Vendredi 16 novembre 2018

SVV Tajan

Motte au top

Par Armelle Malvoisin · Le Journal des Arts

Le 17 mars 2006 - 626 mots

Succès d’estime pour le design français de l’après-guerre.

 PARIS - La vente de design baptisée « Fonctionnalisme et modernité en France, 1945-1975 » qui s’est tenue le 28 février à l’Espace Tajan, à Paris, et dont l’objectif était de promouvoir le design français de l’après-guerre encore peu connu et référencé, n’aura remporté qu’un succès d’estime. Une foule de visiteurs (qui ne s’est pas muée en horde d’enchérisseurs) s’était déplacée pour l’événement, soit un public relativement jeune, composé en grande partie de professionnels des Puces et du quartier parisien de la rive gauche. « Ce n’était pas une vente facile. Et, si nous avons atteint notre objectif financier de 650 000 euros, nous ne sommes pas parvenus à mettre Caillette en valeur comme nous le souhaitions », commente l’expert Jean-Jacques Wattel.
Une cinquantaine de lots de la succession du designer français René-Jean Caillette (1919-2004), au cœur de la vacation, n’a pas vraiment décollé. Le canapé biplace dessiné en 1964 à la coque en stratifié thermoformé laqué blanc habillée de trois coussins de cuir fauve piqué sellier et capitonné est parti à 8 633 euros, dans son estimation. La table basse formant bar a été adjugée 1 480 euros et le prototype d’une bibliothèque composée de sept étagères et de dix-huit modules en contreplaqué moulé laqué blanc est monté à 3 946 euros. La salle s’est pourtant enflammée un instant pour une petite étagère murale en acier chromé de forme simple, estimée 500 euros et vendue 4 440 euros à un marchand français. De l’avis de Jean-Jacques Wattel, « c’est le matériau qui a été ici plébiscité ».
Une spectaculaire bibliothèque en acajou et placage d’acajou de Janette Laverrière (née en 1909), composée de sept montants fuselés percés d’orifices bordés de laiton et agrémentée d’étagères modulables et réglables et de quatre caissons, a atteint 10 480 euros, atteignant à peine son estimation basse. Mais la plus grosse déception est venue d’un ensemble d’une vingtaine de pièces de mobilier de Jacques Dumond (1906-1988) provenant d’un hôtel particulier parisien. L’important meuble de rangement en frêne et placage de merisier reposant sur une base de bois gainé de travertin a été vendu 11 720 euros, à peine son estimation basse, de même que pour les quelques autres pièces qui ont trouvé preneur. Plus d’une douzaine de lots du designer a en effet été ravalée.

25 % de particuliers
La vraie vedette de la vacation aura finalement été Joseph-André Motte (né en 1925). « Nous avons eu de beaux résultats sur ce designer qui a la faveur du public », reconnaît l’expert. Le fauteuil Catherine de 1952 (Rougier éditeur) avec sa coque circulaire en moelle de rotin tressé et son piétement métallique tubulaire laqué noir est parti sans surprise à 5 550 euros. Surtout, une rare paire de fauteuils tripode de 1949 à rotule métallique centrale et assise en rotin tressé à deux ouvertures latérales, estimée 6 000 euros, s’est envolée à 18 500 euros, et une large table basse à plateau circulaire en placage d’ébène de macassar et piétement métallique de section carrée, estimée 4 000 euros, a été emportée 22 815 euros. Une table de 1964 à piétement en X en acier inox et son plateau ovale de 245 cm de long en marbre blanc veiné de gris est montée au double de son estimation, à 8 880 euros. Les acheteurs se sont aussi un peu lâchés sur trois luminaires de Motte, adjugés au double de leurs estimations.
D’après les statistiques de la maison de ventes, les deux tiers des achats sont français et 25 % des enchérisseurs étaient des particuliers.

Design

- Résultat : 657 500 euros - Experts : Jean-Jacques Wattel assisté de Patrick Favardin et Stéphane Danant - Lots vendus : 62 % - Nombre de lots vendus/ravalés : 195/120

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°233 du 17 mars 2006, avec le titre suivant : Motte au top

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