Les cinq sens à l’affiche

Un regard original proposé par le Carré Rive gauche

Par Éric Tariant · Le Journal des Arts

Le 22 mai 1998

Pour leur traditionnelle manifestation de printemps, les cent vingt antiquaires du Carré Rive Gauche vous invitent, du 4 au 8 juin, à une flânerie-découverte autour des cinq sens.

PARIS - Cent vingt antiquaires se sont mis en quatre pour réunir, du 4 au 8 juin, une sélection d’objets autour du thème des cinq sens. Nombre d’artistes ont été inspirés par ce sujet, comme en témoignent des œuvres illustres, telle la tenture de La Dame à la Licorne conservée au Musée national du Moyen Âge-Thermes de Cluny. Les antiquaires du Carré relèvent à leur tour le défi et présentent chacun quelques pièces phares en rapport avec l’odorat, la vue, le goût, l’ouïe ou le toucher.

L’odorat, particulièrement en éveil en cette période de floraison, sera sollicité par deux caves à parfum de forme carrée, du milieu du XVIIIe siècle (J.G. Armengaud, 19 rue du Bac), mais aussi par une paire de vases couverts “pots-pourris” en porcelaine de Chine, dont le décor polychrome représente une guirlande de fleurs et de fruits et deux femmes dans un jardin (Antoine Lebel, 42 rue de Verneuil), ou encore un bronze de Georges-Lucien Guyot (1885-1973), Lionne humant, présenté chez Pierre Dumonteil, 38 rue de l’Université. Le goût, également exalté en ce mois de cueillette des fruits rouges, sera flatté par des objets insolites : une statue en pied de Pomone, en faïence polychrome de Giovanni della Robbia (vers 1520), tenant une corne d’abondance dans la main gauche et maintenant sur sa tête de la main droite un grand plat débordant de légumes (Jean-Gabriel Peyre et Jean-Claude Sieberth, 17 rue du Bac), ou une toile pleine de charme de Jules de Bonnemaison, la Halte gour­mande au Pavillon de chasse (Alain d’Amato, 33 quai Voltaire). Pour illustrer le toucher, des textiles, comme cette tapisserie de chœur brodée figurant huit épisodes de la vie du Christ (Gabrielle Laroche, 12 rue de Beaune et 25 rue de Lille). Originaire de la région de Nuremberg, en Allemagne, cette pièce du XVIe siècle mesure plus de cinq mètres. De son côté, la galerie Chevalier (17 quai Voltaire) montrera une tapisserie des Ateliers de Paris (vers 1640), intitulée Vénus et Psyché.

La vue sera comblée avec un guéridon tripode à plateau basculant en marqueterie de paille, qui présente en son centre une vue de Saint-Pierre-de-Rome entourée d’autres monuments italiens (Actéon, 8 rue de Beaune), et une cage à oiseaux en bois exotique doré supportant un aquarium en verre peint (Sylvain Lévy-Alban, 14 rue de Beaune).

Quel autre instrument que le clairon pouvait mieux illustrer l’ouïe ? La Galerie de Lille (50 rue de Lille) exposera donc un étonnant clairon en verre soufflé translucide à bandes colorées (vers 1880). Enfin, la galerie Milano-Bacstreet (1 rue du Bac) pré­sentera une série de six musi­ciennes en terre cuite polychrome datant de l’époque Tang (618-907 après J.-C.).

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°61 du 22 mai 1998, avec le titre suivant : Les cinq sens à l’affiche

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