Lundi 10 décembre 2018

Beaussant-Lefèvre

Made in China

Par Armelle Malvoisin · Le Journal des Arts

Le 4 novembre 2005 - 471 mots

Une exceptionnelle vente d’art asiatique devrait séduire les collectionneurs chinois.

 PARIS - Le 18 novembre, à Drouot, l’expert Thierry Portier et la SVV Beaussant-Lefèvre mettront en vente une collection d’art asiatique un peu particulière. En effet, elle réunit plus de deux cent cinquante objets achetés par un grand amateur français entre 1911 et 1920 et conservés dans la famille depuis. « Le collectionneur tenait un registre dans lequel il mentionnait la provenance des pièces. Cette traçabilité est hautement appréciable dans un marché où pullulent les faux », rapporte l’expert. Plus que la sécurité, cette traçabilité va donner une énorme valeur ajoutée aux lots proposés, qui, pour une vingtaine, ont été de plus exposés au Musée Cernuschi, à Paris, à la fin des années 1920. Pour la première fois, un catalogue trilingue français-anglais-chinois a été édité et envoyé aux quatre coins du monde. La collection réunit des bronzes et émaux cloisonnés et des ivoires de l’époque Ming ; des pierres dures des époques Zhou, Song, Yuan, Ming et Qing ; un important ensemble de flacons tabatières des XVIIIe et XIXe siècles ; des boucles de ceintures ; des vases, bols, coupes et fibules ainsi qu’un brûle-parfum et une cloche qui fait la couverture du catalogue.

Collectionneurs chinois
En néphrite blanche céladonnée, à décor sculpté en relief de frises de vajra, fleurs et pétales de lotus avec, à l’intérieur, des caractères sanscrits, cette cloche gantha « dorkhi » du XVIIIe siècle portant la marque « Qianlong » sur son manche est estimée 60 000 à 80 000 euros, tout comme un vase de forme « gu » en bronze doré et émaux cloisonnés à fond bleu. D’époque Yongle/Xuande (1403-1435), ce dernier porte une étiquette en papier avec un numéro d’ordre des collections impériales. Troisième vedette de la vacation, un flacon tabatière du XVIIIe siècle (d’époque Qianlong) des ateliers impériaux, de forme balustre en émail peint à décor polychrome de médaillons de personnages européens, est estimé 70 000 euros. La vente comporte aussi cent soixante-dix flacons tabatières en jade, agate, verre, cristal de roche, ivoire, ambre, néphrite, émail peint, porcelaine, estimés à titre indicatif entre 300 et 10 000 euros pièce. « Il n’y a pas beaucoup de flacons tabatières sur le marché, et ceux-ci intéresseront les quelque quatre cent cinquante gros collectionneurs dans le monde, indique Thierry Portier. Et, après la vente, on saura les vrais prix pour ces objets. » Les enchères pourraient s’affoler grâce aux collectionneurs chinois, si l’on en croit les premiers retours qui ont suivi la diffusion du catalogue. Enfin, de nombreux marchands britanniques ont été sollicités par des particuliers chinois pour enchérir sur certaines pièces.

ART D’ASIE, COLLECTION D’UN GRAND AMATEUR FRANÇAIS, vente le 18 novembre, Drouot, SVV Beaussant-Lefèvre, tél. 01 47 70 40 00 ; exposition : le 17 novembre 11h-18h et le 18 novembre 11h-12h, www.beaus sant-lefevre.auction.fr

ART D’ASIE, COLLECTION D’UN GRAND AMATEUR FRANÇAIS - Expert : Thierry Portier - Nombre de lots : 255 - Estimation totale : 1 million d’euros

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°224 du 4 novembre 2005, avec le titre suivant : Made in China

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