New York : les grandes ventes d’art moderne et contemporain

Par Roxana Azimi · L'ŒIL

Le 1 mai 2005

Les ventes new-yorkaises de mai comptent parmi les grands rendez-vous de l’art du XXe siècle. Bien que le secteur moderne se raréfie de jour en jour et que le contemporain ne soit pas aussi extensible que d’aucuns le penserait, les moissons des salles de ventes réservent à chaque fois leurs lots de chefs-d’œuvre et consécutivement de prix records. Le 3 mai, Sotheby’s ouvre le feu avec Wei Reiter und liegende Gestalt (1909-1910), un tableau de Kandinsky que l’artiste avait donné à son ami le peintre expressionniste Alexej von Jawlensky. Pour cette pièce, dont le pendant se trouve dans les collections du Minneapolis Institute of Arts, Sotheby’s table sur l’estimation coquette de 15 à 25 millions de dollars. Rappelons qu’une Étude pour le déluge de 1912 issue de la collection Hester Diamond était restée invendue en novembre dernier sur une estimation de 20 à 30 millions de dollars. Sotheby’s a cette fois mis de l’eau dans son vin pour une œuvre autrement plus importante, mais la barre semble encore élevée. De son côté, Christie’s propose le lendemain une partie des collections du musée Maspro au Japon, notamment Les Grands Arbres au Jas de Bouffan (1885-1887) de Cézanne. Une œuvre dont la maison de ventes attend 12 à 16 millions de dollars. Le clou de la vente sera sans doute une sculpture de Brancusi baptisée Oiseau dans l’espace (estimation 8-12 millions de dollars). Réalisée vers 1922-1923, cette sculpture sophistiquée siégeait depuis 1937 dans une collection privée européenne.

Contemporain d’après-guerre
Côté contemporain, les deux maisons rivales semblent campées sur l’après-guerre, laissant à Phillips le soin de monter des ventes très trendy dans ses locaux de Chelsea. Le 10 mai, Sotheby’s propose une pièce iconique d’Andy Warhol, Liz (1963), hommage à Elizabeth Taylor, pour l’estimation de 9 à 12 millions de dollars. Une toile de cette série avait décroché 3,2 millions de dollars en novembre 2001 chez Sotheby’s. Le tableau proposé en mai est le seul de la série de treize toiles dédiées à l’actrice à compter un fond rouge ardent. Cerise sur le gâteau, il n’a pas quitté depuis 1965 les murs de son propriétaire actuel. La maison de François Pinault fait la part belle le 11 mai aux expressionnistes abstraits avec un ensemble d’œuvres issues d’une collection privée new-yorkaise et vendue par le Jewish Communal Fund dans un de ces gestes philanthropiques dont les Américains ont le secret. Une toile de De Kooning de 1949 baptisée Sail Cloth (8-12 millions de dollars) et un Franz Kline de 1958, The Crow dancer (4-6 millions de dollars), comptent parmi les œuvres phares de cette dispersion.

NEW YORK, 3-4 mai, Sotheby’s, 1334 York Avenue-72nd Street, tél. 212 606 7000. 4 et 11 mai, Christi’es, Rockefeller Center, tél. 212 636 2000.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°569 du 1 mai 2005, avec le titre suivant : New York : les grandes ventes d’art moderne et contemporain

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