Mercredi 19 février 2020

New York sous le charme asiatique

L’Asian Art Fair dope les ventes de Christie’s et Sotheby’s

Le Journal des Arts

Le 1 mai 1996 - 467 mots

Les ventes d’art asiatique organisées à New York par Christie’s et Sotheby’s du 25 au 30 mars ont connu un succès d’autant plus remarquable que les lots proposés manquaient pour la plupart singulièrement d’éclat.

NEW YORK - Les deux grandes manifestations organisées autour de l’art asiatique à New York – l’exposition au Metropolitan Museum des trésors d’art chinois du National Palace Museum de Taipei, et l’Asian Art Fair à l’Armory – ont, comme prévu, attiré la quasi-totalité des marchands spécialisés de New York dans les salles de vente. Les vacations de la semaine, sans grand relief, comprenaient généralement moins de 400 lots. À deux exceptions près, aucun n’a dépassé les 300 000 dollars. C’est Christie’s qui a réalisé les meilleurs résultats, confortant ainsi sa prédominance dans ce secteur, même si Sotheby’s a réussi à se tailler une belle part du marché et s’imposer avec succès à New York, aux dépens de Londres.

Sotheby’s a obtenu pendant la semaine son résultat le plus élevé depuis qu’elle organise des ventes d’art indien et du sud-est asiatique (2 671 872 dollars, soit 13,6 millions de francs). Le record a été établi par un paravent coréen du XIXe siècle, composé de dix panneaux peints sur soie – estimé entre 900 000 et 1,2 million de dollars –, qui a réalisé à lui seul la moitié du produit de la vente en partant à 1 157 500 dollars (5,9 millions de francs) sur enchère téléphonique. La plupart des lots de la vente d’art japonais ont trouvé preneur en raison d’estimations très raisonnables. Un paravent à six panneaux du XVIe siècle, de l’école Sesshu, estimé entre 250 000 et 350 000 dollars, a été acquis 387 500 dollars (1,9 million de francs) par un collectionneur privé.

Chez Christie’s, l’adjudication la plus forte de la petite vente d’art indien est allée à un groupe en bronze de la seconde moitié du XIIe siècle (dynastie Chola de l’Inde du Sud) représentant Rukmini, Krishna et Satyabhama : il a été acheté 244 500 dollars (1,2 million de francs) par la galerie new-yorkaise The Chinese Porcelain Co., pour une estimation de 220 000 à 270 000 dollars. La vente de céramiques et d’objets d’art chinois a totalisé 3 356 099 dollars (17 millions de francs). À l’exception des meubles chinois, les ventes se sont maintenues à un haut niveau, et les plus beaux lots ont même dépassé leurs estimations. Ainsi, un Meiping en cuivre rouge de l’époque Yongzheng a été adjugé 255 500 dollars (1,3 million de francs) à un marchand de l’Asie du Sud-Est qui enchérissait par téléphone, dépassant largement son estimation de 80 000 à 120 000 dollars. La vente d’art du Japon a rapporté de son côté 2 789 228 dollars (14,2 millions de francs), un résultat moyen en regard des 553 lots proposés.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°25 du 1 mai 1996, avec le titre suivant : New York sous le charme asiatique

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