Samedi 15 décembre 2018

L'indicateur des ventes - mai 2017

Par Éléonore Thery · L'ŒIL

Le 13 avril 2017 - 533 mots

VENTES PRIVÉES - Deux milliards de dollars auraient été échangés lors de transactions privées réalisées par les maisons de ventes en 2016, d’après le rapport Tefaf publié mi-mars. Le chiffre illustre la volonté de discrétion de la part de collectionneurs qui ne souhaitent pas exposer leurs œuvres en ventes publiques, pour éviter de les voir repartir invendues et dès lors invendables pour plusieurs années. Le phénomène est également un indicateur de la concurrence croissante que représentent ces acteurs pour les galeries : si elles comptent encore 62 % du total des ventes d’art mondiales, la compétition fait rage sur les œuvres du plus haut segment de prix.

UN RODIN REDÉCOUVERT
ANDROMÈDE -
Célébré avec faste en cette année du centenaire de sa mort, Rodin est la vedette de la vente d’art impressionniste et moderne d’Artcurial le 30 mai. La maison de vente a redécouvert Andromède, un marbre représentant une jeune femme nue recroquevillée sur un rocher, conservé dans la famille Lynch de Morla depuis sa création en 1887 (est. entre 800 000  et 1,2 million d’euros). Figurent encore au catalogue Effet de neige à Éragny (1890) de Camille Pissarro (est. 300 000-400 000 euros) et un Bouquet de fleurs de Chagall.

262 M$
Art asiatique Cette somme astronomique a été totalisée en une seule soirée chez Christie’s New York, le 15 mars dernier, lors de la dispersion du Musée Fujita d’Osaka. Un record pour l’art asiatique. Seules 31 pièces étaient en vente, sur les quelque 2 000 objets amassés par Fujita Denzaburo et ses descendants depuis le XIXe siècle. Au sein de l’ensemble, un dessin du Chinois Chen Rong, Les Six Dragons, réalisé au XIIIe siècle et provenant de la collection de la dynastie Qing, a atteint près de 49 millions de dollars, plus de 20 fois son estimation haute. Les clients asiatiques présents en nombre ont participé à pousser les prix de ces objets exceptionnels très au-delà des sommes attendues.

DIEGO GIACOMETTI
Exposition en janvier puis vente spéciale en mai chez Sotheby’s, collection Hubert de Givenchy dispersée chez Christie’s en mars… Jadis dans l’ombre de son frère (Alberto), Diego Giacometti est à l’honneur en 2017, alors que sa cote monte en flèche.
Console La Promenade des amis, 1976, 487 500 €, 15/05/1997 ; Christie’s New York
Tête de chien, 1970, 2 638 €, 4/05/2009, Bonhams, Los Angeles
Table au dragon à l’oiseau, 1970, 1,4 M€, 10/11/2014, Sotheby’s New York
Table aux personnages, 1976-1978, 3,4 M€, 15/11/2016, Sotheby’s New York
Table octogonale aux caryatides et atlantes, 1980, 4,1 M€, 06/03/2017, Christie’s Paris

450 000 €

C’est l’estimation du squelette de dinosaure marin qui devait être proposé le 7 mars chez Binoche et Giquello, mais qui a été retiré de la vente après intervention d’une association marocaine.

CHRISTIE’S EN BAISSE
STRATÉGIE - Fin février, Christie’s dévoilait un chiffre d’affaires 2016 en baisse de 16 % (760,6 millions d’€) et un volume de ventes en recul de 27 %. À peine un mois plus tard, Guillaume Cerutti, à la tête de la maison de ventes depuis janvier dernier, annonçait une réorganisation de la société à l’échelle mondiale. À Londres, la salle de King Street, qui accueillait les ventes les moins prestigieuses, va être fermée tandis qu’Amsterdam va réduire son activité. 250 emplois seront supprimés, soit 12 % des effectifs. Dans le même temps, la maison accélère sa mutation sur Internet et ouvre un nouvel espace à Los Angeles.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°701 du 1 mai 2017, avec le titre suivant : L'indicateur des ventes - mai 2017

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