Magritte et la comtesse

Deux ventes de manuscrits

PARIS - Les 151 lettres manuscrites de l’artiste surréaliste belge René Magritte, dispersées le 24 janvier par Me Laurence Calmels, ont dépassé leur estimation de 765 000 francs et atteint, avec les frais, 1 261 668 francs.

Inespéré, le résultat reste néanmoins bien en dessous des 2 millions de francs que le galeriste belge Isy Brachot aurait payés pour la correspondance, à Londres, en 1988. Drôles, intellectuellement provocatrices, et agrémentées dans de nombreux cas par des dessins de l’artiste, les lettres – qui ont été publiées, en 1990, chez Seghers – avaient été adressées entre 1958 à 1967 à l’instituteur, bibliothécaire et poète André Bosmans.

Leur revente, sur ordonnance du tribunal de commerce de Paris, a attiré plusieurs collectionneurs privés d’art contemporain (dont l’éditeur Daniel Filipacchi, l’un des plus gros acheteurs), ainsi que de nombreux marchands d’autographes français, belges et américains. Il n’y a eu aucun rachat.

Geneviève Thibault, qui se glorifiait du titre de comtesse de Chambure, était un mécène respecté et une collectionneuse passionnée de livres de musique. La troisième vente de sa bibliothèque musicale, organisée le 31 janvier par Me Rémi Ader assisté de l’expert Pierre Berès, qui comprenait divers manuscrits de musique du XVIe au XIXe siècle, n’a pas produit de résultats brillants – seuls 113 lots sur 222 se sont vendus, pour un total de 368 350 francs. La plupart sont partis pour quelques milliers de francs, ou moins. Cinq lots ont été préemptés par la Bibliothèque nationale de France, quinze autres ont été acquis par des musées américains, espagnols, danois et italiens.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°23 du 1 mars 1996, avec le titre suivant : Magritte et la comtesse

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