Lundi 17 décembre 2018

New York : le retour de Brice Marden

Le Journal des Arts

Le 1 octobre 1995 - 540 mots

Du 13 octobre au 14 janvier, Mathew Marks propose la plus grande exposition Brice Marden organisée à New York depuis plus d’une décennie : 9 toiles et 7 dessins de grand format, commencés en 1991 et achevés cette année, auxquels s’ajoutent 32 nouveaux dessins de petites dimensions.

On y voit l’évolution du travail de l’artiste : celui-ci s’est dégagé de la calligraphie chinoise, qui influençait encore ses peintures présentées à la récente Biennale du Whitney, au profit d’une esthétique au trait plus généreux et du retour à la palette vibrante de ses études pour la cathédrale de Bâle, réalisées il y a plus de dix ans.

Des expositions au Stedelijk Mu­seum à Amsterdam, à l’IVAM à Valence et à la Fondation Cartier à Paris témoignent de l’accueil réservé par l’Europe à l’artiste américain James Lee Byars. Avec du papier de soie japonais rouge et des étoffes noires, Byars créée des pièces sereines et contemplatives, dont la qualité s’impose avec une ténacité subtile. On en jugera chez Michael Werner jusqu’au 21 octobre.

Robert Mapplethorpe n’était pas le seul "mauvais garçon" de la photographie dans les années soixante-dix et quatre-vingt, juste le plus scandaleux. Jimmy De Sana a réalisé à la même époque des photographies qui avaient l’intensité crue et brutale des images de Mapplethorpe, sans jamais perdre de leur singularité incisive. Employant des motifs pornographiques, usant de techniques héritées de Man Ray et Duchamp, De Sana juxtaposait dans ses images la sensibilité exacerbée du sadomasochisme et la banalité surréelle des banlieues. Pat Hearn propose une rétrospective de son œuvre jusqu’au 22 octobre.

Depuis plusieurs années, Lorna Simpson crée des pièces à l’aide de techniques mixtes, explorant l’image qu’ont d’elles-mêmes les femmes afro-américaines. Ses dernières lithographies sur feutre poursuivent cette enquête à la Sean Kelly Gallery, le nouvel espace ouvert par l’ancien directeur du L. A. Louver de New York. Du 10 octobre au 18 novembre.

Chez Mary Boone, jusqu’au 21 octobre, le travail récent de Bill Jensen, "l’artiste culte de la jeune génération de peintres abstraits", se distingue par un sens puissant de la couleur et de la forme au service de paysages abstraits. Superposant avec application les couches de couleur, Jensen suggère une ligne d’horizon, la lumière diurne, l’obscurité et les lentes métamorphoses des saisons. Plus extériorisée à la fin des années soixante-dix et au début des années quatre-vingt, l’œuvre de ce pionnier du modernisme américain a gagné en sensibilité.

Directeur éditorial de Condé Nast – qui édite, entre autres, le magazine Vogue –, Alexander Liberman a exercé sur la presse des trente dernières années une influence décisive en matière de direction artistique. Il expose chez Andre Emmerich de nouvelles aquarelles, qui reviennent aux formes prédominantes de son travail antérieur – les cercles – tout en incorporant la dynamique plus déliée des dessins au fusain de la fin des années quatre-vingt. Du 5 octobre au 28 octobre.

À noter également : les nouvelles photographies de Boyd Webb à la Sonnabend Gallery (jusqu’au 21 octobre), les dessins et sculptures de Barry Ratoff à la Morris Healy Gallery (du 12 octobre au 9 novembre), Kiki Smith et George Condo chez Pace Wildenstein (jusqu’au 21 octobre), Jackson Pollock chez Jason McCoy (jusqu’au 28 octobre) et Sigmar Polke chez David Zwirner (jusqu’au 14 octobre).

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°18 du 1 octobre 1995, avec le titre suivant : New York : le retour de Brice Marden

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