusque-là.

Des connaisseurs déterminés
« Les ventes et les contacts pris au cours de ces quatre journées ont réparé une année 2013 plutôt morose », confie de son côté Bernard Utudjian de Polaris, tandis que Jean-Kenta Gauthier de la galerie Polka qui faisait ses premiers pas au salon relevait « la grande qualité des échanges et des ventes. » Justine Durrett de la galerie David Zwirner le confirme « La clientèle s’avère différente des autres foires. Elle est bien plus pointue et informée, revient aux œuvres et passe du temps devant elles ». Très appréciées furent les œuvres d’Olivier Metzger et de Gilles Berquet à la galerie Bertrand Grimont et celles, dans un tout autre registre, de Robert Polidari chez Karsten Greve. Les enseignes dont les pièces ont collé avec une actualité ou une programmation d’institutions parisiennes ou internationales, passée, présente ou à venir, se montrent également enchantées. Le succès est ainsi au rendez-vous pour Vivian Maier (Steven Kasher), Mark Cohen (Rose Gallery), Depardon (Magnum), Salgado (Polka), Antoine d’Agata (Les filles du Calvaires), Engström, Petersen et Fauquet (Vu) ou William Eggleston représenté par sept galeries (Thomas Zander, Cheim & Read, Danziger, Gagosian, Jörg Mass, Stephen Daiter et Rose Gallery). Du côté des stands de l’emplacement dit « Premium », les grandes galeries new-yorkaises, toutes rassemblées dans cette partie très en vue du Grand Palais, disaient avoir vendu davantage que l’an dernier, et pour celles qui faisaient leur entrée à Paris Photo comme 303, on se disait « prêt à revenir » Les pièces autour de 20 000 à 30 000 euros, nombreuses cette année, ont trouvé preneurs. À l’instar du Konditormeister d’August Sander à un million d’euros et de la collection exceptionnelle d’une centaine de vintages de Robert Capa de la Seconde Guerre mondiale proposée par Daniel Blau et vendue à une institution européenne. Des pièces atypiques comme la tapisserie de Paul Thorel chez Guido Costa, pièce marquante et remarquée de cette édition, n’ont cependant pas trouvé acquéreur. Les créations de Duane Michals (Esther Woerdehoff), de Horst Ademeit (Suzanne Zander) ou Marc Trivier (Bernard Boucher) ont enregistré pour leur part un écho en deçà de celui escompté.

Dans cette nouvelle montée en gamme de la foire, il est des œuvres plus difficiles d’accès qui demeurent encore invisibles. Ce qui ne fut pas le cas au salon Offprint consacré uniquement aux éditeurs de livre photo et installés pour sa quatrième édition à l’École nationale des beaux-arts. Leur présence constituait un contrepoint plein de fraîcheur et bien étranger aux présentations léchées des stands des galeristes de la foire, aux propositions et accrochages commentés par le comité de sélection de Paris Photo, y compris pendant le salon.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°402 du 29 novembre 2013, avec le titre suivant : Paris Photo, catalyseur de belles énergies

Tous les articles dans Marché

Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque