Vendredi 20 septembre 2019

Rococo

Le goût de la vicomtesse de Courval

Par Marie Potard · Le Journal des Arts

Le 12 mars 2014 - 528 mots

Sotheby’s France met à l’encan une partie de la collection XVIIIe de cette Américaine et de ses héritiers.

PARIS - La collection dispersée le 25 mars par Sotheby’s à Paris a été constituée à la fin du XIXe siècle par la vicomtesse de Courval, une Américaine née Mary Ray (1835-1902), et mariée à Arthur Dubois de Courval en 1856 à New York. De retour en France, le couple se fait construire un hôtel particulier rue Paul-Baudry près des Champs-Élysées, qui abritera leur précieuse collection d’objets d’art et de dessins et gouaches du XVIIIe siècle, réunie patiemment par cette femme de goût. Celle-ci fréquentait assidûment les salles des ventes parisiennes après qu’elle eut exercé son œil au gré de ses nombreux voyages en Europe. « Certaines pièces issues de cette collection, particulièrement les tableaux, ont été acquises à la fin du XIXe, dans des ventes qui elles-mêmes avaient des provenances du XVIIIe », souligne Louis-Xavier Joseph, spécialiste. Les vendeurs, héritiers de la vicomtesse, qui se séparent d’une partie seulement de cette collection, en ont perpétué le goût et l’ont enrichie par d’autres achats, essentiellement en mobilier.

Parmi les 118 lots proposés, d’une estimation globale autour d’1,5 million d’euros, les tableaux français du XVIIIe siècle sont en vedette. Des tableaux aux consonances très féminines : scènes galantes, portraits de femmes, paysages champêtres et natures mortes reflétant le raffinement et l’élégance de l’art du XVIIIe siècle. Bijou de cette collection, Les Agréments de la campagne, de Nicolas Lancret (1690-1743), digne élève de François Watteau. Ce tableau « plutôt en bel état », commente Laure-Aline Demazure, spécialiste, n’a pas été vu sur le marché depuis son exposition en 1892 à la galerie Georges Petit à Paris (est. 150 000 à 200 000 euros). Le Portrait de Lady Perceval (1804) de Louise Élisabeth Vigée-Lebrun, portraitiste au talent délicat et flatteur est aussi dispersé. Dans un état magnifique, ce pastel est estimé 120 000 à 150 000 euros. La vente met également en avant une nature morte d’Anne Vallayer-Coster, ainsi que plusieurs œuvres de Jean Honoré Fragonard.

Paire de vases cornet
Pour le mobilier, la pièce maîtresse est une paire de vases cornet en porcelaine de Chine céladon d’époque Qianlong à monture en bronze doré, vers 1770 (est. 300 000 à 500 000 euros) – « d’une hauteur rarissime, dont une seule paire identique est répertoriée », précise Louis-Xavier Joseph. Cette autre paire provient de l’ancienne collection du banquier François-Michel Harenc de Presle (1710-1802). Mise en vente chez Piasa en décembre 2011, elle n’a pas trouvé preneur (est. 300 000 à 400 000 euros). La paire présentée par Sotheby’s aura peut-être une autre destinée. L’intérêt se portera aussi sur une paire de candélabres aux Égyptiennes en bronze patiné et doré d’époque Empire (est. 60 000 à 100 000 euros) ; un cartel en bronze doré d’époque Louis XV (est. 40 000 à 60 000 euros) et L’Amour menaçant, en marbre blanc, de l’entourage d’Étienne Maurice Falconet (1716-1791), estimé 25 000 à 35 000 euros.

Ancienne collection de la vicomtesse de Courval

le 25 mars à 14 h 30, Sotheby’s, 76, rue du Faubours Saint-Honoré, 75008 Paris
www.sothebys.com; expositions les 20, 21, 22 et 24 mars, 10h-18h.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°409 du 14 mars 2014, avec le titre suivant : Le goût de la vicomtesse de Courval

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