Mardi 22 septembre 2020

Ventes publiques

VENTES AUX ENCHÈRES

Le soleil ne se couche jamais chez Christie’s

Par Marie Potard · Le Journal des Arts

Le 3 septembre 2020 - 593 mots

La vente organisée à la suite sur trois continents a récolté 421 millions de dollars, rassurant le marché.

Monde. Le 10 juillet dernier, Christie’s organisait une vente d’un nouveau genre, baptisée « ONE ». Le concept : une vacation sur une journée durant laquelle les principales places de ventes de la maison se sont passées le flambeau, de Hong-Kong à Paris, puis Londres et enfin New York. Elle comprenait des œuvres allant de l’art impressionniste et moderne jusqu’à l’art contemporain en passant par le design. La vente, qui a duré un peu plus de quatre heures, a totalisé 421 millions de dollars (373 millions d’€), au-delà de son estimation. Un pari réussi, avec 74 des 79 lots proposés qui ont trouvé preneur – soit un taux de ventes de 94 %, tandis que cette « session relais » était suivie par pas moins de 80 000 personnes sur les réseaux et plateformes en ligne. « Il y a eu une vraie dynamique internationale. Aujourd’hui, il y a clairement de l’appétit pour les œuvres de qualité. Comme ces derniers temps, il y a eu moins de pièces sur le marché ; cette “pénurie” alliée à des œuvres de qualité, bien estimées, la plupart fraîches sur le marché, a provoqué un succès phénoménal – signe d’un marché en bonne forme », a commenté Cécile Verdier, présidente de Christie’s France qui tenait le marteau pour le volet parisien de la vente. Parmi les lots de ce format hors norme, 36 étaient garantis par des tiers et 2 par la maison de ventes. « Certaines œuvres ont été garanties préalablement à la vente, mais surtout – et c’est un signe de la très bonne santé du marché –, dès la publication du catalogue en ligne, plusieurs enchérisseurs nous ont sollicités pour garantir des œuvres, ce qui montre qu’ils anticipaient que la vente serait un grand succès », a souligné la présidente.

Sept ventes records

La vacation a commencé à Hong Kong, avec 10 lots, puis Paris a pris la relève avec 16, suivi de Londres avec 21 œuvres et s’est terminée à New York avec 35 pièces. C’est dans la ville américaine – qui dispersait les lots les plus importants – que les enchères ont été les plus élevées : en tête, Nude with Joyous Painting, de Roy Lichtenstein, adjugé 46,2 millions de dollars (estimation aux alentours de 30 millions de $, voir ill.) à un acheteur présent au téléphone à Hong Kong, suivi d’Onement V, de Barnett Newman et Complements, de Brice Marden, acquis chacun 30,9 millions de dollars. À Hong Kong – où la succursale de Christie’s a eu la déconvenue de voir une œuvre de Zao Wou-Ki rester sur le carreau (estimée autour de 10 millions de $) –, Frost (1), de Gerhard Richter a été emporté pour 10,2 millions de dollars tandis qu’à Paris, Pourlèche fiston de Jean Dubuffet (1963) a atteint 6,5 millions d’euros. Lors du troisième volet, à Londres, L’Arc de Triomphe, de René Magritte, a été cédé pour 17,8 millions de livres. En tout, sept records du monde ont été établis, dont celui de l’œuvre de Marden.

La répartition des acheteurs est interessante : 37 % des lots ont été acquis sur le continent américain, 38 % en Europe, Moyen-Orient et Afrique et 26 % en Asie-Pacifique.

Ce format inédit, que la maison de ventes ne s’interdit pas de reproduire à l’avenir, mais dans un esprit différent, restera un exploit concernant son organisation, avec quatre commissaires-priseurs en simultané sur trois continents, jonglant avec quatre devises différentes.

Toutes les estimations sont indiquées hors frais acheteur tandis que les résultats sont indiqués frais compris.

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°550 du 4 septembre 2020, avec le titre suivant : Le soleil ne se couche jamais chez Christie’s

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