Dimanche 21 octobre 2018

Christie’s

L’art islamique et l’Inde à Paris

Par Armelle Malvoisin · Le Journal des Arts

Le 19 juillet 2007 - 495 mots

Une collection française éclectique autour de l’art indien et islamique est proposée avenue Matignon. Elle présente un ensemble de pièces allant du XIVe siècle à Anish Kapoor.

 PARIS - À l’occasion de la mise en vente d’une collection française à Paris, le département d’art islamique de Christie’s passe de l’ombre à la lumière. Assez timidement depuis 2004, la maison de vente disperse des objets d’art d’Orient de faible valeur dans ses ventes courantes d’« Intérieurs ». Suite à leur succès, des lots plus importants sont venus alimenter une section d’art islamique dans des ventes de mobilier et objets d’art à deux reprises en 2006. « Avec plus d’un million d’euros de chiffre d’affaires en 2006, Christie’s est première en France pour l’art islamique », remarque l’expert Rim Mezghani. La collection présentée comprend une grande diversité d’objets sur dix siècles d’histoire de l’art avec pour fil conducteur le motif. « Indépendamment de la valeur des objets, il y a un vrai goût », souligne l’expert.
Plus de 40 carreaux de céramique d’Iznik et safavides sont au cœur de la vacation. On recense trois modèles Iznik rares pour leur décor, estimés de 3 000 à 20 000 euros : géométrique à frises en chevrons alternés bleu et rouge ; à série de voiliers bleus ; et à grosses pivoines tricolores. Certains lots sont d’une qualité de couleurs extraordinaires tandis que d’autres pièces Iznik arborent des motifs d’une ampleur remarquable tel un grand carreau de 35,5 x 36 cm paré de grandes tulipes, œillets, jacinthes et pivoines, estimé 10 000 euros. Le meilleur de l’art safavide d’Iran du XVIIe siècle comprend un fragment de carreau au petit bœuf, estimé 3 000 euros, et un carreau aux iris provenant de l’ancienne collection Kévorkian, estimé 4 000 euros. Parmi les textiles, notons un panneau aux tulipes, turc ottoman du XVIIe siècle, dont les couleurs sont restées d’une fraîcheur exceptionnelle, estimé 6 000 euros, et un fragment de brocart turc à décor d’œillets et de mandorles en soie brodée bleue et aubergine sur fond or. Estimé 4 000 euros, il provient probablement d’un atelier royal du XVIe siècle. Sont également représentées l’Inde prémoghole avec sa statuaire et l’Inde moghole à travers un ensemble d’objets bidri du Deccan des XVIIe et XVIIIe siècles, à saisir à partir de quelques dizaines d’euros. Trois aquarelles de l’école anglo-indienne du XIXe siècle signées Sita Ram et estimées de 5 000 à 12 000 euros, illustrent les bords du Gange. Enfin, pour l’art contemporain, des œuvres réalisées par les artistes indiens Vasudeo S. Gaitonde et Anish Kapoor, de 600 à 6 000 euros, ainsi qu’une huile sur toile de 1964, signée Padamsee et estimée 50 000 euros, complètent cet ensemble.

ARTS DE L’ORIENT ET DES INDES, DU XIe AU XXe SIÈCLE

Vente le 7 mars, Christie’s 9, avenue Matignon, 75008 Paris, tél. 01 40 76 85 85, expositions publiques : le 3 mars 10h-18h, le 5 mars 10h-20h, le 6 mars 10h-18h et le 7 mars 10h-12h, www.christies.com

Christie’s

- Expert : Rim Mezghani - Estimation : 800 000 euros - Nombre de lots : 246

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°254 du 2 mars 2007, avec le titre suivant : L’art islamique et l’Inde à Paris

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