Dimanche 22 septembre 2019

New York : Magritte en grand format

Le Journal des Arts

Le 1 juillet 1994 - 1025 mots

Parmi les rares grands formats commandés à Magritte figure une peinture de 77 mètres pour la grande salle circulaire du casino de Knokke-le-Zoute. Magritte fit des études détaillées de format modeste, qu’une équipe de copistes professionnels exécuta. Il créa une suite de huit peintures de 67 cm x 135 cm chacune, qu’il intitula Le Domaine enchanté, restées longtemps inaccessibles au public, mais on peut les voir jusqu’au 22 juillet chez Gagosian, uptown.

Dans son garage de Wooster Street, downtown, M. Gagosian a installé une gigantesque sculpture de Henry Moore en marbre de Carrare. Réalisée entre 1969 et 1974, Reclining Connected Forms, avec ses huit mètres de long et deux mètres et demi de haut, figure parmi les plus grandes pièces en pierre de Moore. Chez Marian Goodman, une exposition de sculptures occupe pendant tout le mois les deux espaces de la galerie. Ont été retenues des œuvres de Sherrie Levine, Rebecca Horn, Christian Boltanski, Anselmo Orozco et Thomas Schütte.
Chez Cohen, et jusqu’au 28 juillet, on verra le travail de plusieurs sculpteurs, mais pas en trois dimensions. Drawing On Sculpture présente des œuvres sur papier de Matthew Barney, Michele Grey, Marcel Duchamp, Damian Hirat et Louise Bourgeois – l’exposition spectaculaire de son travail des dix dernières années continue au Brooklyn Museum, jusqu’au 31 juillet. Chez Lelong, une rétrospective des œuvres murales de Donald Lipski est prolongée jusqu’au 29 juillet.

Chez Phyllis Kind, Sheba Rosa, artiste autodidacte, propose sa première exposition personnelle (jusqu’au 29 juillet). Rita Ackerman, qui n’a pas encore trente ans, expose elle aussi pour la première fois chez Andrea Rosen (8 juillet-12 août).
On trouvera des œuvres des débuts – à partir des années 60 – du peintre abstrait français Georges Nœl, à Zabriskie du 13 juillet au 17 août.

Célèbre dans son pays, mais très confidentiel en Amérique, Kim Hyung-Dae propose des toiles abstraites récentes chez Elga Wimer du 9 juillet au 6 août. Et chez Marisa del Re, Chi Gyun Oh examine les plaies et l’aliénation urbaines dans des toiles expressionnistes d’une facture véhémente (jusqu’au 29 juillet). Enfin la dernière production de l’infatigable Julian Schnabel – les Egyptian Paintings inspirés par Jane Birkin – se déploie chez Pace, downtown, jusqu’au 9 septembre.

Uptown, Pace fait souffler un blizzard de White Works de Chamberlain, Nevelson, Flavin et, bien sûr, Robert Ryman (8 juillet-2 septembre), et Nancy Hoffman programme les œuvres en série de plusieurs de ses poulains : Don Eddy, Viola Frey, Raphael Ferrer et Caroline Brady (jusqu’au 26 août). Cet été marquant le 25e anniversaire des émeutes de Stonewall et le début du mouvement du Gay Pride, Lennon-Weinberg a conçu Truth Be Told : It’s All About Love (jusqu’au 29 juillet). L’exposition réunit une cinquantaine d’artistes, dont Mary Lucier, Hugh Steers, Billy Sullivan, Nancy Grossman, Mark Avers, Carmengloria Morales et Thomas Woodruff. Chez Beitzel, les quatre participants ont seulement en commun de vivre tous ailleurs. On pourra voir des œuvres de Radcliffe Bailey, Nate Fors, Ken Kelly et Amalio Torti jusqu’au 16 juillet. À Threadwaxing Space, Robert Reynolds et Thomas Zummer ont monté Crash, où une phalange d’artistes explore le territoire toujours largement fréquenté qu’on appelle "art-et-technologie".

Penine Hart a rassemblé des œuvres de Cora Cohen, Suzanne McClelland, Dona Nelson, Lauren Szold et Jack Whiten sous la rubrique Mirage, jusqu’au 15 juillet. Ted Bonin, chez Brooke Alexander, a choisi des œuvres de quinze artistes pour Drawn in the 1970s (jusqu’au 12 août). Bruce Connor, Ree Morton, Markus Raetz et Hanne Darboven sont de la partie. Associated American Artists vient d’ouvrir Portfolios – des gravures et des séries d’artistes comme Jim Dine, Robert Motherwell, Antoni Tàpies et Richard Diebenkorn (jusqu’au 9 septembre). Chez José Friere, on a voulu se faire la surprise de l’été. Il y a quelques semaines, les responsables ont envoyé un formulaire à des artistes et des amis des galeries, musées et universités de la région de Los Angeles leur demandant de leur soumettre les œuvres qu’ils voudraient, du moment que leur format ne dépassait pas 23 cm x 28 cm. L.A. Mail regroupe tout ce qui est arrivé par retour de courrier (vernissage le 16 juillet et visible jusqu’à la fin août).

L’été, avec ses activités paresseuses et ses rivages mouchetés de soleil, est jusqu’au 28 juillet chez Tibor DeNagy, où Sun and Sea nous offre des idylles de Fairfield Porter, Nell Blaine, Charles Demuth, Louis Eilshimius et, entre autres, de la poétesse Elizabeth Bishop.Des peintures figuratives, dans lesquelles les modèles n’ont pas forcément ôté tous leurs vêtements occupent les murs de Salander-0’Reilly (jusqu’au 3 août). Parmi elles, des œuvres de Robert de Niro, Euan Uglow, Leland Bell et Louisa Matthiasdottir. En revanche, à Midtown-Payson, on a enlevé le haut comme le bas dans Who Needs a Bathing Suit Anyway ? (jusqu’au 17 août). Paul Cadmus est là, avec un groupe énigmatique agglutiné autour de la douche extérieure, et l’on doit d’autres scénarios de nus à Larry Rivers, Tom Wesselman, George Platt Lynes, Guy Pene du Bois et Mary Frank.

Sur la ligne de front domestique, et jusqu’au 10 août, Frumkin/Adams fait le tour des lieux avec Around the House, des peintures, dessins et photographies célébrant le quotidien et le ménager. Certaines œuvres émergent des profondeurs des réserves de la galerie, d’autres sont inédites. Des pièces de Jack Beal, Jeremy Eagle, Diane Edson, Robert Arneson et Gaylen Hansen sont visibles. Il y a aussi un grand dessin au fusain d’Alfred Leslie, montrant un intérieur éclairé par le scintillement d’un écran de télévision. L’œuvre rappelle aux visiteurs que Howard Wise ouvrait là, dans les années 60, sa galerie novatrice, la première à se spécialiser dans l’art qu’on pouvait faire apparaître en appuyant sur un bouton.

C’est en 1969 qu’il monta sa première exposition d’art vidéo, donnant à ce médium, sans l’aide de personne, ses lettres de noblesse en tant que matériau artistique légitime. Le Whitney Museum commémore jusqu’au 7 août cette exposition pionnière dans "The Howard Wise Gallery : TV as a Creative Medium, 1969". Nam June Paik, qui figurait dans la première exposition, a conçu une nouvelle œuvre pour celle-ci, où Howard Wise en personne apparaît sous les traits d’un robot derrière un bureau fait d’écrans de contrôle.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°5 du 1 juillet 1994, avec le titre suivant : New York : Magritte en grand format

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