Mardi 11 décembre 2018

Passion collection

Le charme des étains

Le Journal des Arts

Le 19 décembre 2003 - 356 mots

L’étain est un métal souple et facile à façonner qui donne aux objets domestiques les plus divers des reflets d’une lumineuse douceur.
L’étain a connu trois phases d’expansion : au Moyen Âge quand l’usage s’en répand ; sous Louis XIV après les fontes obligatoires de l’argenterie ; enfin au XXe siècle à partir des années 1950, quand il reprend une place de choix dans les résidences secondaires meublées « à l’ancienne ».
Ce métal n’est pas utilisé à l’état pur mais en alliage avec du plomb et d’autres métaux qui lui donnent plus de solidité. D’où l’institution au XVIIe siècle de poinçons de garantie qui, sous le contrôle des corporations, limite à 10 % la teneur en plomb pour l’étain fin et à 20 % pour l’étain commun. Les poinçons témoignent également de la provenance et de la date de fabrication. L’orfèvrerie d’étain offre des ornements en relief obtenus lors de la fusion du métal dans le moule. Ces pièces de charme sont d’une grande diversité selon les usages : assiettes à contours moulurés « à façon d’argent », plats à larges bords dits « à la cardinal », pichets (balustres, tronçonniques ou à épaulement), soupières, légumiers, écuelles à bouillon, aiguières, bouteilles, burettes saupoudreuses, fontaines, etc., sans parler des étains médicaux tels que palette à saignée ou autres clystères célébrés par Molière.
Les prix ont subi un léger tassement à la suite de l’introduction de nombreux faux sur le marché. On se méfiera des pièces excessivement plombées et des poinçons confus. Les simples assiettes valent de 50 à 100 euros, les plats de 200 à 400 euros. Les plats « à la cardinal » peuvent dépasser 2 000 euros. Les pichets vont de 800 à 2 500 euros. Les objets Art nouveau et Art déco, qui connaissent un regain d’intérêt, peuvent valoir de 400 à plus de 4 000 euros, selon la notoriété des artistes. Les œuvres de Jules Brateau, remis à l’honneur par le récent livre de Jean-Christophe Boucaud, sont particulièrement appréciées.

Le catalogue illustré Étains anciens, éditions 2003, par Ph. et J.-C. Boucaud vient de paraître. Envoi sur demande au 06 09 58 66 47.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°183 du 19 décembre 2003, avec le titre suivant : Le charme des étains

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