Parfums d’Arabie

Vers un trop-plein d’art islamique ?

Le Journal des Arts

Le 15 décembre 2009

Dépendant en grande partie des acheteurs étrangers, le marché de l’art oriental et islamique jouit d’une bien meilleure santé que la plupart des autres spécialités. Cependant, il pourrait avoir du mal, tout au moins en termes avantageux pour les vendeurs, à absorber l’importante quantité d’objets et de tableaux orientalistes proposés ce mois-ci, dont la qualité n’est pas toujours de premier ordre.

PARIS - Le 21 juin, assisté de l’expert Annie Kevorkian, Me Boisgirard proposera près de 400 objets d’art islamique et oriental. Très variée, la vente comprend des carreaux – dont deux ensembles de quatre pièces d’Iznik du XVIe siècle, provenant de la mosquée d’Eyüp à Istanbul, estimés chacun 100 000 francs –, des céramiques, des textiles, et de l’argenterie avec, en particulier, un ensemble de très jolis plumiers, encriers et canifs de calligraphe. Dans les textiles, on notera deux chemises talismaniques du XVIIe siècle, brodées de citations coraniques et de formules prophylactiques, qui étaient portées à même la peau par les guerriers.

Deux mois seulement après leur dernière vente de tableaux orientalistes, qui avait connu une proportion importante de rachats (voir notre article), Mes Gros & Delettrez et Lynne Thornton récidivent le 24 juin et proposent 200 œuvres provenant des mêmes écoles. Parmi les tableaux de qualité, citons Scènes turques, trois huiles sur toile du XVIIe siècle attribuées au Flamand Cornelis de Wael, estimées entre 500 000 et 600 000 francs, ainsi qu’un magnifique portrait du grand chef militaire algérien Abd El-Kader, de 1861, estimé entre 600 000 et 800 000 francs, par le Belge Jean-Baptiste Huysmans.

L’expert Lucien Arcache et Me Jacques Tajan organisent, le 10 juin, leur traditionnelle vente d’art islamique et d’œuvres orientalistes du début de l’été, avec 290 lots. Deux aquarelles d’Adolf Seel, La prière dans une mosquée du Caire, estimée entre 100 000 et 120 000 francs, et La Cour des lions à l’Alhambra de Grenade, estimée entre 60 000 et 80 000 francs, figurent parmi les 90 tableaux orientalistes. Vedette incontestée des céramiques, un plat d’Iznik, vers 1570, au très beau décor – et intact, ce qui est rare –, est estimé entre 80 000 et 100 000 francs. Dans les quelques manuscrits, calligraphies et miniatures du XVIe au XIXe siècle, signalons une calligraphie signée Imad al-Hassani, vers 1610, estimée entre 15 000 et 18 000 francs.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°26 du 1 juin 1996, avec le titre suivant : Parfums d’Arabie

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