Floride

Palm Beach ! change de tête

Par Roxana Azimi · Le Journal des Arts

Le 20 janvier 2006

La foire d’antiquités continue à attirer les marchands européens.

PALM BEACH (FLORIDE) - Décidément, la foire Palm Beach ! (prévue du 3 au 12 février) n’en finit pas avec les changements. Après avoir été rebaptisée, relookée, installée dans de nouveaux pénates, elle… change de tête. Lorenzo Rudolf ayant quitté son poste de vice-président de l’International Fine Art and Antique Fair (IFAE) en 2005, le gouvernail échoit à son directeur général, Nick Korniloff. De son côté, David Setford a démissionné de la direction de la foire pour renouer avec le monde muséal dont il était issu. C’est dans les mêmes sphères qu’a été recruté son remplaçant, Michael Mezzatesta, ancien directeur du Duke University Museum of Art (Durham, Caroline du Nord). Ce renouvellement des troupes est au goût de certains exposants. « L’équipe de cette année a l’air plus soudée, il y a une meilleure ambiance, relève un marchand. Nick Korniloff est très respectueux de tous les exposants, petits et grands. Lorenzo était inadapté au produit, il n’avait pas la culture de l’antiquité. »
Les changements initiés par Lorenzo Rudolf ont toutefois été profitables à l’image de la foire. Celle-ci s’est même réclamée un temps de la qualité de Tefaf (International Fine Art and Antiques Fair) Maastricht, au point qu’on pouvait s’interroger sur les stratégies de la foire néerlandaise. La présence prosélyte de certains de ses piliers est-elle annonciatrice d’une greffe éventuelle du salon en Amérique, à l’instar d’Art Basel à Miami Beach ? « Certainement pas. Nous sommes effectivement des exposants de Tefaf, mais nous n’allons pas à Palm Beach en tant que membre du comité », assure le marchand Konrad Bernheimer (Munich). Quoi qu’il en soit, Palm Beach ! a une place à prendre face à la faiblesse actuelle des salons d’antiquaires new-yorkais. « Il n’y a pas à New York de salon marquant, crédible et représentatif, alors je joue le jeu à Palm Beach », indique la nouvelle recrue, Georges de Jonckheere (Paris), en apportant plusieurs tableaux de Bruegel (100 000 dollars à 5 millions de dollars).
Il reste néanmoins encore du chemin pour que Palm Beach ! s’impose auprès des collectionneurs. « Pour cette édition, je ne peux pas faire grand-chose, convient Michael Mezzatesta, prenant le train en marche. Mais pour 2007, j’espère donner un tour plus universitaire, changer le design du catalogue et son format. Je voudrais rajouter des portraits de marchands, des articles sur des objets qui seront présentés pour donner un côté plus académique. » Il imagine aussi étendre la sélection des exposants à l’Amérique latine et rallier à sa cause musées américains et jeunes collectionneurs.

Se distraire à Palm Beach
Pour l’heure, Palm Beach ! n’est pas une destination fair comme l’est Art Basel Miami Beach, même si le marchand Pierre-Michel Dumonteil (Paris) relève une clientèle de plus en plus diversifiée géographiquement. L’ambiance de villégiature, dont certains exposants vantent les vertus prophylactiques, n’est pas toujours propice au négoce. « L’an dernier, cela a été correct, sans plus, observe l’antiquaire Sylvain Lévy-Alban (Paris). Les gens ont les moyens d’acheter, mais ils sont en vacances. Ils sont intéressés un jour et oublient le lendemain qu’ils l’avaient été. Ils viennent avec l’idée de se distraire. Du coup, les choses amusantes se sont bien vendues. Pour les visiteurs, les meubles sont faits pour meubler. Ils ne sont pas forcément prêts à y mettre des sommes énormes. Ils n’ont pas la même optique que s’ils achetaient des tableaux. » Il est vrai que les marchands de tableaux étaient, l’an dernier, les moins marris, d’où le retour de la Galerie du Post-Impressionnisme (Paris) et de Cazeau-La Béraudière (Paris). De plus circonspects, comme les Steinitz, ont finalement répondu à l’appel. « On ne peut pas passer son temps à être sceptique. Il n’y a pas, sauf miracle, d’expositions importantes qui réalisent ses ambitions en peu d’années, observe Georges de Jonckheere. Maastricht a mis du temps à se développer. » Reste à voir combien de temps les exposants sont prêts à donner à Palm Beach ! pour qu’elle prenne son envol commercial.

Palm Beach !

3-12 février, Palm Beach County Convention Center, 650 Ockeechobee Boulevard, West Palm Beach, tél. 1 561 209 13 00, www.palmbeachfair.com, tlj 12h-19h, les 5 et 12 décembre, 12h-18h.

Palm Beach !

- Directeur : Michael Mezzatesta - Nombre d’exposants : 84 - Tarifs des stands : entre 700 et 780 euros selon la taille du stand - Nombre de visiteurs en 2004 : 34 000

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°229 du 20 janvier 2006, avec le titre suivant : Palm Beach ! change de tête

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