Mercredi 17 octobre 2018

Joaillerie

Monaco tout en discrétion

Par Armelle Malvoisin · Le Journal des Arts

Le 3 septembre 2009 - 728 mots

Les ventes aux enchères estivales de bijoux ont connu une baisse sur le Rocher.

MONACO - Du 27 au 29 juillet se sont tenues les vacations annuelles de bijoux et de montres à Monaco, sous l’égide des maisons Artcurial et Tajan. Seulement 6,8 millions d’euros de produit de ventes y ont été enregistrés cette saison. Un résultat guère brillant si l’on considère les 10,8 millions d’euros réalisés à l’été 2008 et les 13 millions d’euros de recettes cumulées dans ces deux spécialités à la même période en 2007. Véritable art de vivre sur le Rocher, la joaillerie a un peu pâti de la morosité économique internationale. L’offre des deux sociétés de ventes était moins importante cette année, en nombre de lots et en valeur. Les grands absents ont été les gros et beaux diamants. Les vacanciers (et donc les acheteurs) ont aussi été moins nombreux sous le soleil de Monaco et les achats  globalement moins dispendieux. La baisse du chiffre d’affaires a été plus nette chez Artcurial, qui, avec 1,8 million d’euros de ventes de bijoux, accuse une chute de près de 60 % en valeur par rapport à sa performance de l’an passé dans ce secteur.
La vacation de bijoux chez Tajan affiche un montant double  – soit 3,7 millions d’euros (mais 20 % de moins qu’en 2008) –, bien qu’ayant eu lieu après la vente de son concurrent. La sélection proposée par la maison Tajan était plus attractive, combinant pièces de charme et bijoux signés issus de collections particulières, avec des estimations souvent attractives. « C’est toujours difficile de se faire une idée de ce qui va plaire à Monaco, indique Chantal Beauvois, l’expert en bijoux de la maison Tajan. Néanmoins, on constate que jouent beaucoup la signature et la qualité, mais aussi la rareté ou l’originalité d’un bijou. » Une parure signée Sterlé, en diamants et perles de culture, comprenant un collier cravate à transformation, une broche nœud à transformation, un bracelet turban et une paire de pendants d’oreilles, a été adjugée 85 600 euros. Illustrant la couverture du catalogue, un collier en diamants Art déco à transformation, signé Cartier, s’est vendu « seulement » 118 400 euros, son estimation basse. Cette pièce très raffinée n’était pas assez « show off » pour le goût local. Tel ne fut pas le cas d’un collier rivière de diamants (vers 1900) aux quatre pierres centrales de taille ancienne pesant plus de 5 carats chacune, estimé 140 000 euros et envolé à 241 100 euros. Chez Artcurial, la plus haute enchère en joaillerie porte sur une paire de pendants d’oreilles sertie de deux diamants de 17,7 carats, estimée 70 000 euros et envolée à 114 500 euros. Mais pour plus de 230 bijoux (85 % des lots de la vente), le marteau est tombé à moins de 10 000 euros.

Effet collection pour  les montres-bracelets
« Ce fut d’autant plus difficile cette année que nous n’avions pas de pierre rare, ni de bijoux important autour de 30 000 euros, commente François Tajan, coprésident d’Artcurial et commissaire-priseur de la vente. Cela a été plus aisé pour les montres dont le marché est en pleine expansion, en raison d’un phénomène de collection [lire p. 30]. » Artcurial réalise des résultats prometteurs dans ce domaine depuis deux ans, notamment grâce au concours de l’expert Romain Réa. Une montre-bracelet Rolex Daytona Paul Newman (vers 1968) a été emportée pour 65 000 euros, son estimation haute. Chez Tajan, cette spécialité est au contraire en pleine régression, à la suite du départ de son expert Geoffroy Ader, qui a pris depuis 2008 la direction du département horlogerie de Sotheby’s à Genève. Pour redonner un coup de fouet à ses ventes de montres, la société Tajan devra s’attacher les services d’un nouveau spécialiste.

Artcurial, bijoux, 27-28 juillet
Estimation : 4,8 millions euros
Résultats : 1,8 million euros
Nombre de lots vendus/invendus : 276/349
Lots vendus : 44 %

Artcurial, horlogerie, 28 juillet
Estimation : 1,4 million d’euros
Résultats : 970 000 euros
Nombre de lots vendus/invendus : 157/119
Lots vendus : 57 %

Tajan, bijoux, 29 juillet
Estimation : 4,5 millions d’euros
Résultats : 3,7 millions d’euros
Nombre de lots vendus/invendus : 356/208
Lots vendus : 63 %

Tajan, montres coll. Ted Lapidus, 28-29 juillet
Estimation : 1 million d’euros
Résultats : 377 000 euros
Nombre de lots vendus/invendus : 72/78
Lots vendus : 48 %

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°308 du 4 septembre 2009, avec le titre suivant : Monaco tout en discrétion

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