VENTES PUBLIQUES

Léger repli des ventes de Londres

Par Marie Potard · Le Journal des Arts

Le 14 mars 2018 - 367 mots

Les ventes d’art impressionniste, moderne et surréaliste acccusent une baisse de 16 %.
Londres. Depuis trois ans, l’art impressionniste, moderne et surréaliste fait le yo-yo à Londres. Cette année, Christie’s et Sotheby’s affichent un produit d’adjudications cumulées de 323,8 millions d’euros frais compris (285 M£), un chiffre en deçà du résultat de l’an passé (387,7 M€). Comme les deux précédentes sessions, celle de 2018 reste dans la fourchette de son estimation (117,6 à 331,2 M€). Christie’s dame le pion à Sotheby’s avec 169,2 millions d’euros récoltés pour la première contre 154,6 millions d’euros pour la seconde. C’est que la maison de ventes propriété de François Pinault a cédé plus du double de lots par rapport à sa concurrente. Son œuvre phare, Mousquetaire et nu assis, 1967, de Picasso – toile bien connue du marché – a été adjugée 15,5 millions d’euros, en dessous de son estimation haute fixée à 20,3 millions d’euros.

Sotheby’s, qui disposait d’un catalogue amaigri (47 lots, dont 36 ont été vendus), a enregistré une baisse de 30 % de son produit de vente. Elle a pourtant cédé l’œuvre la plus chère de la semaine, Femme au béret et à la robe quadrillée (Marie-Thérèse Walter), 1937, de Picasso, pour un total de 56,6 millions d’euros, bien au-delà de son estimation de départ (autour de 40 M€). Jamais apparu sur le marché, réunissant toutes les caractéristiques stylistiques et emblématiques du peintre, le tableau a fait toute la différence.

Après une année 2014 exceptionnelle pour la discipline, les sessions londoniennes de début d’année en 2015, puis en 2016, avaient chuté. L’année 2017 marquait une reprise du marché avec un taux de vente cumulé au-delà de la moyenne (85,4 %) et un nombre de lots vendus supérieur comparativement à 2016 et 2018. L’année 2018 semble marquer le pas. Si davantage de lots étaient proposés par rapport à 2017, ils ont été moins nombreux à trouver preneur, parce que l’offre manquait un peu de qualité chez Sotheby’s – hormis le Picasso de 1937 –, alors que chez Christie’s les estimations étaient un peu trop poussées. D’ailleurs, la maison a dû retirer de la vente son Derain et son Van Dongen, représentant au bas mot un manque à gagner de 12 millions d’euros.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°497 du 16 mars 2018, avec le titre suivant : Léger repli des ventes de Londres

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