Mardi 18 décembre 2018

SVV Boisgirard

L’art d’Orient et l’archéologie en héritage

Par Armelle Malvoisin · Le Journal des Arts

Le 5 mars 2004 - 540 mots

La collection Évrard de Rouvre et l’ancienne collection Feuardent seront dispersées à Drouot les 19 mars et 26 mars.

 PARIS - Les amateurs d’archéologie au long cours ne manqueront pas de se rappeler d’Évrard de Rouvre, ce grand antiquaire de l’après-guerre décédé en 1979 dans des conditions tragiques. Son assassinat avait à l’époque été abondamment relaté dans la presse. Depuis cette date, sa collection a été conservée par sa descendance. C’est donc un événement de la voir surgir le 19 mars sur le marché. Cet ensemble est particulièrement riche en bronzes, domaine dont l’antiquaire était friand, à commencer par ceux du Luristan (territoire du Sud-Ouest de l’Iran contigu à la Mésopotamie), du IXe au VIIe siècle avant J.-C. « Cette époque qui précède Persépolis est très prisée, contrairement aux pièces plus anciennes du IIIe et IIe millénaires avant J.-C. de la même région, lesquels offrent peu de décors figuratifs. Or, en archéologie, le décor prévaut sur l’ancienneté. Idem pour les terres cuites », indique l’expert Annie Kevorkian. Exception faite d’une hache votive en bronze du IIe millénaire av. J.-C. au décor très complexe (lot 36), estimée 30 000 euros, les regards se porteront davantage sur le n° 42, un rhyton (vase en forme de corne de bœuf servant à boire) au bouquetin en bronze, un bel exemple d’art pré-achéménide du VIIe siècle av. J.-C. estimé 100 000 à 140 000 euros. La vacation se poursuivra sur quelques terres cuites exceptionnelles en très bon état, « des pièces très stylisées du Moyen-Orient, certainement du goût de beaucoup d’amateurs d’art moderne et contemporain, à l’instar d’un puissant zébu en terre rouge de la Caspienne (un art dit d’Amlash) du Ier millénaire av. J.-C. (estimé 25 000 euros), appelé Picasso Bull tant il s’apparente à l’art moderne. » Elle sera ensuite complétée par une fine sélection de pièces islamiques (bronzes, verrerie, argenterie, mobilier, peinture et calligraphie), de soieries safavides, de textiles coptes et fatimides de diverses provenances.
Enfin, le 26 mars, seront proposés de nombreux bijoux de différentes époques dont un bel ensemble de camées et d’intailles antiques, provenant de l’ancienne collection Feuardent, une célèbre dynastie d’antiquaires-collectionneurs comptant parmi les plus grands experts internationaux en numismatique du XIXe siècle. « Les lots présentés sont passés de génération en génération sans être jamais apparus sur le marché. Et tout est à vendre (donc sans prix de réserve) », précise Annie Kevorkian. Au cœur de cette vacation figure une importante bague d’époque romaine du IIe siècle avant J.-C., formée d’une belle intaille gravée représentant Jupiter, sertie dans une superbe et rare monture en or fin à motifs végétaux et rinceaux ajourés enrichie de deux cabochons en grenat. Ce joyau est estimé 10 000 à 15 000 euros.

- ARTS D’ORIENT – COLLECTION ÉVRARD DE ROUVRE, le 19 mars à Drouot-Richelieu, SVV Boisgirard, expert : Annie Kévorkian, tél. 01 42 60 72 91. Expositions publiques : le 18 mars 11h-18h et le 19 mars 11h-12h. Sur rendez-vous chez l’expert du 8 au 12 mars, www.boisgirard.com - BIJOUX, CAMÉES, INTAILLES ET OBJETS DE PARURE DE L’ANCIENNE COLLECTION FEUARDENT, le 26 mars à Drouot-Richelieu, SVV Boisgirard, expert : Annie Kévorkian, tél. 01 42 60 72 91. Expositions publiques : le 25 mars 11h-18h et le 26 mars 11h-12h, www.boisgirard.com

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°188 du 5 mars 2004, avec le titre suivant : L’art d’Orient et l’archéologie en héritage

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