Vendredi 23 février 2018

New York s’enflamme...

L’Armory Show a connu une de ses meilleures éditions

Le Journal des Arts

Le 23 juin 2008

Soutenu par une conjoncture économique favorable, l’International Fine Art and Antique Dealers Show, qui s’est tenu à New York du 15 au 21 octobre, a connu une de ses meilleures éditions. Plusieurs marchands, notamment des spécialistes de l’Art déco comme les Vallois, ont vendu la plupart des pièces sur leur stand dès la soirée de vernissage et d’autres dans les deux premiers jours du salon.

NEW YORK (de notre correspondante) - Brian et Anna Haughton, organisateurs du salon, ont une fois encore remporté un franc succès en accueillant les plus grands marchands internationaux au Seventh Regiment Armory pour l’International Fine Art and Antique Dealers Show. Dès le deuxième jour, plusieurs exposants avaient déjà vendu la presque totalité de leur marchandise. Pour sa première participation, le Londonien Richard Philp s’est séparé d’un portrait peint en 1600 de deux jeunes sœurs vêtues de robes élisabéthaines (100 000 dollars), d’un saint Jean en bois sculpté du XIVe siècle à la polychromie intacte (60 000 dollars), et d’un nu du peintre franco-britannique Edward Le Bas (37 000 dollars). Le Bruxellois Philippe Denys a cédé 70 % des œuvres qu’il présentait, dont de nombreuses pièces d’argenterie signées Hoffmann, Jensen et Puiforcat. Deux flûtes à champagne de Hoffmann ayant appartenu à Andy Warhol ont été achetées 60 000 dollars. “On note cette année une forte demande pour l’argenterie relativement tardive, celle de l’Italien Albini par exemple, ainsi que pour les céramiques non vernissées du Danois Patrick Nordstrom (1870-1929)”, remarque l’antiquaire. Les céramiques aux couvercles raffinés fabriquées par le bronzier de la couronne Knud Anderson (1875-1940) ont atteint des prix allant de 6 000 à 9 000 dollars, et plus d’une dizaine de pièces ont été réservées. “En règle générale, la demande est assez ciblée chaque année, privilégiant soit le mobilier, soit les objets décoratifs, a déclaré Henry Neville, directeur de Mallett, mais cette année, les deux se sont très bien vendus”. Une paire d’éléphants en pierre, travail anglais du XIXe siècle, est partie à 70 000 dollars, signe de l’engouement actuel à New York pour les décorations de jardin.

Giacometti, Rateau et Groult
En ce qui concerne le mobilier, la mode est au “Haut Modernisme”, comme l’appellent les Américains. Bob et Cheska Vallois, qui viennent d’ouvrir une galerie à Manhattan avec Barry Friedman, ont vendu les deux tiers du mobilier exposé dès leur soirée inaugurale. Ils ont réitéré leur exploit lors de la foire en cédant, quelques heures après l’ouverture, deux rares lampes en plâtre d’Alberto Giacometti au prix exceptionnel de 113 000 dollars (environ 689 000 francs). Deux lampes de chevet en bronze de Rateau, une lampe laquée de Jean Dunand, ainsi que deux guéridons d’André Groult ont tous été acquis par des clients américains.

Une console en cuivre doré de Jean Royère, vendue par Ciancimino pour plusieurs centaines de milliers de dollars, témoigne de l’enthousiasme des Américains pour les créations au design raffiné du Français. Parmi les marchands de tableaux, moins nombreux cette année, Philippe Cazeau et Jacques de la Béraudière ont noté un réel intérêt pour la peinture. Nature morte à la bouteille de vin rouge de Pierre Bonnard, réalisée dans une palette d’orange, de jaune vif et de gris blanc, a été achetée à plus d’un million de dollars. Jacques de la Béraudière indique qu’une petite gouache de Bonnard représentant un bouquet de fleurs et le célèbre paysage surréaliste de Max Ernst, La Nuit Sans End (1940), ont également trouvé acquéreur.

Les pièces archéologiques ont elles aussi eu du succès. Les haches égyptiennes du paléolithique supérieur sont très demandées actuellement. Frederick Schultz en a vendu quatre à moins de 5 000 dollars chacune. “Le Metropolitan Museum of Art s’en est séparé dans les années quarante, a-t-il déclaré. Aujourd’hui, les clients les voient plutôt comme des sculptures.”

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°92 du 5 novembre 1999, avec le titre suivant : New York s’enflamme...

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