L’or sied à Monaco

Mais l’art est plus difficile

Par Le Journal des Arts · Le Journal des Arts

Le 28 août 1998

À la traditionnelle vente de bijoux organisée les 5 et 6 août à Monte-Carlo, qui a enregistré de bons résultats, l’étude Tajan avait adjoint le 4 août une vente d’art moderne et contemporain qui n’a pas rencontré le même succès.

MONTE-CARLO - La nouveauté d’une vente de tableaux et de sculptures modernes et contemporains – organisée pour la première fois dans la Principauté par l’étude Tajan – peut en partie expliquer les résultats très moyens enregistrés. Elle se tenait pourtant la veille du bal de la Croix Rouge, l’événement mondain de l’été monégasque. Moins de 50 % des 86 lots mis en vente ont trouvé preneur. Quelques bons résultats ont néanmoins été obtenus : une huile sur toile de Renoir, Jardin aux Colettes, est partie à 800 000 francs, et un Nu de femme en buste (1932) de Kisling, à 540 000 francs sans les frais. Du côté des sculptures, une table-berceau basse en bronze réalisée par Diego Giacometti en 1977 s’est vendue 340 000 francs, tandis que deux Tortues topiaires en cuivre (1988) de Claude et François Lalanne faisaient 190 000 francs.

Les ventes de bijoux et d’orfèvrerie des 5 et 6 août, dans les salons de l’hôtel Métropole, ont en revanche séduit la clientèle monégasque. Elles ont réalisé un produit total de plus de 15 millions de francs, contre 12 millions l’an passé. Parmi les pièces exceptionnelles figurait une pendule mystérieuse, dite Le Temple chinois au dragon, en forme de pagode ornée d’un arbre d’or ciselé et d’un dragon, qui a été adjugée 1,3 million de francs sous les applaudissements de la salle. Autre beau résultat pour ces bagues-jumelles en platine signées Mauboussin, l’une sertie d’un diamant de taille émeraude pesant 6,99 carats, l’autre sertie d’une émeraude rectangulaire de 6,5 carats, parties à 400 000 francs sans les frais. Les bijoux des années cinquante et soixante, et particulièrement la grande joaillerie française – Boucheron, Cartier, Van Cleef – connaissent une bonne cote. Un collier rivière en course de feuilles articulées serties de diamants et sa broche pendentif en fleur épanouie, signés Van Cleef, se sont vendus 70 000 francs sans les frais.

La vente d’orfèvrerie comprenait une trentaine de lots qui ont atteint des prix élevés, confirmant la bonne santé de ce marché. Ainsi, un important service de couverts en argent et vermeil à monogramme surmonté d’une couronne princière, réalisé par l’atelier Bolin à Moscou en 1893, a été adjugé 135 000 francs.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°65 du 28 août 1998, avec le titre suivant : L’or sied à Monaco

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