Mercredi 21 février 2018

Art moderne

Nouveaux records à Londres

Par Armelle Malvoisin · Le Journal des Arts

Le 8 juillet 2010

La capitale du Royaume-Uni affiche de très beaux résultats en art impresssioniste et moderne, malgré quelques invendus surestimés.

LONDRES - Dans la foulée des ventes de mai à New York, les vacations londoniennes d’art impressionniste et moderne ont enregistré d’excellents résultats les 22 et 23 juin chez les deux grands auctioneers. Avec un total de 152,6 millions de livres sterling (183,4 millions d’euros), Christie’s signe le plus haut montant jamais atteint pour une vente aux enchères en Grande-Bretagne. Sotheby’s, qui a enregistré 112,1 millions de livres sterling (134,2 millions d’euros) de produit de ventes pour sa vente du soir à Londres, cumule 340 millions d’euros de chiffre d’affaires en art impressionniste et moderne pour son semestre à Londres, soit un record pour la maison de vente dans cette catégorie. Notons trois records mondiaux chez Sotheby’s : pour Édouard Manet avec un Portrait de Manet par lui-même (vers 1878-1879) vendu 22,4 millions de livres sterling (26,8 millions d’euros), pour André Derain avec Arbres à Collioure (1905), toile fauve sortie du coffre Vollard adjugée 16,3 millions de livres sterling (19,5 millions d’euros), et pour Pierre Bonnard avec Le Petit Déjeuner, radiateur (1930), tableau emporté pour 6,2 millions de livres sterling (7,4 millions d’euros).
Si le Derain et le Bonnard sont partis haut la main, le Manet a tout juste atteint son prix de réserve. « La qualité, la fraîcheur et la provenance sont les maîtres mots d’une vente à succès », souligne Samuel Valette, directeur du département d’art impressionnisme et moderne à Paris chez Sotheby’s. Et d’ajouter : « Ça peut coincer quand les estimations sont trop ambitieuses. »

Surexcitation des vendeurs
Si l’embellie du marché au premier semestre 2010 a créé une surexcitation chez les vendeurs, les acheteurs n’aiment pas qu’on leur force la main. Estimé outrageusement 600 000 à 800 000 livres sterling, un très beau pastel de Degas de 1885, qui n’avait pas été vu depuis quatre-vingts ans, en a fait les frais. Chez Christie’s, le tableau phare de la vente, Nymphéas (1906) de Claude Monet, est aussi resté invendu. Son estimation de 30 à 40 millions de livres sterling a fait peur. Également estimé 30 millions de livres sterling minimum, le Portrait d’Angel Fernández de Soto (1903), chef-d’œuvre de la période bleue de Pablo Picasso, s’est vendu pour 34,8 millions de livres sterling (41,8 millions d’euros). Ce tableau avait été acquis 29,1 millions dollars (21,5 millions d’euros), le 8 mai 1995 à New York chez Sotheby’s, par la Andrew Lloyd Webber Foundation qui a donc doublé sa mise, suivant l’évolution des prix pour l’art moderne.

SOTHEBY’S, 22 JUIN
- Estimation : 100 à 148 millions de livres sterling (120 à 177 millions d’euros)
- Résultats : 112,1 millions de livres sterling (134,2 millions d’euros)
- Nombre de lots vendus/invendus : 35/16
- Lots vendus : 69 %
- Pourcentage en valeur : 83,5 %

CHRISTIE’S, 23 JUIN
- Estimation : 160 millions de livres sterling (192 millions d’euros)
- Résultats : 152,6 millions de livres sterling (183,4 millions d’euros)
- Nombre de lots vendus/invendus : 46/16
- Lots vendus : 74 %
- Pourcentage en valeur : 74 %

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°329 du 9 juillet 2010, avec le titre suivant : Nouveaux records à Londres

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