Monaco, les Américains font défaut

Malgré la haute qualité des objets, les ventes sont restées ternes à la Biennale

Le Journal des Arts

Le 29 août 2003

La principauté de Monaco a accueilli durant la première quinzaine du mois d’août la XVe Biennale des antiquaires et les traditionnelles ventes de bijoux de la maison Tajan. Morosité économique, canicule et absence des clients américains ont affecté le faste des événements.

MONTE-CARLO - La bonne humeur estivale reste de mise. Même s’ils ont accusé le coup d’une raréfaction de la clientèle, et de son manque d’inclination à l’achat, les exposants de la XVe Biennale des antiquaires de Monaco et les spécialistes des ventes de bijoux de la maison Tajan ne se plaignent pas de leur sort. Ils s’attendaient à pire. Un faible taux de réservation dans les somptueux hôtels de la principauté, le report du légendaire bal de la Croix-Rouge, pour cause, murmure-t-on, de participation réduite, la mauvaise conjoncture économique internationale et la quasi-parité entre le dollar et l’euro : rien ne laissait présager des résultats exceptionnels pour les traditionnels rendez-vous du marché de l’art qui rythment, au début du mois d’août, la saison sur la Riviera.
La maison de ventes Tajan avait anticipé la situation. Au catalogue de ses trois vacations des 5 et 6 août, au salon Bellevue du Café de Paris, ne figuraient que des bijoux faciles à porter et pas trop onéreux. Selon les organisateurs, ce catalogue reflète l’état du marché. La vente, toujours selon eux, a remporté un vif succès. La pièce maîtresse était estimée entre 135 000 et 150 000 euros. Ce collier en or gris, grosse tresse de diamants souples (109 carats en tout) bordée de fleurs de saphirs taillés en poire, est parti pour 144 396 euros. Une bague sertie d’un diamant marquise de 12,66 carats (estimée entre 57 000 et 60 000 euros), a été adjugée 79 417 euros. Essentiellement fréquentée par des clients italiens, la vacation a été l’occasion pour un amateur d’acquérir pour 24 066 euros une sobre broche en diamants de Van Cleef and Arpels des années 1950, reproduite dans un ouvrage sur le joaillier, estimée entre 22 000 et 30 000 euros.
Côté Biennale, la morosité attendue n’a pas affecté la qualité des œuvres présentées chez la trentaine d’exposants réunis, du 1er au 17 août, dans les salons Art déco du Sporting d’Hiver. De la commode d’époque Louis XV exécutée par Coulon pour le château de Versailles (galerie Segoura) à la Vénus nue allongée peinte par Paolo Schiavo (1329-1478) à l’intérieur d’un coffre de mariage (galerie Luigi Bellini), de la suite de tapisseries de Bruxelles du XVIIe siècle retraçant l’éducation équestre de Louis XIII (galerie Flore), aux chevaux chinois en terre cuite des VIIe et VIIIe siècles de la Chinese Porcelain Company, sans oublier le tableau de Basquiat présenté par Sophie Scheideker et les Chagall de la galerie Boulakia, les stands présentaient majoritairement des œuvres de très grande qualité.
Les exposants ont constaté une fréquentation en baisse, l’absence presque totale des clients américains et la raréfaction des orientaux. Les Russes, traditionnellement friands de joaillerie (et cette biennale ne manquait pas de belles pièces), étaient au rendez-vous. Malgré l’intérêt des amateurs, essentiellement français, italiens, belges, anglais et hollandais pour les pièces les plus importantes, ces dernières n’ont pas trouvé preneurs durant la quinzaine. Les ventes n’ont cependant pas été rares. Chez Segoura et Perrin, on admet avoir cédé plusieurs pièces, meubles, tableaux et objets d’art. La galerie Flore a vendu, entre autres, une Scène d’extérieur du XVIIIe siècle et une console en noyer sculpté d’époque Louis XV. Du côté des tableaux XIXe, la galerie Berko a également concrétisé des ventes, surtout de paysages. Ici et là, des contacts ont été pris pour les pièces exceptionnelles, contacts qui pourraient se concrétiser en septembre.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°175 du 29 août 2003, avec le titre suivant : Monaco, les Américains font défaut

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