Les charmes du faubourg

Talabardon et Gautier s’installent Faubourg Saint-Honoré

Par Éric Tariant · Le Journal des Arts

Le 7 janvier 2000

La galerie Talabardon et Gautier a abandonné la rue Sainte-Anne, à deux pas de la Bibliothèque nationale, où elle voisinait depuis 1992 avec quelques grands spécialistes des dessins et tableaux anciens, comme Bruno de Bayser, Jean-François Baroni et Éric Turquin, pour gagner le faubourg Saint-Honoré et sa riche clientèle internationale. Là, les deux marchands continueront d’exposer des tableaux, dessins et sculptures de la fin du XVIIIe siècle et du début du XIXe.

PARIS - “Le faubourg Saint-Honoré est un endroit prestigieux et plus propice que la rue Sainte-Anne à la rencontre de clients étrangers. Les collectionneurs, souvent pressés, cherchent à voir le plus d’œuvres possible en un temps réduit, ce que leur offre le Faubourg qui regroupe sur quelques centaines de mètres quelques-uns des meilleurs marchands, comme Aaron, Heim, Cailleux, Moatti, ou Haboldt, explique Bertrand Gautier. Notre nouvelle galerie a l’avantage d’être implantée sur ce “parcours du combattant du collectionneur”, et à proximité de Sotheby’s et Christie’s dont les ventes devraient encore dynamiser le quartier”. Son seul handicap est d’être située sur cour, ce qui pourrait l’empêcher de “happer” la clientèle de passage, mais ils bénéficieront du caractère intime des lieux, à l’écart du bruit.

Éclectisme
Là, ils pourront, grâce à leur 150 m2 d’exposition, montrer les tableaux et dessins qu’ils étaient trop souvent obligés de remiser dans leur stock rue Sainte-Anne, et organiser une fois par an des expositions. Cultivant l’éclectisme, les deux marchands présenteront, au gré de leurs découvertes, des dessins des XVIe et XVIIe siècles, tel l’exceptionnel Carrache vendu au Musée de Cleveland, trois rares Elsheimer ou des œuvres modernes, comme le pastel de Simon Bussy ou le charmant petit tableau de Ten Cate accrochés pendant leur exposition inaugurale du mois de décembre. “Notre but est de proposer des œuvres qui soient le reflet d’un choix, d’un certain goût et qui cohabitent harmonieusement”, poursuit Bertrand Talabardon. Le Salon du dessin, où ils exposent depuis plusieurs années aux côtés des plus grandes galeries mondiales, a constitué pour eux un tremplin qui leur a permis d’étoffer leur clientèle de particuliers et de conservateurs, aujourd’hui composée de nombreux Américains mais aussi d’Européens.

Parmi les nombres œuvres présentées dans leur nouvelle galerie figurent, outre des dessins d’architectures, un tableau intimiste de Lethières (1760-1832), une très rare esquisse sur bois de Girodet mentionnée dans l’inventaire du peintre (350 000 francs), un tableau d’Horace Vernet, Portrait de Ledieu, présentant des similitudes avec des œuvres de Delacroix (650 000 francs), et une charmante Vue d’intérieur (vers 1760) de Daniel-Nicolas Chodowiecki (800 000 francs). Cette œuvre, qui semble inspirée de Chardin, nous fait pénétrer dans l’intimité d’une famille bourgeoise berlinoise. On aperçoit au fond d’une pièce, dans une semi-pénombre, une femme en train d’allaiter pendant que des enfants jouent au premier plan, devant un grand poêle de faïence.

- Galerie Talabardon & Gautier, 134 rue du faubourg Saint-Honoré, 75008 Paris, tlj sauf samedi et dimanche 15h-19h, tél. 01 43 59 13 57.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°96 du 7 janvier 2000, avec le titre suivant : Les charmes du faubourg

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