Mardi 11 décembre 2018

Tuileries

Marier l’art et le design

Malgré la défection de plusieurs marchands, le Pavillon des arts et du design garde ses fidèles.

Par Roxana Azimi · Le Journal des Arts

Le 16 mars 2010 - 681 mots

PARIS - Si, en 2009, les galeries ont participé sans trop d’hésitation aux salons, 2010 semble être l’année de l’arbitrage. Le changement de calendrier du Pavillon des arts et du design, avancé de quinze jours pour éviter la collision avec le week-end de Pâques, n’a pas été du goût de tous les marchands.

La contiguïté entre la fin de Tefaf, la foire de Maastricht, et le début du montage du Pavillon a provoqué la défection d’Applicat-Prazan (Paris) et de Pierre Marie Giraud (Bruxelles). « C’est matériellement injouable, indique Franck Prazan. En plus, c’est l’année où a lieu la Biennale des antiquaires, et donc il est difficile de trouver des tableaux. » Benoît Sapiro, de la galerie Le Minotaure (Paris), passe aussi la main après six ans de participation.

« Il faut se recentrer sur les choses essentielles, affirme-t-il. À la rentrée, il y aura la FIAC [Foire internationale d’art contemporain] et la Biennale, je ne peux pas tuer le stock juste pour faire les frais. » Le salon attire cependant toujours ses fidèles, tels les Parisiens HP Le Studio, Chahan, Downtown ou Dansk Moebelkunst. Patrice Trigano (Paris) a même préféré participer cette année au Pavillon, zappant de fait Art Paris, que la galerie faisait habituellement en simultané. La nécessité de l’événementiel garantit ce noyau de vétérans.

« À la galerie, il peut se passer des semaines sans qu’il y ait un chat, déplore Yves Gastou (Paris). Sorti des décorateurs, des ventes publiques et des foires, il ne se passe rien de bien fort. » Prenant le contre-pied de la crise, Trigano présentera un stand très coloré, avec des tableaux récents de Bernard Rancillac. « L’une des singularités de la réussite du salon, c’est son emplacement, en prise directe avec les grands hôtels de la rue de Rivoli. Je fais des affaires avec des gens que je ne vois pas habituellement », relève-t-il.

La possibilité de mélanger l’art et le design sur un même stand explique le retour de Jean-Gabriel Mitterrand (Paris) et la venue pour la première fois de son fils, Edward Mitterrand (Genève). « Le salon est moins restrictif que Design Miami, j’ai la possibilité ici de montrer des dessins de [Robert] Longo et des photos de [Hiroshi] Sugimoto, en même temps que des pièces du Studio Job et de Tom Dixon », explique ce dernier. Jean-Gabriel Mitterrand montrera, lui, sa programmation artistique avec Keith Sonnier, mais aussi son pan design avec Maria Pergay et les Lalanne. Surtout, le Pavillon permettra au père et au fils de tester le marché français, dans la perspective de l’ouverture prochaine à Paris d’une galerie commune dédiée au design.

La mixité est aussi de mise à la Galerie Parisienne (Paris), laquelle marie des bijoux signés Boivin ou Cartier avec les tables puzzle des Simonnet. La nouvelle arrivante Diane de Polignac (Paris) allie quant à elle le mobilier scandinave moderniste à la peinture CoBrA. Autre impétrante, Gabrielle Ammann (Cologne) fait cohabiter les meubles de Florian Borkenhagen et les photos d’Hélène Binet représentant l’architecture du MAXXI, le musée d’art contemporain de Rome conçu par Zaha Hadid (lire p. 3). Ou comment boucler la boucle.

Des projets en stand-by

Codirecteur de la Société d’organisation culturelle (SOC), Patrick Perrin caressait l’espoir de créer un nouveau salon en juin à Londres. Il bute toutefois sur des problèmes juridiques. « On n’a pas eu le droit de le faire cette année. Mais à partir de 2011, on pourra avoir un contrat d’exploitation du Berkeley Square pendant trois ans durant le mois de juin », indique-t-il. Le projet est donc sur les rails. Mais ne sera-t-il pas trop tard pour prendre ses marques un an après le lancement de nouveaux salons londoniens ? « Non, les foires qui vont être lancées sont situées loin, dans des quartiers impossibles. Notre mode d’organisation est différent des autres, les gens viendront naturellement chez nous », affirme Patrick Perrin. Pour ce qui est de New York, l’organisateur peine à obtenir des dates opportunes dans le bâtiment de l’Armory Show, occupé en novembre par la foire Modernism Art20. Reste l’idée d’une bouture à Singapour en septembre 2011.

PAVILLON DES ARTS ET DU DESIGN

Organisateur : Société d’organisation culturelle (SOC)
Nombre d’exposants : 80
Tarifs du stand : 550 euros le mètre carré
Nombre de visiteurs en 2009 : 40 000

PAVILLON DES ARTS ET DU DESIGN, 24-28 mars, Jardin des Tuileries, esplanade des Feuillants, 234, rue Rivoli, 75001 Paris,www.pad-paris.com, tous les jours 11h-20h.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°321 du 19 mars 2010, avec le titre suivant : Marier l’art et le design

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