Jeudi 13 décembre 2018

Orientalisme, manuscrits et dessins

Drouot propose en avril une sélection de ventes de spécialités

Le Journal des Arts

Le 4 avril 1997 - 759 mots

En avril, Drouot accordera une place de choix aux manuscrits, aux dessins anciens ainsi qu’à l’art contemporain, qui reprend ses marques. Une vente très complète d’arts de l’Islam – des armes aux bijoux, sans oublier la peinture orientaliste – est également à signaler.

PARIS - Un chanfrein ottoman du XVIe siècle en tombaq, un alliage de cuivre doré au mercure, est la pièce maîtresse de la vente d’art islamique de Me Tajan les 10 et 11 avril, dont Lucien Arcache est l’expert. Cet élément d’armure, symbole des arts de la guerre, est aussi une œuvre d’orfèvre. De nombreuses armes orientales figurent dans cette dispersion : poignards moghols à manche "bijou" de jade ou de cristal de roche, pistolets à canons incrustés d’or... Datant du XIVe siècle, un rare chandelier mamelouk est estimé 150 à 200 000 francs. Ornements turkmènes et parures kabyles en argent et or émaillé font partie des bijoux proposés, ainsi qu’un diadème marocain Taj, en or ciselé orné de pierreries, estimé entre 80 et 120 000 francs. Une pochette ottomane en velours broché, exécutée dans les ateliers impériaux de Constantinople au XVIe siècle, devrait retenir l’attention. Dans le domaine de l’orfèvrerie, une bouteille ottomane Surahi aux poinçons du sultan Abdulaziz, de la collection Boppe, ambassadeur de France, est estimée 80 à 120 000 francs. La peinture orientaliste est bien représentée, avec notamment une toile importante – par la taille, 2 x 3 m, et l’estimation 600 à 800 000 francs – d’Eugène Giraud, La Crue du Nil, provenant de la descendance de la princesse ottomane E. H.

De précieux manuscrits littéraires et des autographes historiques issus d’une collection privée seront dispersés le 25 avril par l’étude Renaud, avec de nombreuses pièces majeures de l’époque romantique. Parmi les écrits anciens, une longue lettre de Voltaire au duc de Richelieu est estimée 40 à 50 000 francs. Les manuscrits relatifs à Musset et George Sand y tiennent une place primordiale, notamment un ensemble de 51 lettres à propos de l’infidélité de George Sand avec Pagello à Venise, estimé 250 000 francs. Des poèmes de Nerval (estimation 80-100 000 francs), de Mallarmé et de Paul Valéry (18-20 000 francs chacun), de Radiguet (60-80 000 francs) sont particulièrement intéressants, ainsi que cinq lettres à Lou par Guillaume Apollinaire, accompagnées de dessins et de poèmes.

Collections particulières
Avril est le mois du Salon du dessin, et deux ventes importantes sont consacrées à cette spécialité, le 24 avril par l’étude Millon-Robert, et le 25 avril chez Me Tajan. Bruno de Bayser est l’expert de ces deux dispersions qui réunissent des pièces de qualité. Le 24 avril, un grand volume sur le sacre de Napoléon, illustré de gravures d’après Isabey et Fontaine, et "truffé" d’aquarelles de Fontaine, devrait atteindre 500 à 600 000 francs. Figurent également dans la vacation, un beau dessin de Fragonard, quatre aquarelles de fleurs par Nicolas Robert (1614-1685), estimées 40 à 50 000 francs, et des vues de Paris, Londres et de villes italiennes par Victor Jean Nicole (1754-1826). Aquarelles de grand format, la Vue du Louvre et de l’Hôtel de la Monnaie et la Vue du Pont-Neuf et de la Samaritaine sont estimées 120 à 150 000 francs. Le lendemain, Me Tajan proposera un ensemble de 200 dessins anciens provenant "aux 9/10e" de collections particulières. Un exceptionnel dessin d’Ingres, le Portrait de Monseigneur Gabriel Cortois de Pressigny tient le haut du pavé avec une estimation d’un million de francs. Une tête de jeune fille à la sanguine exécutée par Greuze est estimée 60 à 80 000 francs, et une étude de Fragonard d’après Ricci et Castiglione entre 12 et 15 000 francs. Boucher, Guardi, Natoire, Ottavio Leoni, Pillement, Flandrin sont les autres principales signatures de cette dispersion très riche.

Dans le domaine de l’art contemporain, Me Tajan propose, le 29 avril, un ensemble de toiles modernes et abstraites provenant majoritairement de collections privées françaises, américaines et italiennes. Cette vente "test" a pour but de "jauger la place de Paris" et son marché dans ce secteur sinistré par la crise. La pièce majeure est un Petit Paysage sombre de 1948, par Fautrier, estimé 500 à 600 000 francs. Viennent ensuite des œuvres de Pol Bury (100-120 000 francs), Clavé (80-100 000 francs), Matta (une toile de 1966, estimée 250 000 francs), Sam Szafran (un pastel évalué 60-80 000 francs), Warhol, Dubuffet, Ale­chinsky, Hélion, Arman, Erro, Chaissac, Michaux... Le 27 avril, à Versailles, l’étude Perrin-Royère-Lajeunesse-Vergez-Honta consacre également une vente à l’art contemporain avec, entre autres, une œuvre de 1986 de Jean-Michel Basquiat et une importante toile de Tàpies datant de 1958.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°35 du 4 avril 1997, avec le titre suivant : Orientalisme, manuscrits et dessins

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