Mardi 11 décembre 2018

L’Asian Art Fair s’internationalise

Arrivée en force des exposants européens et asiatiques

Le Journal des Arts

Le 1 mars 1997 - 707 mots

La seconde édition de l’Inter­national Asian Art Fair, la foire internationale d’art asiatique organisée par Brian et Anna Haughton, se tiendra à New York du 22 au 26 mars, au Seventh Regiment Armory. Avec une majorité de marchands étrangers, elle offrira cette année un choix plus vaste, incluant pour la première fois la porcelaine impériale.

NEW YORK (de notre correspondante) - "L’année dernière, la manifestation a connu un succès extraordinaire, au-delà de tout ce qu’on pouvait espérer", déclare Anna Haughton. La foire avait attiré plus de 13 000 visiteurs, des néophytes comme les personnalités majeures du monde de l’art asiatique. Les cinquante participants figuraient parmi les meilleurs marchands dans leur spécialité et exposaient des œuvres de grande qualité.

Tous craignaient que ce succès commercial n’oblige à ouvrir trop largement la foire, ce qui aurait pu nuire à son atmosphère et à la qualité des objets présentés. Mais s’il y a dix-huit nouveaux exposants cette année, l’Asian Art Fair n’a en fait gagné que neuf stands supplémentaires, puisque Luis Algeria, Alex Gallery, Art of the Past, Alisan Fine Arts, Beurdeley, Shirley Day, Orientations Gallery, Zwen Gallery et la revue Hali n’ont pas renouvelé leur participation. La plupart des marchands viennent de l’étranger, dont trente européens et six asiatiques, alors qu’en 1996, près de la moitié des exposants étaient américains. Parmi les nouveaux venus, beaucoup débutent dans la profession et ne reçoivent que sur rendez-vous. Uragami Sokyo Do, de Tokyo, spécialiste de la céramique chinoise ancienne, sera la première galerie japonaise à exposer dans une foire d’art aux États-Unis. Les marchands de Londres sont presque aussi nombreux que les exposants américains : parmi eux, Paul Champkins et Jacqueline Simcox, autrefois chez Spink & Sons, et deux des fondateurs de l’Oriental Art Gallery, aujourd’hui disparue, Gerard Hawthorn et Roger Keverne. À l’exception de Jacqueline Simcox, qui expose des textiles asiatiques, tous les autres présentent de la céramique et des objets d’art chinois, le domaine le mieux représenté à la foire.

Tabatières chinoises
En 1996, l’accent avait été mis sur les grandes pièces sculpturales, la céramique et les bronzes de la Chine antique, mais la porcelaine impériale était complètement absente de la foire. Elle y figurera cette année, grâce à la vénérable firme londonienne S. Marchant & Son : "Ce sera notre première exposition aux États-Unis, et nous en attendons beaucoup, indique Richard Marchant. Nous allons présenter un ensemble de porcelaine de l’époque impériale de grande qualité, ainsi que des pièces qui étaient destinées à l’exportation et quelques céramiques plus anciennes." Le clou du stand sera un secrétaire de l’époque Qianiong, réalisé pour le marché occidental et décoré de panneaux d’émail de Canton, provenant de la collection de Miss E. A. Leche of Shropshire et dans la famille depuis le XVIIIe siècle. Les New-Yorkais L. J. Wender ne seront plus les seuls à proposer de la peinture chinoise classique. En effet, Sydney L. Moss, autre marchand londonien de renom, exposera des peintures chinoises et japonaises, ainsi que des netsukes. Robert Hall, l’éminent spécialiste londonien, exposera pour sa part une sélection de tabatières chinoises.

Artistes contemporains
"Je n’avais jamais vu une manifestation comme celle de l’an dernier. L’ambiance était formidable et donnait aux gens l’envie d’acheter. C’est la seule foire à laquelle je voulais participer", s’enthousiasme Paul Moss. Il présentera cette année une magnifique collection de pots à pinceaux en bois et bambou.
Constituée en Suisse au cours des quinze dernières années, cette collection privée comporte des pièces exceptionnelles. Stephen Mc Gui­ness, de Plum Blossom International, Hong Kong, exposera des artistes contemporains chinois et vietnamiens, ainsi que des textiles chinois anciens et quelques meubles tibétains des XVIIe et XVIIIe siècles. Estampes, peintures et objets d’art du Japon seront très largement représentés, notamment chez quelques nouveaux venus, parmi lesquels les galeries parisiennes Bérès et Jacques Barrère, la Bruxelloise Gisèle Croës, les Londoniens Alan Kennedy et Gregg Baker, et la New-Yorkaise Carole Daven­port. Avec l’arrivée de Grace Wu Bruce, de Hong Kong, la foire bénéficiera cette année de la présence de presque tous les grands spécialistes mondiaux du mobilier chinois.

International Asian Art Fair, du 22 au 26 mars, Seventh Regiment Armory, Park Avenue et 67e Rue, New York, tél. (0171) 734 5491 ou (212) 642 8572, sam. lun. et mar. 11h-20h, dim. et merc. 11h-19h.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°34 du 1 mars 1997, avec le titre suivant : L’Asian Art Fair s’internationalise

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