Dimanche 18 novembre 2018

Art contemporain

Les maisons de ventes jouent la synergie

Par Armelle Malvoisin · Le Journal des Arts

Le 20 octobre 2006 - 869 mots

Quatre sociétés de ventes volontaires défendent à Paris les couleurs de l’art contemporain avec une série de vacations organisées parallèlement à la FIAC.

PARIS - De la même façon que la maison Phillips de Pury & Company a tenu sa première vente d’art contemporain le 14 octobre à Londres dans le contexte de Frieze Art Fair, l’ensemble des ventes aux enchères d’art contemporain organisées à Paris au cours de la dernière semaine d’octobre constitue au moment de la FIAC un véritable événement « off ». Si les maisons de ventes Artcurial, Cornette de Saint Cyr, Piasa et Christie’s se sont prêtées au jeu, la SVV Tajan et Sotheby’s en sont absentes. « Cela fait dix ans que nous décidons de la date de notre vacation de prestige d’après celles de la tenue de la FIAC. Et l’on constate une différence !, insiste Wilfrid Vacher, l’expert de la SVV Cornette de Saint Cyr. La FIAC crée une dynamique d’achat et attire une clientèle internationale, mais aussi des collectionneurs de toute la France qui, souvent, ne se déplacent qu’une seule fois et n’achètent qu’à ce moment-là. » Pour toucher ce public très varié, les mots d’ordre sont diversité et qualité des lots, proposés dans une large fourchette de prix. Autour du lot phare, un grand tableau de Zao Wou-ki de 1953, estimé 500 000 euros, la SVV Cornette de Saint Cyr présente une petite toile de Staël de 1950 (est. 80 000 euros), un tableau de Dubuffet (est. 120 000 euros), une composition d’Hartung de 1960 (est. 50 000 euros) et une gouache de Sam Francis (est. 25 000 euros) [trois lots issus des collections de la banque Worms]. Mais aussi : un petit bronze de Botero de 1992 ; quatre rares dessins de Robert Smithson (est. 15 000 euros chacun) ; Grey Moses, un diptyque photographique d’Andres Serrano (est. 35 000 euros) ou encore une sélection d’artistes chinois tels Ming et Zhou Tiehai.

Pour la première fois cette année, Artcurial modifie son calendrier habituel : les grandes ventes d’art contemporain ont désormais lieu en avril et octobre, et non en juin et décembre, des mois trop chargés. « La FIAC, qui commence à prendre une véritable dimension internationale, est un vrai argument pour notre vente. De plus, nous sommes situés à 200 mètres du Grand Palais », lance Martin Guesnet, qui dirige le département. Au cœur de son catalogue figure la collection personnelle du galeriste Jean Fournier avec une huile de Riopelle de 1957 (est. 250 000 euros) ; plusieurs toiles de Joan Mitchell dont Salut Sally, 1970, (est. 1 million d’euros) ; un tableau d’Hantaï de 1969 (est. 130 000 euros). La vente compte par ailleurs une peinture de 1963 par Soulages (est. 400 000 euros) ; une acrylique d’Ed Ruscha de 1982 (est. 120 000 euros) ; une huile de Vieira da Silva (est. 130 000 euros), une composition abstraite de Poliakoff de 1959 (est. 160 000 euros) ; cinq bronzes de l’atelier de César, entre 30 000 et 100 000 euros ainsi qu’un rare tableau de Gérard Gasiorowski (est. 60 000 euros). Pour finir, elle propose une petite section d’art indien autour de Sayed Haider Raza et Rajendra Dhawan. Bien que submergée par les ventes d’art contemporain de Londres et de New York, la maison Christie’s entend tout de même bénéficier d’une visibilité à Paris lors de la FIAC, « soit avec une exposition, soit avec une vente », précise Florence de Botton, directrice internationale du département. Cette année, ce sera avec une vente dédiée à l’œuvre de Jean Pierre Raynaud : 85 pièces que l’artiste a choisi de « libérer » sans prix de réserve après les avoir exposées l’été dernier au musée de Nice. Chez Piasa, il est surtout question d’inaugurer en grande hâte le tout nouveau département d’art contemporain dirigé par l’expert Julie Ceccaldi, laquelle a quitté la SVV Tajan fin juin. « Avec cette vente de demi-saison, réunissant un large choix d’œuvres tout public à un prix moyen de 5 000 à 20 000 euros, il s’agit moins de coller à la FIAC que de lancer la spécialité chez Piasa », explique-t-elle. Sa vente inaugurale de prestige aura lieu le 28 novembre, entre celle de Tajan et celles de Christie’s et Sotheby’s.

JEAN-PIERRE RAYNAUD (SANS PRIX DE RÉSERVE), vente le 27 octobre, Christie’s, 9, av. Matignon, 75008 Paris, tél. 01 40 76 85 85 ; exposition publique : le 23 octobre 14h-18h, les 24, 25 et 26 octobre 10h-18h, www.christies.com

ART CONTEMPORAIN : PEINTURES, SCULPTURES, PHOTOGRAPHIES ET MULTIPLES, vente le 27 octobre à Drouot-Richelieu, 9, rue Drouot, 75009 Paris. Piasa, tél. 01 53 34 10 10 ; expositions publiques : le 26 octobre 11h-18h, le 27 octobre 11h-12h, www.piasa.fr

ART CONTEMPORAIN 1 ET 2, vente les 28 et 29 octobre à Drouot-Montaigne, 15, av. Montaigne, 75008 Paris, SVV Cornette de Saint Cyr, tél. 01 47 27 11 24 ; exposition publique : les 25, 26 et 27 octobre 11h-20h et le 28 octobre 11h-16h, www.cornette.auction.fr

ART CONTEMPORAIN 1 ET 2, vente les 28 et 30 octobre à l’hôtel Dassault, Artcurial, 7, rond-point des Champs-Élysées, 75008 Paris, tél. 01 42 99 20 20 ; exposition publique : du 24 au 27 octobre 11h-19h, www.artcurial.com

CHRISTIE’S
- Expert : Caroline Smulders (consultante extérieure)
- Estimation : 1 million d’euros
- Nombre de lots : 85

PIASA
- Expert : Julie Ceccaldi
- Estimation : 800 000 euros
- Nombre de lots : 380

CORNETTE DE SAINT CYR
- Expert : Wilfrid Vacher
- Estimation : 5 millions d’euros
- Nombre de lots : 261

ARTCURIAL
- Expert : Martin Guesnet
- Estimation : 7 millions d’euros
- Nombre de lots : 420

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°245 du 20 octobre 2006, avec le titre suivant : Les maisons de ventes jouent la synergie

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