Lundi 10 décembre 2018

L’International Fine Art Fair teste le marché américain

Le Journal des Arts

Le 27 avril 2001 - 766 mots

Cette année encore les marchands européens seront le fer de lance de l’International Fine Art Fair avec un important contingent de professionnels britanniques (22) et français (14) suivis par quelques allemands et belges. Cette huitième édition du salon new-yorkais, qui se tiendra du 11 au 16 mai, au Seventh Regiment Armory sur Park Avenue, devrait tenir lieu de test quant à la vigueur du marché américain après un début d’année quelque peu chaotique... pour l’économie du pays.

NEW YORK (de notre correspondante) - Ce test ne pourra s’avérer concluant que si les collectionneurs et conservateurs des grands musées n’ont pas épuisé tous leurs crédits lors des grandes ventes new-yorkaises de tableaux impressionnistes et modernes qui se tiendront juste avant le salon. L’édition 2001 sera marquée par un bel ensembled’œuvres préraphaélites, de peintures symbolistes et visionnaires, d’œuvres scandinaves des XIXe et XXe siècles, et par une importance accrue accordée aux pièces sur papier. La foire accueille, cette année, 64 exposants dont plusieurs nouveaux participants tels Amells (Stockholm et Londres) et la galerie Canesso de Paris. C’est chez le Londonien Peter Nahum que les visiteurs découvriront un des accrochages les plus originaux du salon avec 69 œuvres préraphaélites, symbolistes et visionnaires. “Il m’a fallu vingt-cinq ans pour réunir cette collection et ces peintures constituent le plus vaste ensemble jamais proposé à la vente aux États-Unis”, souligne-t-il. Cette sélection comprend notamment un portrait de Sophie Gray réalisé par John Everett Millais en 1857 (2,5 millions de dollars) qui a appartenu à la famille George Price Boyce, et une belle huile de Gustave Moreau de 1883 intitulée Les Océanides (2 millions de dollars). Au programme également des œuvres de Dante Gabriel Rossetti, Ford Madox Brown et Edward Burne-Jones. Richard Feigen, qui a présenté l’an passé la collection Saul Steinberg, propose cette fois-ci une gamme nettement plus large qui s’étend sur plusieurs siècles, depuis une Sainte famille dans un paysage classique, réalisée en 1530 par Marin Heemskerck, jusqu’à une nature morte de Braque, exécutée en 1920. Il présentera également plusieurs dessins signés Dubuffet, Beckmann, Bonnard ainsi qu’une aquarelle de Turner (450 000 dollars). Colnaghi apportera surtout des peintures italiennes et françaises parmi lesquelles une grande et inhabituelle peinture sur cuivre de Carlo Cignani de la Charité, artiste bolognais du XVIIe siècle et un Guerchin important, un Saint André peint en 1765.

Le dessin se ménage une place de choix
Lors de la première édition de la Fine Art Fair, 20 marchands seulement proposaient des œuvres sur papier. Ils seront cette année 32. Plusieurs marchands spécialisés seront présents tels Katrin Bellinger, Martin Moeller Kunsthandel, Spink Leger, Jill Newhouse, Mia Weiner et Flavia Ormond (de Londres) qui dit vendre, aujourd’hui à l’occasion du salon, deux fois plus de dessins qu’il y a huit ans. Elle proposera une œuvre du Guerchin, L’Évanouissement d’Esther, une étude pour le tableau actuellement conservé au Musée de l’université du Michigan tandis que Sylvie Brame et François Lorenceau montreront des feuilles de Boldini, Géricault, Matisse, Signac. Les œuvres graphiques, plus nombreuses, sont aussi plus chères. On découvrira sur le stand de Katrin Bellinger (Munich) le Sisyphe du Guerchin (170 000 dollars), ainsi que L’Adoration des Mages de Taddeo Zuccaro (150 000 dollars). Jack Kilgore tentera de vendre une Madone à l’Enfant avec saint Jean de Lucas Cranach l’Ancien pour plus d’un million de dollars. Connue comme spécialiste du XVIIe siècle, Daphne Alazraki a décidé de se diversifier en montrant également des œuvres hollandaises du XIXe siècle, une spécialité, selon elle, négligée par les marchands américains. La vedette de son stand sera cependant une huile du peintre maniériste néerlandais, Cornelius van Haarlem, datant de 1636, Deux bourgeois dans un intérieur. Les tableaux français du XIXe siècle figureront eux aussi en bonne place, sur le stand de la Lefevre Gallery de Londres, notamment, avec un portrait de Jeanne Samary, réalisé par Renoir en 1877 mais aussi des Picasso et des Sisley. La galerie parisienne Hopkins-Custot présentera quant à elle un exceptionnel Vuillard de 1914, La Salle Gaveau et Amells (Stockholm et Londres) des œuvres impressionnistes suédoises, norvégiennes et danoises des XIXe et XXe siècles, dont le nu Red Sand de 1903 d’Anders Zorn (1,8 million de dollars) récemment exposé au Guggenheim Museum à l’occasion de “Art at the Crossroads” – ainsi qu’un paysage de Montigny de Carl Frederik Hill datant de 1876 (750 000 dollars). La galerie Hollis Taggart, spécialisée dans l’art américain, proposera une toile abstraite de 1928 d’Arthur B. Carles (225 000 dollars), un Francis Silva de Cohasset (285 000 dollars) et une paire de natures mortes d’un format exceptionnellement grand datant de 1861 de Severin Roesen (750 000 dollars).

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°126 du 27 avril 2001, avec le titre suivant : L’International Fine Art Fair teste le marché américain

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