Dimanche 21 octobre 2018

L’ascension des Bugatti

Plusieurs bronzes animaliers mis en vente à Paris

Par Éric Tariant · Le Journal des Arts

Le 28 avril 2000 - 527 mots

Qu’ils représentent des léopards, des antilopes, des lions ou des chevaux, les bronzes animaliers de Rembrandt Bugatti partent depuis plusieurs mois, en ventes publiques, à des prix très élevés dépassant souvent le million de francs. Plusieurs pièces du sculpteur seront dispersées à Paris dans les prochaines semaines, le 19 mai chez Millon & Associés, le 22 juin par François Tajan et le 26 juin par l’étude Gros & Delettrez.

PARIS - “Les prix des bronzes de Bugatti ont toujours évolué à la hausse, même si l’on a pu observer un petit tassement il y a quelques années, qui s’explique par le fait que plusieurs amateurs se sont retirés du marché une fois leur collection constituée”, explique l’expert Félix Marcilhac. Cette tendance à la hausse s’est muée en une véritable explosion le 23 février, à Drouot : trois bronzes animaliers de Rembrandt Bugatti ont doublé ou triplé leurs estimations (étude Delorme & Fraysse). L’enchère la plus spectaculaire est allée à Lion et lionne de Nubie, une épreuve en bronze à patine noire qui s’est envolée à 3,5 millions de francs, contre une estimation haute établie à un million de francs. Cette fonte d’époque à cire perdue de A.A. Hébrard, présentant un cachet de fondeur-éditeur aurait été tirée à six exemplaires. “C’était un modèle très rare, précise l’expert installé rue Bonaparte. C’est le deuxième que je vois sur le marché depuis des années”. Deux petits léopards, le mâle dresse la queue, une épreuve en bronze à patine noire tirée à 10 exemplaires, est, elle, partie à 1,9 million de francs. Une pièce s’en rapprochant, issue de la collection d’Alain Delon, avait été adjugée 137 500 livres sterling (1,2 million de francs) en avril 1990 à Londres. Le troisième bronze, Antilopes Goudou, dites aussi Petites antilopes, un sujet moins rare et moins prisé des collectionneurs, a été emporté à 870 000 francs, doublant son estimation basse. “Ces fortes enchères s’expliquent en partie par la rivalité  entre trois enchérisseurs, deux collectionneurs et un marchand, qui se sont disputés ardemment les mêmes pièces”, poursuit Félix Marcilhac. Quelques mois plus tôt, un autre Rembrandt Bugatti avait lui aussi pulvérisé son estimation dans une vente Tajan. Le Grand fourmilier (qui montre un des pensionnaires du zoo d’Anvers), créé en 1909 et tiré à quatre exemplaires, a quadruplé son estimation à 2,2 millions de francs.

Profitant de ces fortes enchères, plusieurs études emboîtent le pas en mai et juin. L’étude Millon & Robert proposera le 18 mai, à Drouot Montaigne, un bronze de 1911, Deux léopards, le mâle en tête (h. 32,8 cm, l. 105 cm), estimé 1,8-2 millions de francs, Cheval sauvage de Przewalski de 1907 (350-400 000 francs), et Deux petites antilopes non daté (200-250 000 francs). De son côté, l’étude Gros & Delettrez présentera le 26 juin, à Drouot, Léopard marchant, un bronze à patine noire nuancée de vert (600-800 000 francs), et Petites antilopes (300-400 000 francs).

Félix Marcilhac mettra en vente chez Tajan, le 22 juin, une pièce unique représentant une Femme en robe longue (400-600 000 francs). Les portraits du sculpteur, nettement plus rares mais aussi moins recherchés, suivront-ils la courbe ascendante des bronzes animaliers ? Réponse fin juin.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°104 du 28 avril 2000, avec le titre suivant : L’ascension des Bugatti

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