Mercredi 23 janvier 2019

Les nouveaux paris du Salon de l’estampe

Le rendez-vous international de la porte d’Auteuil consacré à l’imprimé est encore à l’épreuvre

Le Journal des Arts

Le 21 mars 2003 - 867 mots

La deuxième édition du Salon international de l’estampe de Paris se déroule du 29 au 31 mars à l’Espace Auteuil. Quelque trente-six marchands internationaux y présenteront des épreuves originales anciennes, modernes et contemporaines, tandis que la Chambre syndicale de l’estampe, du dessin et du tableau consacrera un espace pédagogique aux diverses techniques que recouvre le terme générique d’estampe.

PARIS - Au mois de mars 2002, le premier Salon international de l’estampe de Paris avait remporté un franc succès, tant sur le plan de la fréquentation – 4 500 visiteurs avaient parcouru les allées de l’Espace Auteuil –, que du point de vue commercial. La Chambre syndicale de l’estampe, du dessin et du tableau renouvelle cette année l’expérience, espérant instaurer de manière définitive un rendez-vous annuel français pour les amateurs de gravures. La manifestation compte cette année trente-six exposants, soit deux de plus que l’an dernier, et quelque douze nouveaux venus. Plusieurs galeristes présents l’an passé n’ont donc pas reconduit leurs participations. “Nous ne revenons pas, mais c’est un très beau salon, confie Michèle Heyraud, directrice de la galerie Tendances, à Paris. Nous étions ravis de l’organisation comme du niveau de qualité des marchands qui participaient. Toutefois, la réception publique nous a semblé difficile pour des artistes comme ceux que nous présentons. L’an dernier, nous exposions sur notre stand des estampes de Fautrier et d’Estève, et, manifestement, nous étions très loin de ce que cherchaient les visiteurs.” Ce n’est donc pas la qualité du salon qui est en cause, mais plutôt sa jeunesse. Le public essentiellement néophyte a encore besoin d’évoluer avant que des marchands très spécialisés, comme la galerie Tendances, ou la galerie Flowers Graphics de Londres, n’y retrouvent une place. À l’inverse, les spécialistes d’estampes anciennes et modernes sont désormais plus nombreux, puisque les pionniers ont été rejoints par de nouveaux participants. Désireuse d’éduquer les visiteurs dans un domaine à la fois spécifique et très diversifié, la Chambre syndicale de l’estampe met cette année en place un espace pédagogique destiné à présenter les différentes techniques de l’estampe. “Au moyen d’une exposition et de la diffusion d’un film vidéo, nous désirons familiariser le grand public avec l’estampe, explique Mélanie Batzenschlager, coorganisatrice de la manifestation avec Anne Schombourger. Nous voulons montrer que l’estampe est un art original et accessible. D’ailleurs, une très grande variété de prix sera représentée sur le salon.”
Chaque visiteur devrait effectivement trouver de quoi satisfaire ses goûts devant le large choix d’époques, de styles et de prix annoncés. Sur son stand, Arsène Bonafous-Murat proposera un éventail de plusieurs techniques : des bois gravés, des gravures sur bois d’Auguste Lepère, des eaux-fortes, des aquatintes comme ces épreuves extraites de la première émission des premiers tirages de la suite des Caprices de Goya, dont son Autoportrait, ou encore des lithographies telle la célèbre planche de Géricault représentant des Boxeurs. La galerie lyonnaise Laurencin exposera également quelques belles pièces anciennes, ainsi une grande gravure en six feuilles par Peeter de Jode d’après le Jugement dernier de Jean Cousin et des Vues de Rome par Piranèse. Plusieurs aquatintes de l’artiste nancéen Victor Prouvé, comprenant notamment une Baigneuse, seront à retenir parmi les œuvres plus récentes, et un ensemble d’eaux-fortes de petits maîtres du XIXe siècle, accompagnées de quelques “vues d’optique”, devraient séduire les bourses plus légères. La galerie Images anciennes fait coïncider sa première participation au salon avec la parution d’un catalogue préparé depuis deux ans et consacré aux manières de crayon, également appelées “impression sanguine”. Typiques du milieu du XVIIIe siècle, ces estampes reprennent les thèmes chers aux artistes de l’époque : études de nus, scènes pastorales... Michèle Broutta (Paris) a choisi, elle aussi, de consacrer son stand à une technique particulière : la manière noire. Ce procédé, l’un des plus récents, sera illustré au travers d’œuvres de Mikio Watanabé, Michel Estèbe, ou encore Judith Rothchild. La présentation de la galerie Dumas-Simart-Martinez (Paris) proposera une sélection assez large d’œuvres des écoles anciennes, comme une Tête de femme en manière de crayon de Bonnet d’après Boucher, un Portrait de Mme du Barry par Gautier d’Agoty, et plusieurs eaux-fortes de Louis Gatier. Parmi les pièces importantes qui seront présentées sur le stand de la galerie Blanchet-Pelletier (Jouy-sur-Eure), on retiendra L’Amour prie Vénus de lui rendre ses armes, une gravure à la manière du pastel de Bonnet d’après Boucher, deux belles épreuves du deuxième état extraites des Grandes vues de Paris de Callot et un ensemble de lithographies de Daumier. La galerie allemande Éditions Raphaël exposera des œuvres de Picasso, Matisse, Chagall et Braque, artistes également visibles à la Bouquinerie de l’Institut et à la galerie Louise Leiris, toutes deux de Paris. L’accrochage du stand de la galerie Documents retracera l’histoire de l’affiche de spectacle entre 1870 et 1960. S’y adjoindront de nombreuses estampes en rapport avec le monde du théâtre, œuvres de Ibels, Toulouse-Lautrec, Steinlen, Chéret...
Plusieurs des nouvelles recrues du Salon de l’estampe devraient faire découvrir au public la jeune création internationale, comme la galerie chinoise Kwaï Po, la galerie milanaise Bella Stampe, le marchand canadien Jean-Claude Bergeron et la galerie japonaise MMG.

SALON INTERNATIONAL DE L’ESTAMPE

Du 29 au 31 mars, Espace Auteuil, place de la porte d’Auteuil, 75116 Paris, 11h-19h, tél. 01 45 56 09 09, www.salondelestampe.com

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°167 du 21 mars 2003, avec le titre suivant : Les nouveaux paris du Salon de l’estampe

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