Dimanche 18 février 2018

Photographie

L’icône reine

Par Armelle Malvoisin · Le Journal des Arts

Le 3 août 2007

Le marché est soutenu par les images les plus célèbres des maîtres de cet art.

PARIS - Les ventes de photographies n’ont pas déçu à Paris pendant la semaine de Paris Photo. Sans surprise, la préférence des acheteurs est allée aux icônes. Grâce à quelques tirages recherchés, Piasa a réalisé le 17 novembre un score très honorable de 840 000 euros, pour moins de la moitié du catalogue vendu. L’enchère la plus élevée a été portée par un acheteur étranger sur une épreuve de l’Autrichien Rudolf Koppitz, Étude de mouvement, 1927, estimée 100 000 euros. Pour ce rarissime tirage d’époque, jamais présenté sur le marché, les enchères sont montées jusqu’à 159 540 euros, un record pour l’artiste. Autres temps forts de la vente, Étude de mouvement, 1925, l’image la plus connue de Koppitz, est partie dans une collection française pour 96 950 euros. Un tirage à 10 exemplaires de Ken, Lydia & Tyler, 1985, par Robert Mapplethorpe s’est envolé à 49 090 euros, quatre fois l’estimation.

Une belle bataille
Le lendemain, chez Artcurial, les daguerréotypes étaient à l’honneur. Le portrait anonyme d’un Japonais, vers 1850, a été emporté par un Britannique pour 46 900 euros, à plus de dix fois son estimation. Deux autres pièces anonymes, Une partie d’échec, vers 1850-1852, et Les sœurs jumelles, 1845-1850, ont été achetées respectivement 12 900 et 25 900 euros par l’Association des amis du Musée d’Orsay. Mais aucun collectionneur ne s’est risqué à mettre une enchère sur une image très controversée : le portrait anonyme, inédit et unique de Gustave Flaubert jeune, vers 1846 (lire le JdA n°247, 17 novembre 2006, page 26). Pour autant, débats et études continuent. Yvan Leclerc, professeur à l’université de Rouen et principal détracteur de la photo, se propose de poursuivre les investigations à l’aide d’un logiciel de recherches anthropométriques utilisé par la police judiciaire.
Enfin, toujours chez Artcurial, la vente du 20 novembre qui mettait Édouard Boubat en exergue, a confirmé l’intérêt du marché pour la photographie humaniste. À l’issue d’une belle bataille d’enchères, 37 des 42 vintages du photographe (tous issus de la collection de son fils, Bernard Boubat) ont trouvé preneurs à des prix confirmant la réévaluation de la cote de l’artiste. Pièce iconique, Lella, 1948 (premier modèle de Boubat, sa muse et future épouse) a été emportée par un enchérisseur français pour le prix record de 76 500 euros contre une estimation haute de 15 000 euros, devant un rang d’amateurs américains assis au fond de la salle et restés cois par le niveau de prix atteint.

PIASA PHOTOGRAPHIE, le 17 novembre - Expert : Yves di Maria - Résultats : 840 000 euros - Lots vendus/invendus : 162/203 - Lots vendus : 44 % ARTCURIAL - Expert : Grégory Leroy PHOTOGRAPHIE, le 18 novembre - Résultats : 374 800 euros - Lots vendus/invendus : 30/18 - Lots vendus : 62,5 % TRÉSORS DES PHOTOGRAPHES DES AGENCES DU GROUPE HACHETTE PHOTO, le 20 novembre - Résultats : 453 200 euros - Lots vendus/invendus : 110/61 - Lots vendus : 64 %

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°248 du 1 décembre 2006, avec le titre suivant : L’icône reine

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