Mardi 25 septembre 2018

Les surprises d’Antibes

Les collectionneurs européens font honneur au Salon

Par Éric Tariant · Le Journal des Arts

Le 28 avril 2000 - 519 mots

Grand rendez-vous en région, le Salon d’Antibes, avec ses 200 antiquaires et brocanteurs – dont une majorité de marchands du Midi, quelques grands Parisiens et Lyonnais – a réservé de belles surprises aux chineurs et professionnels français et étrangers qui ont franchi les portes du vaste chapiteau installé au Port Vauban.

ANTIBES - Les violentes bourrasques de vent qui agitaient de soubresauts les charpentes métalliques du chapiteau et la pluie battante n’ont pas découragé les visiteurs, venus nombreux au Salon d’Antibes dès le premier week-end. Les collectionneurs monégasques, italiens, suisses, allemands, et quelques américains, étaient au rendez-vous. Des transactions ont été conclues dès la première semaine, même si les ventes les plus importantes se négocient pendant le week-end de Pâques. Alain Braunstein (Nice) a cédé une belle eau-forte de Paul Jouve représentant un léopard en mouvement (tirage en noir et bistre sur papier japon) et une exceptionnelle table de Ruhlmann et Subes recouverte d’un plateau de marbre noir, que l’on pourrait retrouver à la Biennale des antiquaires cet automne. Michel Dermigny, seul exposant à présenter de l’art primitif, a vendu dès les premiers jours une terre cuite Nok complète figurant une femme au corps cylindrique tenant un sceptre dans la main droite (100 000 francs), une massue Maori (40 000 francs), une pagaïe des îles australes et un crâne surmodelé Iatmul de Nouvelle-Guinée (50 000 francs). Peu nombreux, les tableaux étaient défendus principalement par deux antiquaires. La galerie Hurtebize (Cannes) présentait quelques toiles flamandes et hollandaises, parmi lesquelles une œuvre de David Vinckboons, partie le premier jour, qui se rapproche de certaines kermesses de Bruegel. “Les tableaux anciens se sont fortement enchéris depuis trois ans. C’est un rattrapage normal, car cette spécialité avait beaucoup de retard par rapport aux tableaux modernes. Les prix des plus belles œuvres devraient doubler d’ici quatre ans”, souligne le marchand cannois. Jean-Pierre Sylvestre (Marseille) avait réuni une sélection de toiles de Félix Ziem, dont un lumineux Trois mât dans le port de Marseille datant de 1870 (580 000 francs) et un petit Boudin (1,5 million de francs). Le mobilier français, point fort du salon, réservait quelques belles surprises aux amateurs. Chez Alain Breider (Vincennes), une commode du Sud-Ouest en noyer massif était proposée à 160 000 francs. Xavier Pariente (Louvre des antiquaires) exposait une élégante paire d’encoignures en laque européenne (750 000 francs) et des fauteuils en bois doré de C.L.B.G, époque Louis XV (650 000 francs). En avant-première d’une exposition sur Venise qui sera organisée dans sa galerie parisienne cet automne, Jean Gismondi présentait un ensemble de tableaux, meubles et objets italiens, notamment une charmante petite Vue de Venise de Giuseppe Bernardino Bison et un bureau Mazarin Boulle, époque Louis XV, en marqueterie d’écaille de tortue et bronze doré. Un univers très différent de celui du galeriste niçois Jean Ferrero, à quelques mètres de là, qui montrait un hibou en bronze de César datant de 1955 (1 million de francs), plusieurs pièces de Ben à moins de 5 000 francs, des œuvres colorées et gaies de Patrick Moya ainsi que plusieurs dessins de nus de Guichou, deux jeunes artistes travaillant dans les Alpes-Maritimes.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°104 du 28 avril 2000, avec le titre suivant : Les surprises d’Antibes

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