Les tapis de Bernheimer s’envolent

Plus de deux millions de livres de résultat

Le Journal des Arts

Le 19 février 2010

Le 14 février, Christie’s organisait la première vente importante de tapis et de textiles de la célèbre collection Bernheimer. Malgré des estimations élevées, le succès était au rendez-vous avec 88,5 % des 177 lots vendus.

LONDRES - Fondée à Munich en 1864 par Lehmann Bernheimer, Bernheimer et Compagnie a été la plus célèbre galerie de tapis anciens, tissus et objets d’art de la Belle Époque. Cependant, le déclin progressif de l’activité de la galerie a conduit Konrad Bernheimer à vendre le somptueux siège de Munich, il y a cinq ans, et à recentrer ses activités.

Après avoir été exposés à la Residenz de Munich les 23 et 24 janvier, les textiles et tapis ont été vendus par Christie’s le 14 février, dans les salles de King Street, avant que South Kensington ne voie la dispersion des costumes et d’autres textiles, le 11 juin, et que Park Avenue, à New York, ne vende les tissus coptes, à une date encore indéterminée, probablement avant l’été.

La vacation du 14 février comprenait des pièces du XVe au XIXe siècle. Les estimations, très hautes, allaient de 100 000 à 250 000 livres, et le montant de la vente – 2 082 886 livres (16 millions de francs) – a pleinement satisfait Christie’s et Konrad Bernheimer.

Parmi les pièces les plus rares se trouvaient deux tapis exceptionnels : l’un mamelouk du XVe siècle, à triple médaillon, semblable à celui du Palais Pitti ayant appartenu aux Médicis. Il a été vendu 243 500 livres (1 870 000 francs), contre une estimation de 320 000 à 450 000 livres. L’autre, un tapis persan dit "polonaise", de la manufacture royale de Shah Abbas à Ispahan, première moitié du XVIIe siècle, estimé entre 250 et 350 000 livres, a également été vendu 243 500 livres, en dessous de l’estimation basse.

Des estimations souvent dépassées
Toutefois, les estimations du catalogue ont été souvent égalées, voire dépassées. Un même client a acquis, par téléphone, trois pièces remarquables : un tapis d’Anatolie centrale, probablement de Kara­pinar, du XVIIe siècle, adjugé 62 000 livres (476 000 francs) – estimé entre 16 000 et 28 000 livres –, un Pashmina mille fleurs de la seconde moitié du XVIIIe siècle, acheté 58 700 livres (450 000 francs), pour une estimation de 45 000 à 60 000 livres, et pour 51 000 livres (391 000 francs), un Tabriz à médaillon et cartouche, fin XVe-début XVIe siècle, estimé 35 000 à 50 000 livres. Résultat exceptionnel, enfin, pour un fragment de tapis Kirman (persan) de la première moitié du XVIIe siècle, adjugé 78 500 livres (600 000 francs), bien au-dessus de son estimation de 30 000 à 50 000 livres.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°23 du 1 mars 1996, avec le titre suivant : Les tapis de Bernheimer s’envolent

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